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Le Monsieur a la réputation d'être très intelligent d'après beaucoup de Kinois. Très Discutable. Mais, c'est qui est sûr, ce qu'il aime parler et il a la verve oratoire, avec parfois de grandes envolées quand il s'en faut. Et il en fait bien souvent ostentation. Au moment de la cérémonie de prestation de serment à l'occasion de la prise de pouvoir, le 24 janvier 2019, l'homme est sûr de lui. Il est dans le costume de Directeur de cabinet du nouveau Président de la République. Il prend toute la mesure du pouvoir qui se déroule devant ses pieds. Enfin la proximité du tapis rouge, symbole de pouvoir. Lui, c'est Vital Kamerhe.
Il rentre dans la première ligne du pouvoir, après avoir galeré plusieurs années dans l'opposition. Il a eu le temps, depuis la publication des résultats des élections, entre autre chose, de se rendre compte en première personne, que le pays souffre d'un manque criant de contrôles a priori et a posteriori à tous les niveaux de la gouvernance de la République.
Il comprend surtout que son chef, au grand cœur, est malléable à souhait. Surtout qu'il sait qu'il est un acteur majeur du deal secret de l'alternance qui a catapulté son actuel chef de Président à la tête du pays, alternance entre Fatshi et et Joseph Kabila, alias Raïs. Alternance malheureusement tronquée pour une large majorité du peuple congolais qui s'attendait visiblement à d'autres resultats. Mais cela, c'est une autre histoire.









Donc, il est conscient qu'il le tient, en partie, par les couilles. Et, en grand félin politique, il sait qu'il se servira un jour de ce précieux avantage. N'est-il pas, en coalition avec Fatshi? Il se voit en toute légitimité prendre les rênes du pouvoir exécutif, la primature ou à défaut tout autre poste de gouvernance, tel que cela résultait de leur accord de Nairobi, lui le faiseur des rois. Du moins, même pendant un temps si court soit-il, puisque la victoire n'a pas été du tout totale, le temps qu'un gouvernement issu des législatives ne soit mis en place. Il sait que les négociations seraient âpres avec l'autre force qui a obtenu la factice majorité parlementaire. Il sait que le temps lui est compté et qu'il doit agir vite pour la réalisation de ses ambitions. Ambitions d'enrichissement s'entend. Mais agir bien et très vite.
Il concocte alors son plan et plante à la nouvelle présidence de la République un décor d'urgence digne, théoriquement, de meilleures stratégies de grands acteurs politiques comme il aime se présenter lui-meme: Il va proposer au chef, tête encore dans les nuages, contesté et à la limite de l'illigimité, un projet dont il est à 100% l'auteur intellectuel : ''Le projet d'urgence de 100 jours du chef de l' Etat''. Il prend soin de sélectionner personnellement en dernier ressort et très soigneusement, tous les projets qui embarquent plusieurs domaines, à commencer par les infractructures jusqu' à la gratuité de l'enseignement, en passant par les maisons préfabriquées et bien d'autres encore dans divers domaines de la vie de la nation. Car, pense-t-il, ce projet sera pour lui l'anti-chambre de préparation et d'enrichissement avant le pouvoir suprême qu'il appelle de tous ses voeux en 2023. Il ne doit pas manquer cette opportunité d'être à la gouvernance du pays, après avoir manqué l'opportunité d'être le premier ministre issu du dialogue de la cité de l'OUA lors des négociations de glissement à la fin du mandat constitutionnel de Joseph Kabila en 2018.
Il se met en œuvre. Il conçoit et sélectionne seul tous les prestataires des services, parmi lesquels Samir Jammal de Samibo S. A. , qu'il a contacté au préalable. Il va associer dans l'exécution du projet qu'il se prépare à piloter en mode solo d' autres prestataires publics comme l'Office des Routes, l'OVD et le Foner, et bien d'autres sous-prestataires de moindre importance pour l'ensemble du projet, pour écarter tout soupçon et question de faire bien. Question de brouiller les pistes.
Il sait que la plus grande part du gâteau pour lui dans ce projet, il l'aura dans les maisons préfabriquées où il existe déjà un projet gré à gré mais qui souffrait jusque là de financements, projet du reste très avancé du point de vue des procédures de passation des marchés publics puisqu'il compte déjà avec toutes les autorisations d'usage, initié par l'anterieur gouvernement Tshibala maintenant intérimaire, qu'il prend bien soin de neutraliser et d'inhiber.
