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Nul n’aurait pu imaginer la tournure à marche forcée qu’ont pris les événements politiques en RD-Congo en cette fin d’année 2020. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, un président de la République -Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo- raillé par certains qui l’accusaient de faiblesse, voire de figuration, houspillé pour la faiblesse de sa représentation au sein de l’Assemblée nationale, allait magistralement renverser la donne et passer désormais pour le seul «Deus ex-machina» du pays. 

La chute du bureau Mabunda du perchoir de l’Assemblée nationale revêt ainsi plus qu’une symbolique: elle représente la prise total des leviers du pouvoir par celui que la Constitution consacre comme la clé de voûte des institutions : le président de la République. Ce succès retentissant du chef de l’Etat n’a pu être possible que grâce au rôle de plusieurs soldats baroudeurs, chacun jouant sa partition dans le même objectif: obtenir la victoire finale. Et voilà le FCC méditant aujourd’hui sa déconvenue dans les cordes, tiraillé par des courants aussi divers que contradictoires…

Il est important ici pour nos lecteurs de comprendre la quintessence des événements en cours qui n’ont pas encore livré leur fin mot. Sans doute, janvier sera le mois de tous les enjeux. Le président de la République, en maître d’œuvre du changement annoncé, a su s’entourer -et c’est une qualité cardinale- de la crème des crèmes, qui, chacun à son poste -éclaireurs, artilleurs, fantassins- lui permettront d’asseoir définitivement la nouvelle ère attendue par les Congolais. 

Si lors de la déchéance du bureau Mabunda, l’on a pu voir Jean Marc Kabund en commandant des troupes d’assaut, il est aussi vrai qu’il avait dans l’ombre d’autres politiques qui se sont déployés pour réussir ce qu’à l’UDPS on nomme le «coup du siècle». Nous avons fait le choix de dévoiler le rôle de l’un d’eux, n’en déplaise à son tempérament d’homme discret, mais qui joue un rôle clé dans le dispositif de Felix Tshisekedi.

En analysant les faits depuis quelques mois, et surtout quand on prend pour repère le début du malaise entre les forces coalisées, on peut de fil en aiguille obtenir un tracé fort du rôle que joue le premier vice-président du sénat auprès du président Tshisekedi. L’efficacité d’un politique n’est pas une donnée spontanée, c’est une construction patiente qui passe par le partage des faits et qui aboutit au partage des idées et enfin à la mise en place d’une vision commune.  

Samy Badibanga, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a suivi un parcours qui peut expliquer cette capacité qu’il possède d’anticiper sur les évènements et de passer aujourd’hui pour l’un des stratèges dans le carré du chef de l’Etat. D’abord il y a les liens historiques qui unissent les deux familles partant du fait qu’Etienne Tshisekedi fut un proche de son père Samuel Léon Badibanga Sr, sénateur et député de la première législature, ministre du Portefeuille du gouvernement Adoula, puis ambassadeur itinérant du président Joseph Kasavubu. Ces liens créent une certaine intimité et donnent un appui considérable à l’élaboration des vues politiques surtout quand les relations humaines sont harmonieuses.

Ayant choisi de mener un combat non violent et ce depuis la lettre de 52 pages, l’UDPS, par ses pères-fondateurs, a toujours eu à faire face à des régimes forts et répressifs. Et dans cette approche épistémologique, le sphinx prônait la révolte pacifique à la Ghandi. Et comme ces méthodes ne suffisaient pas à cause des fortes répressions, l’UDPS s’est toujours réservée le droit de discuter avec le «diable» quand cela s’avérait nécessaire, quitte à se doter au préalable des longues fourchettes. 

Mais ces discussions devaient obéir à une orthodoxie interne parfois difficile à cerner par les politiques pressés. Samy Badibanga est passé naturellement du cercle familial au cercle politique restreint d’Etienne Tshisekedi en devenant conseiller spécial du sphinx de Limete. Il faut signaler qu’ il a eu sa dose de diabolisation car toutes les options levées ne sont pas comprises de la même manière au sein du parti. Mais en homme tempéré il a su renouer les liens de confiance avec les structures du parti mais surtout avec le chef de l’Etat, dont il constitue aujourd’hui l’un des stratèges de premier plan.

Fidèle à la tradition pacifique, voire pacifiste de l’UDPS, le chef de l’Etat actuel a, lui aussi, négocié avec le FCC au lendemain des élections générales qui avaient conféré la présidence de la Répulique au candidat du CACH et la majorité parlementaire au FCC. Felix Tshisekedi a su ainsi composer, de bonne foi, avec la famille politique kabiliste pour la mise en place d’un gouvernement de coalition. Comme lui aussi Samy Badibanga l’avait fait à l’issue du dialogue de la cité de l’Union Africaine, réussissant le tour de force d’être nommé Premier ministre à la surprise générale en 2016. Il faut reconnaitre qu’à chaque fois ces négociations ont toujours rencontré l’incompréhension de la base et il fallait des hommes charismatiques comme les Tshisekedi pour faire accepter leurs mises en application.

C’est en homme rompu à la stratégie que le Premier ministre honoraire a réussi à se faire élire brillamment sénateur dans sa province d’origine du Kasaï oriental, avant de se faire élire, à la surprise générale, premier vice-président du Sénat. Aujourd’hui Samy Badibanga ne jure que par Felix Tshisekedi et s’est mobilisé pour faire avancer la vision de celui-ci. Pour s’en convaincre il faut évoquer son rôle dans la réussite de la cérémonie de prestation de serment des juges nommés, cérémonie qui fut boycottée par tous les membres des bureaux de deux chambres.  

Il a fallu de la personnalité et de la conviction pour tenir ce moment qui sera d’ailleurs fondateur de la lecture définitive du Président qu’il en était fini de la coalition. Ce jour-là était un défi permanent car le sabotage de la cérémonie était évident, il fallait livrer bataille pour que des personnalités les plus représentatives de l’Etat soient présentes à cette cérémonie. Des invitations ont disparu et il a fallu à Samy Badibanga au four et au moulin pour contenir la vague du désespoir qui commençait à prendre les administratifs. 

Il a fait le protocole, le directeur de communication et d’autres taches pour garantir à cette séance de prestation de serment son succès. Homme de contact, diplomate et ayant en cela un carnet d’adresses important, l’ancien premier ministre est dans la position idéale pour aider le chef de l’Etat à construire un contexte politique qui soit favorable à réaliser son programme et ses promesses électorales qui sont en fait le pont nécessaire pour que le pays franchisse une étape de son destin vers un état prospère respectueux des droits humains.

Apres avoir obtenu le départ du bureau de l’assemblée nationale et s’étant engagé sur le chemin de constater une nouvelle majorité, le chef de l’état est devant un autre enjeu, celui de choisir un informateur qui sera en fait un négociateur qui ferait passer la pullule Fatshi auprès de la nouvelle coalition, car il devrait négocier et cela n’est pas chose facile avec l’ensemble des députés qui savent qu’ils font l’histoire car ils sont parvenus à faire basculer les rapports de force.  

Il a besoin d’un homme de confiance qui sera en réalité son représentant en face des politiques avec lesquels il doit baliser le chemin de la nouvelle gouvernance. Il est d’ailleurs important que celui-ci soit proche de Felix Tshisekedi et qu’il lui permette de construire un lien politique avec la majorité en définissant le contour des intérêts rationnels et les moyens d’y faire face sans négliger l’un au profit de l’autre. S’il trouve cet oiseau rare il serait mieux que celui-ci travaille dans cette approche avec Samy Badibanga pour élaborer avec le stratège les termes de référence de cette nouvelle étape.

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