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Accusé et détenu à la prison centrale de Makala à Kinshasa depuis le 08 avril 2020 dans le cadre des enquêtes autour du programme de 100 jours, Vital Kamerhe, directeur de cabinet du Chef de l'État congolais Félix Tshisekedi, a été confronté à l’ancien ministre Justin Bitakwira, qui serait à la base du contrat fondant les accusations de détournements présumés de fonds publics. Le duel entre les deux hommes a occasionné des révélations autour du dossier.


Convoqué d’abord le 14 avril 2029 au Parquet général de Kinshasa/Matete, comme renseignant dans l’affaire de détournements des fonds publics alloués au programme d’urgence de 100 jours du Chef de l’État, l’ancien ministre du Développement rural, Justin Bitakwira, a clamé son innocence. Il a affirmé ne pas être impliqué dans un quelconque détournement des fonds alloués à la construction des logements sociaux.

En effet, lors de l’audience en chambre du Conseil, le 10 avril 2020, le directeur de cabinet du Chef de l’État, Vital Kamerhe, était accusé de détournement des fonds publics, en passant par le mécanisme d’attribution des marchés publics de gré à gré à des entreprises fictives, notamment, SAMIBO qui avait reçu (en numéraires liquides) la somme de 47.000.000 USD (quarante-sept millions de dollars américains) par la RAWBANK, et à l’entreprise TRADE PLUS qui a reçu 10.000.000 USD (dix millions de dollars américains) pour la fourniture des médicaments sans omettre tant d’autres griefs dont les enquêtes sont en cours.




Vital Kamerhe était assisté de ses conseils Maitres Thotho Maluma Roger, Saturnin Zirimani David Nyembwe Guillaume Kyungu, Marius Bagalwa, Jhon Kaboto, Kabila Muana Kabila Florence Kavira Polycarpe Mbasani, respectivement avocats aux Barreaux de Kinshasa/Gombe et de Kinshasa/Matete. Il a nié en bloc toutes les accusations formulées contre lui. Et, dans sa version des faits, il a dit que « tous les marchés publics, qui existent entre la République et les tiers, ont été hérités du gouvernement Tshibala et aucun contrat public de gré à gré ne porte sa signature », s’est-il défendu.

Justin Bitakwira a été de nouveau invité, cette fois devant un Tribunal qui a pris place à la prison de Makala; afin de fournir des explications quant à la présence de sa signature sur les correspondances et l’avenant portant sur ce marché. Ainsi, le Parquet a organisé une confrontation entre Vital Kamerhe et Justin Bitakwira.

Pour la petite histoire, les deux ne s’aiment pas trop. Bitakwira est, en effet, un ancien cadre du parti de Kamerhe qu’il a quitté à l’issue d’un bras de fer fracassant qui avait débuté en décembre 2014, finissant par la création de son propre parti en 2016. L’ancien ministre Bitakwira a rejoint, par la suite, le pouvoir de Joseph Kabila, alors que l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) de Kamerhe est restée dans l’opposition. Dès lors, la confrontation a des allures personnelles.

A l’issue de sa confrontation avec Kamerhe, Bitakwira a déclaré qu’il n’était impliqué ni de près, ni de loin dans le détournement. L’ancien ministre a dit avoir déposé toute la documentation prouvant son innocence dans cette affaire au bureau du Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/ Matete.

Le mystère des contrats Samibo – Husmal
Dans cette documentation, on peut lire qu’en 2018, Justin Bitakwira, alors ministre du Développement rural, avait reçu une correspondance venant du Premier ministre Bruno Tshibala, lui demandant de formaliser un marché de gré à gré portant sur la construction de 900 logements sociaux pour une valeur totale de 26,7 millions USD avec la société SAMIBO.

À la suite de cette instruction du chef du gouvernement, Justin Bitakwira avait mis à contribution ses services, précisément son cabinet et le secrétariat général au Développement rural pour mieux approfondir le dossier. Par la suite, le projet de contrat sera envoyé au Premier ministre et à la Direction générale de contrôle des marchés mublics (DGCMP) pour approbation, et aussi à l’autorisation d’exécution du marché.