Il sait aussi que les infrastructures liées aux sauts-de-moutons ne laissent pas trop de marges de manœuvres, car les kinois sont très regardants, surtout depuis que les réseaux sociaux se sont invités dans le paysage de la presse audiovisuelle.
Il sait enfin que son chef voyage très souvent et n'aura pas le temps de fouiner dans ce qu'il considère déjà comme ses propres plates bandes. Mieux, il obtient de ce dernier qu'il lui autorise d'avoir la signature en tant qu'ordonnateur principal des dépenses liées à ce projet, en l'absence du gouvernement issu de la nouvelle législature, écartant ainsi de la chaîne de dépenses le ministère de Budget. Après moultes hésitations, le P. R. cède. Il a desormais toutes les cartes en mains.
Il a le feu vert, les mains libres. Il sait que quoi qu'il fasse désormais, il a la formule magique qui le mettra à l'abri de tout: 'Sous l' instruction du chef de l'Etat, je décide'. À défaut d'être chef de l'Etat lui même pour ordonner, premier ministre pour décréter, ministre pour arrêter. Lui, il ordonne en décidant, selon la formule d'usage consacrée. Il se fait des dents très longues, comme celles des carnassiers. Car il a l'intention de déchirer. Déchirer quoi? Les arques publiques. L'escarcelle de tous les congolais. Et ça fera très mal! Le félin est desormais prêt à sauter sur sa proie. Les dollars tant convoités.
PREMIER ACTE:
LE MARIAGE BLING BLING
Épouser la PÉTILLANTE et très enviée 'Mwasi ya pembe', Hamida Shatur. 1.500.000,- USD decaissés du trésor public. L'homme venait pourtant du chômage et était crevé. Tout Kinshasa se rappelle des fastes de ces cérémonies qui ont duré du 12 au 14 février 2019, et de tout le bling bling qui les avait accompagné. Tous vêtus de blanc, invités sur une petite île, embarcations Maritimes, champagne de grand cru, vins millésimés, viande, musique, bijoux, etc.
C'était comme une de ces fêtes privées que Kinshasa n'avait plus vu depuis les temps memoriaux et mémorables de Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga, de triste ou d'heureuse mémoire, cest selon. Le Maréchal. Tout Kinshasa commentait l'événement, dans des sens tout à fait divers. Toute la crème de Kin-la-belle était présente. Plus tard, on saura de la bouche même de la mariée, Hamida Shatur, que les convives leur offriront près d'un million de Dollars, américains à l'occasion de ce mariage people. Vrai ou faux, c'est sa parole contre celle des juges.
Ce que je voulais remarquer avec cet évènement, ce n'est pas tant l' aspect people et bling bling des festivités, sinon les couleurs d'ostentation et d'indices extérieurs d'enrichissement qu'inaugurait le désormais tout puissant directeur de cabinet. Son train de vie était passé de zéro à cent en un clin d'œil, à l'étonnement de son partenaire de pouvoir, qui, surpris et non sans raison, lui posera la, question de, savoir d'où venait tout cet argent. Et avec l'ahurissement de tous les kinois, témoins de telles fastes de nouveaux tenants du pouvoir, alors qu'ils croupissaient sous la misère. Ils voyaient leur rêve, mieux exprimé par l'expression chère au sphinx de Limeté, Étienne Tshisekedi, 'le peuple d'abord' s'évanouir, s'effriter par une nouvelle génération des vautours dont Kamerhe commençait à représenter le plus grand référant, après les kabilistes de dernière heure.
DEUXIÈME ACTE:
LA PRÉPARATION DU CRIME.
Il va prendre contact avec Jammal par l'intermédiaire de Daniel Massaro, alias 'Gombe na Gombe' qui CONNAÎT très bien la famille du président des libanais vivant en RDC puisque depuis un temps ce dernier leur vendait les assurances de SONAS où il est cadre commercial et broker-courtier. VK sait a priori que les libanais sont de grands corrupteurs et corruptibles. Il explique à Sieur Jammal le patriarche de 82 ans que son projet en souffrance d'exécution avec le Ministère de développement rural pourrait être retenu dans le projet de 100 jours s'il se montrait coopératif.
