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Accusé d’avoir tenu des propos tribalistes, notamment par l’ONG congolaise ACAJ, le député Félix Kabange Numbi s’explique. L’élu du FCC dénonce une « mauvaise interprétation, ainsi qu’une manipulation autour de ses propos ».

Felix Kabange Numbi : Je ne suis pas séparatiste et encore moins tribaliste. J’ai la division du Congo et des congolais en horreur ! Quiconque me connait pourra en attester et ce qui ne me connaissent pas peuvent se référer à mes actes. Je suis dans la vie publique depuis plus de 18 ans et je pense avoir démontré clairement quelle est la philosophie qui constitue la colonne vertébrale de mon engagement.
Toutefois, puisque ce n’est pas clair pour l’ACAJ je saisis l’occasion qui m’est donné pour clarifier les choses. Je suis tout d’abord un démocrate chrétien qui place l’humain au centre de mes combats politiques en défendant les valeurs telles que la liberté et la solidarité. Ensuite je me suis engagé au coté d’un homme, le Président Honoraire Joseph Kabila Kabange car je partage la même vision et les mêmes aspirations que lui, à savoir l’unité, l’intégrité et la prospérité du Congo et des Congolais. Vous comprenez alors que mes actes et ma pensée sont à l’opposé des accusations de l’ACAJ.
Permettez-moi enfin de clarifier, s’il le faut, mon propos que vous citez. Nous sommes des hommes politiques. Chacun d’entre nous a un fief électoral, un endroit que nous pouvons appeler sa base. Quand je dis que l’espace Katanga, c’est chez Joseph Kabila cela veut dire que c’est sa terre politique. Il faut en finir avec les raccourcis simplistes et surtout, j’invite les commentateurs politiques à ne pas toujours tout ramener à l’identité culturelle. Alors que la majorité des Congolais jugent les acteurs publics sur leurs idées et leurs actes, les commentateurs sont ceux qui nous retiennent dans une vision passéiste. Ils ne nous permettent pas d’avancer pour avoir des débats sur les faits ou sur les idées. C’est dommage ! Comme à son habitude, l’ACAJ regarde le doigt quand on lui montre la lune. Et en l’espèce c’est même le mauvais doigt !

Dans un pays encore en construction, ne croyez-vous pas que rappeler à ceux qui ne sont pas originaires du Haut-Katanga, qu’ils ne peuvent agir comme s’ils étaient chez eux, entre dans une logique de division ?

Ce n’est aucunement le sens de mon propos. Ce serait même une aberration puisque j’en serais la première victime comme je viens du Haut-Lomami et non du Haut-Katanga.
Soyons sérieux ! Primo nous sommes tous Congolais et secundo l’affiliation politique diffère de l’appartenance culturelle ! Tous les Katangais ne votent pas FCC tout comme le FCC n’est pas uniquement constitué de Katangais. Au même titre que l’UDPS n’est pas un regroupement de Kasaiens et que tous les Kasaiens ne sont pas partisans de l’UDPS.
Une fois de plus, sortons de la vision identitaire pour parler de choses concrètes.
J’ai clairement identifié le groupe qui sème la terreur, la désolation et qui ne respecte aucune autorité locale ni provinciale et qui de surcroît s’en est pris à l’autorité morale du FCC, Joseph Kabila Kabange dans son fief électorale. C’est comme si les supporters de l’AS Vita allaient provoquer les supporters de DC Motema Pembe dans leur quartier général et en profite pour insulter la Fédération. Serait-il pensable que cette provocation reste sans réponse ?
Rester silencieux face aux agissements de Tshiswaka et ses adeptes c’est être complice et les dénoncer ne peut pas signifier qu’on s’en prend à la communauté Kasaienne.
Le problème est posé par un homme, par ses idées et par ses agissements dans le fief électoral d’une autre personne. Qu’il soit Kasaien est, en ce qui me concerne, un non sujet. Par contre, qu’il se déplace de son lieu d’habitation pour aller semer le trouble dans une autre localité représente un problème d’ordre public.
Et ne soyez pas dupe, personne ne gagne lorsqu’il y a des troubles à l’ordre public.

L’ACAJ réclame des excuses de votre part au risque de demander au procureur de la République de vous poursuivre pour incitation à la haine.

