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*Ces élus pressent leur chef de l'Etat de s'impliquer dans l'activation du rapport Mapping de l'ONU de 2010 afin que soit créée une juridiction internationale pour poursuivre les auteurs des massacres commis dans l'Est de la RDC depuis 1996.

C'est suffisamment rare pour être souligné. Une vingtaine de députés français, dont 13 femmes, dans une correspondance à au Président Emmanuel Macron datée du 25 novembre dernier, plaident pour la mise en place d'un tribunal international pour juger les auteurs des massacres commis dans l'Est de la RDC depuis 1996. Pour cela, ils appellent à exploiter le rapport Mapping de l'ONU de 2010.

"Si après l'épouvantable génocide au Rwanda en 1994, un travail indispensable de mémoire, de justice et d'histoire doit impérativement avoir lieu, il est intolérable qu'au nom d'une opposition des victimes, les crimes ne soient pas poursuivis avec la même détermination", écrivent ces élus français, rappelant que c'est tout simplement ce que souhaite le Docteur Denis Mukwege.

A cet égard, ils font savoir que le Prix Nobel de la Paix 2018 souhaite, en particulier, que soit exploité le rapport Mapping de l'ONU de 2010 et que soit créée une juridiction internationale pour poursuivre les auteurs des massacres commis dans l'Est de la RDC depuis 1996.

Eu égard à la qualité du Dr Mukwege, les signataires de ce courrier demandent au Président Macron "d'accéder à sa requête exprimée à l'occasion de la remise de son Prix Nobel le 10 décembre 2018 : ne plus recevoir avec le tapis rouge les dirigeants des pays qui utilisent la violence sexuelle pour accéder au pouvoir et plutôt tracer une ligne rouge contre l'utilisation du viol comme arme de guerre, une ligne rouge qui serait synonyme de sanctions économiques, politiques et de poursuites judiciaires".

Ce n'est pas tout. Ces députés français demandent également à leur Chef d'Etat de soutenir la création, comme le Parlement européen le souhaite, d'un tribunal pénal international " qui ferait progresser les cas avérés de violations des droits de l'homme remontant à avant 2002" dans cette région, condition sine qua non pour que, comme l'a demandé le Dr Mukwege, "le droit soit dit", et le "peuple congolais puisse se projeter sereinement dans le futur".

UNE ENQUETE SUR LES MENACES CONTRE LE PRIX NOBEL DE LA PAIX 2020

Toujours dans la même correspondance, les élus français demandent à leur Président de la République qu'il soutienne, comme l'a préconisé en août dernier Madame Michelle Bachelet, Haut Commissaire des Nations-Unies aux droits de l'homme de l'ONU, la mise en place aussi rapidement que possible "d'une enquête efficace, rapide, approfondie et impartiale sur les menaces dont a fait l'objet le Dr Mukwege ". Sa vie en dépend, soutiennent-ils.

Pour ces députés, "aucune diplomatie réaliste ne saurait permettre que le silence et, finalement, l'oubli ne s'abattent sur des centaines de milliers de victimes et sur les crimes qui continuent, aujourd'hui même, à être perpétrés. En répondant favorablement aux demandes qui précèdent, vous contribueriez à l'empêcher".

Il sied de rappeler que depuis des décennies, la région des Grands lacs, est en proie à d'effroyables guerres et conflits durant lesquels furent perpétrés de larges massacres humains. Crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide marquent l'histoire de cette région. Durant ces conflits, de nombreuses femmes furent -comme souvent dans ces conflits- des victimes ciblées à l'occasion de viols collectifs utilisés comme arme de guerre. 


Didier KEBONGO

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