Car entre-temps il avait fait vérifier par ses services les prix unitaires de chaque maison préfabriquée en Turquie et il sait que ceux-ci sont bien en-deçà de ceux qui sont facturés à l'Etat congolais. 5.000 et 11.000 là où le projet retenait 19.000 et 34.000. La différence est abismale. Libellés en Dollars américains. Jammal est aussi un dur à cuir.
Mais il sait aussi qu'il est en face du tout puissant directeur de cabinet du chef de l'Etat, l'homme orchestre du projet des 100 jours et l'ordonnateur des dépenses. L'homme est craint, et il y a lieu de le courtiser. Il a la signature pour forcer le trésorier de l'État, le Ministère des Finances à ordonner au Caissier de la République, la Banque Centrale du Congo, de décaisser les fonds. Pour mieux l'amadouer, VK lui miroite même sa ferme intention de remodeler ce contrat en passant de 900 à 1.500 maisons. Soit, de 26 à 57 millions. À une seule condition. Qu'il ait droit à la moitié de ce pactole, en retro-commissions. Et lui s'assurera que le patriarche libanais reçoive la totalité de ces fonds au tout début d'exécution du contrat. Outrepassant en cela tous les verrous de la République en matière de protection des marchés publics et des procédures des dépenses publiques qui exigent des paiements en fonction des avancements de travaux.
L'homme est très convaincant. L'offre est alléchante et irrésistible. Et il a le moyen d'assurer. C'est d'ailleurs un fin séducteur et dragueur. Hamida Shatur en sait quelque chose, elle qui s'est laissée débusquer d'une relation antérieure avec un homme pourtant fortuné et réputé grand négociant des diamants et autres pierres précieuses. Il lui explique que la totalité du contrat, soit 57,- millions, atterrira dans son compte en paiements fractionnés dans l'espace maximum de 2 mois. Jammal, obnubilé par le gain facile et rapide, cède. Le deal est signé, au milieu d'un sablement de champagne dernier cru.
TROISIÈME ACTE:
SE COUVRIR LES ÉPAULES.
En fin stratège, et après coup, et pour écarter les soupçons qui pouvait tomber sur lui alors qu'il vient de se mettre d'accord avec son complice, il estime qu'il ferait mieux de s'entourer maintenant officiellement , de former autour de lui, une équipe de travail. Une équipe de supervision dont il serait le chef. Une équipe de coordination. Ces équipes sont conçues pour être le parfait paravent contre tous les soupçons, toutes les critiques. C'est cela la clef de l'infraction intellectuelle, un délit d'initié. Le clou.
Il prend bien soin d'incorporer dans l'équipe de supervision les différents responsables des institutions et organismes publics impliqués dans l'exécution du projet. Des membres du gouvernement en expédition des affaires courantes qui font partie de la chaîne des dépenses, y inclus le caissier de l'état, la BCC. Et dans l'autre équipe, celle de coordination, il récupère ses fidèles lieutenants qu'il juge de toute confiance. Ce sont des membres de son parti qu'il a amenés à la Présidence de la République. Ils sont tous du Sud Kivu, comme lui. Il les mélange avec quelques conseillers luba qui n'y voient que du feu, mais prend soin de réserver la préséance, dans la majorité des cas aux siens. Et choisis parmi les swahili ceux qui seront permanents.
Dans tous les cas, pour pousser son cynisme plus loin, il choisit sciemment Jacques Nduba, brillant garçon luba, comme chef de la commission de coordination, alors qu'il sait pertinemment bien que celui-ci est tout le temps indisponible du fait d'être ambassadeur itinérant du chef de l'État, et qu'il est tout temps en déplacement avec un président qui affitionne des voyages à l'étranger.
Il s'assure ainsi que cette intelligence ne pourra exercer pleinement ses prérogatives de coordination, lui laissant ainsi le feu vert et les mains libres à lui-même et à ses lieutenants swahiliphones de la Présidence de la République pour agir. Connaissant le niveau, la pertinence et l'arrogance du conseiller principal du chef de l'état en matières économiques et financières, Marcelin, avec qui il a toujours maille à partir, puisque leurs rivalités sont évidentes, et il le craint, il le fout dans la commission de coordination, au lieu de le placer dans celle de supervision car il sait que ce dernier craquera et finira par claquer la porte.