Ayant ainsi obtenu l’accord du Premier ministre et l’autorisation de la DGCMP, le ministre du Développement rural signera le contrat avec le Libanais Jammal Samih. Le contrat signé et approuvé est de nouveau envoyé à la DGCMP afin d’obtenir l’avis de non-objection du marché. Et c’est juste après que le dossier sera transmis à son tour au ministère du Budget. Mais, faute de moyens financiers, il restera sans suite jusqu’en janvier 2019.

Alors que le marché initié par l’ancien premier ministre Bruno Tshibala semblait abandonné, à l’arrivée de Félix Antoine Tshisekedi au pouvoir, Bitakwira affirme avoir été alerté par son secrétaire général que le dossier a été aligné sur la liste des travaux de 100 jours du président de la République, mais qu’il aurait été modifié. Le marché, qui était jadis de 900 maisons, est passé à 1500 à réaliser dans 5 provinces avec, cette fois-ci, un montant total de 57,5 millions de dollars USD.

L’ancien ministre saisira la DGCMP pour cette évolution du contrat grâce à un avenant afin de se conformer aux nouveaux chiffres. Cependant, la Direction des marchés adressera, en juin 2019, une correspondance à Bitakwira. lui signifiant son refus d’accorder la non-objection au motif que la modification du marché, autorisée par la loi en la matière, ne devait pas dépasser les 15% de la valeur initiale alors que, pour le cas sous examen, la valeur du marché était passée à plus du double.








En juillet, l’autorité de marchés publics octroie finalement un avis, mais celui-ci porte seulement sur une diminution du nombre des provinces concernées par le projets, mais fixe également le nombre des maisons à 900.

En août 2019, Justin Bitakwira fera la remise et reprise avec son successeur et a laissé le marché statique. L’ancien ministre dit ne plus savoir ce qu’était devenu ce dossier par la suite.

Fait troublant: le 18 juin 2019, alors que la DGCMP rejette le dossier de Bitakwira pour faire évoluer à un total de 57 millions de dollars conformément à la demande de la présidence dans le cadre du programme de 100 jours, le 20 juin 2019, soit deux jours après la lettre de la DGCMP refusant son avis de non objection à Bitakwira, le directeur de cabinet du Chef de l’État, Vital Kamerhe, saisit, en témoigne le document ci-dessous parvenu à POLITICO.CD, la même DGCMP pour un avis de non-objection autour d’un projet d’érection de 3000 maisons préfabriquées pour militaires et policiers de la ville de Kinshasa dans le cadre du programme de 100 jours.

Cependant, cette fois, le projet est présenté par la société Husmal SARL. Toutefois, selon le Guichet unique de la RDC, la société Husmal SARL est détenue par Jammal Samih, qui n’est autre que le patron de SAMIBO, la société à la base du contrat rejeté par Bitakwira.




En outre, conformément à l’ordonnance du Tribunal du 10 avril 2020 et plusieurs témoignages, c’est la société SAMIBO qui sera payée pour ce projet dont plus de 47 millions de dollars resteraient interfaçables, à en croire l’accusation.

Vital Kamerhe a répondu de son côté, affirmant qu’il n’a jamais signé un quelconque contrat dans le cadre de ce projet. En outre, le directeur de cabinet du président affirme qu’il n’est pas comptable du projet pour être accusé de détournement.

Par ailleurs, ses proches, qui estiment que les poursuites judiciaires, dont l’emprisonnement de Kamerhe, sont une campagne politique visant à le disqualifier pour la présidentielle de 2023, s’étonnent du fait que le président de l’UNC soit détenu et accusé, alors qu’il n’est pas à la base des paiements supposés détournés.

Mais, après la confrontation entre l’ancien ministre du Développement rural et le directeur de cabinet du Chef de l’État, Bitakwira sera relaxé tandis que Vital Kamerhe continue sa détention provisoire à la prison centrale de Makala.

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