Je suis vraiment étonné de l’implication subite de M. Kapiamba au point qu’il exige des excuses pour des propos que je n’ai pas tenu, mais qui relèvent plutôt de son interprétation erronée. L’homme marche et laisse des traces. Je suis dans la vie politique depuis suffisamment longtemps. Si j’incitais à la haine cela serait su. Alors, vous savez, l’interprétation qu’en fait M. Kapiamba, je lui en laisse la paternité.
Par contre s’il est tant préoccupé par la paix au Congo, où était l’ACAJ quand M. Tshiswaka menaçait les populations de Kasumbalesa ? Où était M. Kapiamba lorsque les paisibles citoyens de Kasumbalesa ont vu débarquer le nouvel ordre imposé par M. Tshiwaka ? Arrestations, jugements sommaires, condamnations, défiance des autorités administratives locale et provinciale, de la police, et même de l’armée. Où était l’ACAJ pour dénoncer tout cela ? M. Kapiamba était très bien informé, mais n’a fait aucune dénonciation publique. L’ACAJ n’a produit aucun rapport à ce sujet.

Je dénoncé ces anti-valeurs et je les condamne. Les populations de Kasumbalesa ont aussi le droit de vivre en paix. Au lieu d’exiger mes excuses, M. Kapiamba devrait plutôt exiger l’arrestation immédiate de M. Tshiswaka qui serait encore en train de circuler à Kasumbalesa.

En faisant le choix de s’installer à Kingakati, dans le plateau de bateke, Joseph Kabila n’a-t-il pas montré l’unicité du Congo ? Cela, ne contredit-il pas votre affirmation ?

Bien au contraire. Il y a une chose que j’ai retenue du Président honoraire Joseph Kabila, c’est sa passion pour le Congo.

Partout sur le territoire national, le Congolais est chez lui. Effectivement, bien qu’originaire du Tanganyika, Joseph Kabila a fait le choix de s’installer sur le plateau de Bateke. De mon côté, je suis attiré par la beauté des paysages du Nord-Kivu. Je m’y installerais peut-être un jour. Tout comme ces étudiants qui viennent d’un peu partout pour étudier à l’université Mapon, à celle de Lubumbashi, pourront faire leur vie à Kindu ou Lubumbashi. C’est pour ce Congo que nous travaillons. C’est pour l’unité nationale que nous parcourons le pays et combattons les anti-valeurs.


Quelle est votre vision de la nation ?


C’est un sujet qui me passionne et qui est sans doute un des éléments qui m’a décidé à m’engager dans la vie publique. Une fois qu’on a compris ce qu’est la nation Congolaise on ne peut qu’avoir le tribalisme en horreur.

La nation Congolaise, c’est donc un ensemble de communautés qui ont décidé de partager une destinée commune. Ensemble ils se sont créé une identité nationale qui est basé sur des valeurs de lutte, de solidarité et d’émancipation. La nation Congolaise est par essence libre et progressiste. Si on veut nous priver de la liberté ou que l’on veut developper des idées régressives, la nation Congolaise peut être insoumise et irrévérencieuse. L’ADN de la nation Congolaise nous apprend que nous sommes dans un jeu à somme nulle. Soit nous gagnons tous, soit nous perdons tous !

C’est cette idée de la nation Congolaise que j’aime, qui se voit dans toute la société et pour laquelle je me bats.

Nous sommes 450 communautés qui constituent une mosaïque d’identité culturelle unique. C’est une richesse inestimable. Notre histoire démontre également deux choses qui me guident. Tout d’abord ce n’est qu’en étant unis que nous sommes parvenus à faire de grandes choses. Ensuite, lorsque quelqu’un veut vous faire du mal, il faut y regarder de plus près car peut-être qu’il est en train de te faire du bien.

Alors que nous étions des territoires voisins, le colon nous a regroupé dans un même espace géographique et sous la domination féroce. Alors que le colon pensait pouvoir nous contrôler il a créé les conditions d’union de la nation Congolaise puisque du nord au sud, de l’est à l’ouest nous vivions les mêmes atrocités. C’est comme ça que les Congolais des 4 coins du territoire national ont décidé de s’unir pour mieux combattre l’oppresseur. À leur époque déjà ils avaient créé leur Front Commun pour le Congo qui est notamment visible lors de la Table-ronde.

Dans la lutte, nos parents et grand-parents ont créer le terreau fertile pour la conscience nationale. Si bien que même dans l’opposition factice que vous voulez faire entre les Kasaiens et les Katangais, tous s’identifient et se considèrent comme Congolais.



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