Son coup était bien calculé puisque ce dernier partira avant même que la commission ne commence à sièger. On ne critiquera pas Kamerhe, se dit-il, pour l'avoir incorporé dans l'équipe des experts. Il laisse de côté d'autres experts spécifiques, conseillers du chef de l'État, notamment ceux du collège d'infrastructures, ceux de travaux publics.
Concrètement dans le fonctionnement de ces 2 commissions, Il cloisonne tout et crée des zones d'étanchéité à l'intérieur car sa véritable intention est de mettre en place un véritable système opaque et incompréhensible par tous les autres composants, excepté lui-même: Il pilote en solo toutes les réunions dont les ordres du jour ne sont connus avec antériorité que de lui-même, et jamais communiqués avec antériorité aux autres, les membres étant surpris par des productions écrites et visuelles, des projections dont ils ne savent qui est l'auteur et pour lesquelles ils n'ont été consultées pour l'élaboration, ni de près, ni de loin, le choix des projets et des prestataires ayant été décidé seul. Il cadre, il recadre, il fixe l'orientation, il imprime la vision et la rythme, ....
Bref, les membres sont donc floués. Ils ne savent pas quel laboratoire conçoit et fournit toutes les idées, qu'ils auraient dû mettre en place collégialement. Ils sont tirés de la corde comme des brebis qu'on amène à l'abattoir.
Dans l'entourage luba du chef de l'état, c'est le courroux le plus total. C'est ce qui lui vaut le grand clash avec Marcelin, le principal conseiller de Fatshi. Comment eux peuvent-ils être bernés comme de petits enfants dans une histoire dont seul VK comprend les tenants et les aboutissants, comprend où se trouve la tête et la queue? Cela devenait insupportable pour beaucoup. Mais VK avait le pouvoir, et surtout l'aval du chef pour agir. De moment, il était intouchable. On pouvait l'égratigner, le gratter, mais pas le blesser. Certains ont choisi de le caresser dans le sens des poils. Les brebis noires, rebelles de nature, sont sorties de la bergerie. Il fallait qu'il y ait un seul berger. Un seul Pasteur. Pas deux, ni trois, ni quatre.
En résumé, c'est donc en cela que consiste la beauté de son crime. Il a eu le temps de le penser, de le fignoler. En tant que 'designer' du crime, il a embarqué et impliqué tous ses autres co-equipiers sans que beaucoup d'entre eux ne se rendent compte qu'il travaillait au nom et pour le compte de sieur Kamerhe, y compris le chef de l'État.
Puisqu'en réalité, ces commissions si l'on regarde de près leur fonctionnement, qu'elle soit de supervision ou de coordination, ne sont que de véritables caisses de résonance, où se reflètent, tel dans un miroir, les volontés d'un seul homme. Kamerhe. C'est une bande d'accompagnateurs sans pouvoir réel, ni de conception, ni de supervision, moins encore de coordination, sinon bien des simples organes d'exécution de circonstances. C'était des 'commissions de façade' l'expression n'est pas de moi, je l'emprunte à Marcelin. À l'intérieur donc elles étaient creuses, cloisonnées, incapacitées, rendues inefficaces, vidées de leur vraies substances. . Il n'y avait qu'une seule empreinte, celle du tout puissant Kamerhe, 'Sisa bidimbu', en kikongo, autrement dit, laisseur d'empreintes.
C'est cela le crime d'intellectuel. C'est en cela que réside l'intelligence du crime. Faire croire qu'il existe une équipe de conception, de supervision et de coordination, alors que ce sont des instruments au service des ambitions d'un seul individu qui conçoit tout, contrôle tout, oriente tout et bénéficie presque seul des retombées invisibles, que lui seul a pu et su identifier.
Une seule chose semblait pourtant retenir encore beaucoup de ses coéquipiers : Les succulentes primes. Présent ou absent aux reunions, chaque membre perçoit ses primes. Et en RDC, les hommes politiques en sont très friands. Et ça, Kamerhe le sait trop bien. Il lâche du lest, pour avancer sans poids en contre. Il ne définit pas bien les termes de référence (job description), il désigne les gens verbalement et en aparté, sans de sous-bassement écrits, il invite qui il veut et laisse de côté qui il souhaite.
