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*En RD. Congo, on aura tout vu, avec le dialogue. Désormais, on a ouvert, très grandement, les alvéoles du barillet des règlements des comptes. Tantôt, les uns parlent du nettoyage des écuries d’Augias. Tantôt, les autres crient aux scandales ainsi qu’aux peaux de banane. Décidément, le Dialogue national et inclusif qui se tient à la cité de l’UA devient, pratiquement, le ventre mou de la bourride politique. Dernier événement en date, la déclaration signée par cinq membres du Groupe parlementaire UDPS & Alliés qui prétendent avoir décapité la tête de l’Honorable Samy Badibanga Ntita, l’élu de Mont-Amba, à Kinshasa. Dur comme fer, ce dernier n’est pas de nature à se laisser tirer par le bout du nez. Intercepté hier, en fin de la soirée, pour tenter d’en savoir un peu plus sur cette sorte de coup de théâtre aux allures des vents alizés qui, apparemment, soufflent sur son caucus, l’homme crève l’abcès et remet, ici, les clepsydres à l’heure. ‘’Le Groupe parlementaire Udps & Alliés n’en sera pas ébranlé. Ni le Règlement Intérieur du Groupe Udps & Alliés, ni celui de l’Assemblée Nationale n’offrent la moindre marge de manœuvres à l’avancée d’une telle agitation’’, tranche-t-il, tout en mettant son index à couper.

Très détendu, le Député Badibanga minimise la portée de cette déclaration, même s’il considère, par ailleurs, qu’il s’agit-là, de quelques «manœuvres qui tendent à induire inutilement le peuple congolais en erreur et à semer le doute dans les esprits». Selon lui, en effet, cette déclaration qu’il qualifie de «simple agitation» ne va pas avoir la moindre conséquence sur la bonne marche de l’Udps & Alliés, le premier Groupe parlementaire de l’Opposition au sein de l’Assemblée nationale.

«Largement minoritaires»

A l’appui de son argumentaire, l’Honorable Samy Badibanga rappelle que, depuis la semaine dernière, Messieurs Fabien Mutomb, Jean-Claude Vuemba et Papy Niango ont été suspendus du Groupe parlementaire UDPS & Alliés «pour usurpation de pouvoir, faux et usage de faux ; détournement des fonds pour avoir retiré, sans titre, ni qualité, des fonds destinés au Groupe auprès de la comptabilité de l’Assemblée Nationale ; et insubordination». Il ajoute : «Par conséquent, ils ne peuvent plus engager le Groupe en quoi que ce soit».

Poursuivant sur cette même lancée, il précise que la fameuse déclaration n’est signée que par cinq personnes sur la cinquantaine des membres qui composent le Groupe parlementaire UDPS & Alliés. «Les signataires sont donc très largement minoritaires par rapport à la majorité qui reste fidèle au Président Samy Badibanga», argue-t-il, sur fond d’un ton serein.

Appel à la démission
Poussant visiblement son avantage, le leader de l’opposition parlementaire congolaise relève les contradictions de ses pourfendeurs à qui il demande d’aller jusqu’au bout de leur logique et de ne pas s’arrêter en si bon chemin. «Je constate avec regret, certes, que c’est par pure hypocrisie et populisme de mauvais aloi que les cinq signataires de la déclaration en question condamnent la participation de certains Députés issus du Groupe au Dialogue national dans l’objectif bien compris de plaire au Président national de l’UDPS, M. Etienne Tshisekedi. Le Groupe parlementaire UDPS & Alliés leur demande d’aller au bout de leur logique, c’est-à-dire, de démissionner carrément de l’Assemblée Nationale, conformément au mot d’ordre de M. Etienne Tshisekedi qui ne reconnaît pas cette institution et qui déteste, par-dessus tout, les hypocrites et autres populistes de bazar», confie Samy Badibanga.

Mandat non impératif

Concernant le bien-fondé du Dialogue auquel il participe, M. Badibanga rappelle avoir été le premier à exiger l’organisation d’un dialogue avec le pouvoir depuis septembre 2012, à l’époque bon nombre d’acteurs politiques ne voulaient pas en entendre parler. Il estime qu’avec la non-organisation des élections prévues pour décembre 2016, le pays se retrouve, de fait, dans une crise que l’on peut résoudre par la négociation au lieu de la confrontation. «Par le dialogue, nous ne trahissons pas du tout notre engagement pour la démocratie et le respect de la Constitution. Cependant, nous essayons d’accorder nos violons avec la majorité afin de trouver des solutions consensuelles qui nous permettrons d’organiser, dans les brefs délais, de bonnes organisations réellement libres, transparentes et justes, sans contestations possibles. Notre objectif est d’arriver à ce résultat par le dialogue et d’éviter d’autres affrontements qui feront encore couler le sang inutilement», a-t-il indiqué.

De même, il rappelle que les Députés Nationaux, siégeant au Dialogue national, représentent l’Opposition institutionnelle. A son avis, «ils sont, en outre, couverts par l’article 100 de la Constitution qui stipule que le mandat du Député National est non impératif, c’est-à-dire que le Député représente le peuple et non le parti sur la liste de laquelle il a été élu».

Dialogue dans le viseur

En tout état de cause, Samy Badibanga estime que cette «agitation qui ne dit pas son nom» vise, en réalité, à saboter la réussite du dialogue en cours, en essayant maladroitement de lui priver d’une part de ses personnalités parmi les plus importantes. Ce qui reviendrait à faire un danger manifeste à toute la nation qui espère, par ce dialogue, trouver des solutions pacifiques par la négociation et non par la logique du chaos ou de l’apocalypse.

Samy Badibanga réaffirme, enfin, qu’il demeure Président et porte-parole du Groupe parlementaire UDPS & Alliés. Et, par conséquent, il est la seule personne habilitée à l’engager, conformément à son règlement intérieur et à celui de la chambre basse du Parlement.
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