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Il n’est un secret pour personne. Le nombre des filles mères et enfants défavorisés ne fait que croître dans les quartiers périphériques de Kinshasa. Fort de ce constat, Mme Sophie Ngalula Mukuna, une femme aveugle, s’est depuis plus d’une décennie donnée pour tâche, la formation en coupe et couture, des filles mères et enfants démunis de la commune de Mont-Ngafula.

Cela suscite de la sympathie pour quiconque visite le siège de l’Association pour l’encadrement des enfants délaissés et des filles mères, Asedef, Asbl chère à madame Sophie Ngalula. "Voir une femme non voyante qui, généralement devrait attendre que les autres s’occupent d’elle, se soucier de l’encadrement et de l’autonomisation des enfants défavorisés, ça relève de l’exception", rapportent les habitants du quartier.
Les filles mères et enfants défavorisés de Mont-Ngafula se pointent régulièrement au centre de formation situé au numéro 8 de l’avenue Diomi, du quartier Mazamba à Mont-Ngafula, pour suivre gratuitement la formation en coupe et couture dispensée par madame Sophie Ngalula.
" Tout est parti des années 1978 où on a constaté qu’il y avait beaucoup d’enfants mal nourris au quartier Mazamba à Mont-Ngafula. Il s’est avéré par la suite que la majorité des mamans de ces enfants n’avaient que moins de 18 ans. C’est ainsi qu’en 2000, nous avons officialisé cette Asbl à laquelle on a assigné l’objectif d’autonomiser ces filles mères à travers la formation", a indiqué madame Sophie Ngalula.
Elles apprennent à lire, écrire et calculer, avant d’attaquer la formation proprement dite en coupe et couture. Sophie Ngalula encadre aussi les enfants défavorisés et les femmes vulnérables. Elle prend en charge la scolarité de ces enfants qu’elle a placés dans les écoles de la place.

COMBATTRE LE PHENOMENE "SOPEKA"
" Nous donnons de l’espoir à ces enfants défavorisés. Nous leur disons qu’ils peuvent refaire leur vie en apprenant un métier. Nous ne voulons pas leur donner un poisson, nous leur apprenons plutôt à pécher. Nous voulons les rendre utiles à eux- mêmes et à la nation congolaise", a martelé Sophie Ngalula, celle que certains appelle affectueusement Mère Theresa.
" Une étude nous a permis de comprendre que ces filles sont devenues mères parce qu’elles ont circulé avec la main tendue, une attitude qu’on qualifié de "SOPEKA" à Kinshasa. Nous profitons ainsi de leur passage ici pour les encadrer sur le plan spirituel, social, psychologique, juridique, éducatif et sur le plan de la santé", a-t-elle ajouté.
"Après avoir passé par notre module de formation, ces filles mères et enfants défavorisés font l’objet d’un suivi afin de se rendre compte s’il y a eu réellement changement. Le constat est positif. La plupart d’eux deviennent effectivement autonomes", rapporte le chargé de projet de la structure.
Selon madame Sophie, certaines parmi ces filles mères ont monté leurs propres ateliers de couture. 15 des enfants défavorisés encadrés par le centre sont allés jusqu’à l’université, où ils sont sortis avec les titres de juriste, médecin, etc.

LES DIFFICULTES RENCONTREES
A en croire madame Sophie, l’Asbl Association pour l’encadrement des enfants délaissés et des filles mères rencontre des difficultés d’ordre logistique et financier. Les machines à coudre sont insuffisantes, en raison de deux à trois apprenants par machine, avance-t-elle. il y a aussi la pièce commise à l’enseignement qui n’arrive plus à contenir tout le monde.
" Les enfants que nous recevons ont souvent faim. Il faut chaque fois chercher à leur trouver de quoi manger, ce qui nous coûte parfois chère. Pourtant, à l’issue de la formation, l’Etat devrait ne fut-ce que doter ces jeunes filles des équipements de travail en vue de leur autonomisation effective", rapporte madame Sophie.
Cela, avant d’inviter le gouvernement et partenaires privés à venir en aide à cette Asbl qui, affirme-t-elle, ne fonctionne jusque là qu’avec ses propres moyens. Sophie Ngalula indique que sa structure compte lancer plusieurs autres options dont l’informatique, l’hôtellerie, l’esthétique, etc, mais les moyens font défaut.
" Notre vœux pour l’année nouvelle est de voir les filles mères se réinsérer dans la société. Nous leur demandons de ne pas se décourager, d’apprendre un métier afin de devenir indépendantes. Nous avons les bras ouverts à tous ceux qui veulent venir vers nous", a ajouté madame Sophie Ngalula.
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