C'est ainsi que des membres, éminents de la commission de supervision comme Bitakwira, ministre neutralisé du développement rural ne sera jamais officiellement invité à y prendre part. Les Diangudia et les Thomas Luhaka subissent le même sort et finissent par montrer leur exaspération, frustration et leur impuissance, conscients que VK est l'homme seul aux commandes de ce projet. D'autres ministres et le gouverneur de la Banque centrale ne savent sur quels pieds danser, au point que ce dernier se vit obliger de demander au Conseiller principal qu'est-ce-qu'il devait faire face aux pressions de paiements qui s'accumulaient sur son bureau alors même que les réserves de change n'étaient plus qu'à 3 semaines à la vue, càd au plus bas. Rien que 800 millions pour un pays 4 fois plus grand que la France. C'était le temps de Kamerhe. 'Chance eloko pamba' comme afficionnent de dire les kinois. Je les aime fort, pour leur sens inventif.
En sus, pourquoi se compliquer l'existence? Les réunions seraient très rares, décida-t-il. Moins de réunions, Hakuna matata ! Pas plus de 4 en une année, en ma connaissance. Il prenait ainsi sa revenge sur Kabila, par Fatshi interposé, qui l'avait évincé comme un chien galeux. Ne poursuivait-il pas la présidence pour 2023? Il lui fallait à tout prix beaucoup de millions, des milliards, s'il en fallait. Il satisfaisait aussi du coup les goûts onéreux de sa superbe épouse qui lui demandait insistamlent un fonds de commerce à la hauteur de la première dame, situation à laquelle elle aspirait.
QUATRIÈME ACTE:
L'EXÉCUTION DU CRIME.
Il fallait à tout prix parer au plus pressé. Une fois la prestation de serment effectué, sur proposition du directeur de cabinet, le projet était donc publié par le chef de l'État à Matete/Lemba échangeur. Le coup d'envoi lancé, et le projet mis en execution.
Début Mars 2019. Avec l'exécution, survinrent les premiers couacs. La remodelation du nouveau projet avec Samibo des 1500 maisons préfabriqués n'avait pas l'assentiment de la Direction Générale des Contrôles des Marchés Publics, DGCMP. L'avenant qui était censé régulariser l'augmentation du nombre des maisons de 900 à 1500 était rejeté. Ceci créa une situation d'inconfort dans le chef de VK. Que faire ? Il n'était pas, question d'attendre la résolution. Puisque entre-temps, la formation du gouvernement avançait à grande vitesse, le formateur étant déjà désigné . Bientôt la 'fumata blanca' allait sortir de la Primature. Première erreur de Vital. Il ordonné sans plus attendre, le paiement en procédure d'urgence dudit projet, dans sa totalité, en paiements fractionnés en fonction des liquidités de la République disponibles auprès du trésorier de l'Etat , quitte à mettre même en péril les réserves de change et toute la politique monétaire du pays. De l'inconscience politique aggravée.
Le ministère du Budget de Kangudia est omis volontiers de la chaîne de dépenses, tous les ordonnancements des dépenses de la République partant désormais du bureau de Direcab, du bord du fleuve Zaïre , au Palais de la Nation. Il n'y a plus aucun contrôle budgétaire. Sans sous-bassement légal, puisque aucun contrat n'existe encore entre la République et Samibo sur les 1500 maisons, ni d'avenant, Kamerhe effectue une fuite en avant aux conséquences désastreuses. Il faut absolument payer. Et tout de suite. Le trésorier de la République obéit , le trésorier acquiesce et paie sans broncher. D'abord 14 millions, puis encore 14, et d'autres petits paiements se suivent. En 1 mois, plus de 80% sont payés à Jammal , sans qu'aucune maison préfabriquée ne sorte de terre. Et de son côté, les procédures d'importation peinent à se concrétiser.
L'argent se volatilise de la Rawbank, disparaît dans la nature de Kinshasa, prend parfois la direction des maisons particulières, file vers les paradis fiscaux libanais, grecs, les comptes de l'épouse du Direcab reçoivent des versements en espèces suspects, les comptes des enfants sans emplois ni activités génératrices des richesses sont ouverts et immédiatement crédités des mouvements faramineux, etc. Le désordre est total dans la République. La consternation chez les analystes et les organismes de la Société civile en charge de veiller sur l'exécution des marchés publics qui alimentent la, rumeur publique sur les, détournements. C'est la fête chez les Jammal et chez les Kamerhe, en grande partie, et en menore partie chez les swahiliphones de la présidence, là où le chef de l'Etat, les kinois, les experts lubas de la présidence, la DGCMP ainsi que les ministres ne voient que du feu.
CINQUIÈME ACTE:
LA CLAMEUR POPULAIRE.
Sous la pression de la clameur populaire devenue insupportable pour le nouveau pouvoir, le Président de la République diligente un audit du Projet de 100 jours qui porte son nom, qui aboutit en une enquête judiciaire. Voyant que la situation semblait beaucoup plus grave que ce qu'elle paraissait, le chef de l'Etat se vit obliger de bouger ses fiches. Il nomma de nouveaux responsables, des hauts magistrats de l'appareil judiciaire pour répondre en partie à la cleur populaire d'une part et d'autre part, à ses promesses de campagne d'un État de droit.
RDC. Fin mars 2020, l'on commence à voir sur les réseaux sociaux un certain Daniel Massaro, alias 'Gombe na Gombe' , petit cousin de VK, jusque là peu connu, avec des bottes encore plastifiées de liasses de dollars americains, presque 1 million.
Un jour, Kinshasa se réveille abasourdi avec, sur les réseaux sociaux, une copie d'une invitation de justice au nom de Vital Kamerhe de comparaître au Parquet de Matete à Limeté comme invité, formule courtoise comme pour dire renseignant. Une erreur matérielle retardera sa comparution de 2 jours. Il finira par y aller. Après 6 heures d'audition, il n'en sortira pas libre, puisque directement redirigé vers le CPRK, Prison centrale de Makala comme inculpé. L'affaire avait fini par être fixée au tribunal, l'instruction pre-juridictionnelle ayant établi que des indices graves de culpabilité pesaient sur les inculpés Kamerhe et Jammal.
Aujourd'hui comme prévenu, il comparaît depuis plusieurs jours, au côté de Samir Jammal, co-accusé, aux audiences foraines à la prison de Makala au procès qui porte desormais son nom sous le chef d'inculpation de détournement de deniers publics.
Ce procès a connu un rebondissement inattendu puisque il venait de perdre le juge président de la composition qui avait en charge d'instruire l'affaire et de dire le droit dans ce procès dit 'Projet de 100 jours' à la suite d'un décès inopiné dont les circonstances ne sont pas encore élucidées, à l'attente des résultats de l'autopsie diligentée d'urgence par les autorités judiciaires. Après l'audition des témoins à la dernière audience, l''affaire a été renvoyée pour plaidoiries contradictoires entre parties à la huitaine.
Là où son intelligence ne me convaint pas du tout, malgré ses envolées oratoires. Il demande à plusieurs reprises au Ministère Public de lui MONTRER où et qu'est ce qu' il a volé, où on lui aurait remis l'argent volé . On le poursuit pour détournements des deniers publics, non pas pour vols.
Le Ministère public s'attelera à lui DÉMONTRER que: Payer l'argent de l'Etat là où il n'existe pas de contrat signé, jusqu'à preuve du contraire, entre l'État et un attributaire, c'est détourner. Détourner, c'est dévier l'argent de l'État de sa destination ou de son affectation prévue dans la loi budgétaire. Payer où il existe déjà des clauses d'exonération, c'est détourner. Faire Payer à l'État là où le contrat stipule que c'est l'attributaire qui prend en charge tel ou tel autre frais, c'est détourner. Payer des surfacturations, c'est détourner. Utiliser une partie des fonds decaissés par le trésor public pour un usage individuel autre que celui pour lequel il était destiné, c'est détourner. Recevoir des retro-commissions en contrepartie d' un marché public, c'est détourner.
Il me semble que tout ou parti de ces chefs d'accusation seront établis dans les faits à charge des prévenus. À des degrés divers de responsabilités en ce qui concerne chacun.
Il n' y a pas de crime parfait, disent très souvent les juristes. La perfection appartient à Dieu seul. L' être humain commet toujours une petite erreur quelque part. Il appartient maintenant aux juges, ministère public et partie civile de déceler les failles de la démarche intelligente et intellectuelle dans la consommation de l'infraction de détournements des deniers publics. Kamerhe et son équipe d'avocats de la défense ne leur rendront pas la tâche facile. Ces genres de crimes intellectuels, comme aussi le sont les crimes de délits d'initiés ou de manquements d'initiés, sont les plus difficiles à prouver devant les cours et tribunaux.
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John Kuzimbikisa,-
QuzZiɛmpɔwɛring ²º²º
John Kuzimbikisa
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