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*‘’Le Cardinal voulait-il torpiller le travail de la CENCO ? Devrions-nous douter de la neutralité de la CENCO ? Quel chemin devons-nous, nous chrétiens de Kinshasa, suivre ? Celui de l’évangile qui prêche le pardon et la recherche de la réconciliation en toute circonstance, tel que ne cesse de le répéter l’actuel président de la CENCO ? Ou faut-il affûter les épées selon la logique revancharde prêchée, le 25 décembre, dans nos églises ? S’interroge Kajepa Molobi, l’analyste pro-Majorité qui revient, ici, sous une autre forme, avec ses réflexions sans moufles, sur le message lancé, dernièrement, par le Cardinal Laurent Monsengwo, Archevêque de Kinshasa. Pour lui, en effet, dans les circonstances actuelles, les choses étant ce qu’elles sont, l’unique voie qui corresponde à la charité chrétienne est de s’accorder sur une période raisonnable de préparation des élections transparentes, crédibles et apaisées. Ce n’est pas la voie choisie par ceux auxquels le Cardinal apporte, visiblement, son soutien. Un père soucieux de l’avenir harmonieux de la famille, «le bonus pater familias », ne prêche pas la paix entre deux groupes antagonistes de la même fratrie, en prenant manifestement parti pour l’un et en condamnant l’autre sans l’écouter’’, tranche Kajepa Molobi, dans sa tribune libre reprise, ci-dessous.

Monsengwo va-t-il retrouver la charité chrétienne ?

Dimanche 25 décembre 2016, les fidèles catholiques ont été surpris par la virulence des propos tenus par Son Eminence, le Cardinal MONSENGWO, en ce jour où l’on ne devrait célébrer que la Paix.

Dans une prise de position autant inopportune que tendancieuse, l’ancien président de la Conférence Nationale Souveraine est entré par effraction dans les pourparlers qu’organise et anime actuellement la CENCO.

Les chrétiens congolais ont été ahuris par une allusion machiavélique indiquant que leur Président de la République, qui a pourtant pacifiquement succédé à Mzee Laurent Désiré Kabila, suite à un accord entre les dirigeants en fonction à l’époque de l’assassinat, qui a été confirmé par l’ensemble des représentants de la nation à Sun City et élu au suffrage universel en 2006, puis réélu en 2011,que celui-ci, malgré ce parcours, serait venu au pouvoir par les armes !

Plus étonnant encore, celui qui devrait prêcher la paix, n’a pas hésité à menacer en promettant la mort par l’épée.

La place de l’église, on pouvait le penser, est au milieu du village. Bien que dissimulé dans un vocabulaire liturgique, le message délivré, ce 25 décembre, dans les églises de Kinshasa n’est pas fait pour réconcilier ou rassembler. C’est un message de haine.

Dans cette prise de parole, toutes les victimes n’ont pas mérité la même attention. Les forces de l’ordre et les autres paisibles citoyens attaqués pour avoir refusé de participer à l’insurrection des 19 et 20 décembre n’ont mérité aucune allusion du chef de l’église catholique kinoise. Aucune remarque n’a été faite à l’endroit de ceux qui ont brulé les véhicules des paisibles citoyens. Aucun conseil n’a été donné aux hommes politiques qui s’évertuent à larguer dans les rues des bandes des casseurs et des tueurs. Rien contre ceux qui se sont pavanés avec des Kalachnikov dans les rues de Kinshasa, lors des manifestations présentées comme pacifiques par l’opposition. Ceux qui se sont attaqués aux commerces et autres installations d’autrui n’ont eu droit à aucune remarque de la part du prélat.

Pour l’Archevêque de Kinshasa, il y a des morts précieux qui méritent le deuil et d’autres sans valeur que l’on traite avec indifférence. C’est notamment le cas de policiers calcinés ou tués à bout portant les 19 et 20 décembre. On peut penser qu’il y avait des catholiques parmi eux.

Le message du 25 décembre 2016 de cette année s’éloigne manifestement des prêches de réconciliation et des efforts de paix du Pape François.

Cette homélie prend position pour la partie de la classe politique la plus extrémiste qui veut violer la Constitution, en mettant un terme à la démocratie, pour imposer « le régime spécial » que le Rassemblement compte instaurer après des émeutes de rues.

D’ailleurs, cette motivation politique inavouée est trahie par le fait que ce texte a été très prestement édité en brochure pour en assurer une large diffusion.

Comment concilier ce discours violent bien qu’enrobé de quelques versets bibliques avec les efforts actuels de la CENCO ?

Le Cardinal voulait-il torpiller le travail de la CENCO ? Devrions-nous douter de la neutralité de la CENCO ?

Quel chemin devons-nous, chrétiens de Kinshasa, suivre ? Celui de l’évangile qui prêche le pardon et la recherche de la réconciliation en toute circonstance, tel que ne cesse de le répéter l’actuel président de la CENCO ? Ou faut-il affûter les épées selon la logique revancharde prêchée, le 25 décembre, dans nos églises ?

Dans les circonstances actuelles, les choses étant ce qu’elles sont, l’unique voie qui corresponde à la charité chrétienne est de s’accorder sur une période raisonnable de préparation des élections transparentes, crédibles et apaisées. Ce n’est pas la voie choisie par ceux auxquels le Cardinal apporte, visiblement, son soutien. Un père soucieux de l’avenir harmonieux de la famille, «le bonus pater familias », ne prêche pas la paix entre deux groupes antagonistes de la même fratrie en prenant manifestement parti pour l’un et en condamnant l’autre sans l’écouter.

En tout état de cause, le message de Son Eminence, le Cardinal MONSENGWO du 25 décembre n’est pas allé dans le sens de l’apaisement. Ce discours prépare les esprits à une effusion de sang. C’est tout le contraire du rôle d’un prince de l’église. Ce comportement purement païen m’édifie sur ce qu’est le cœur de l’homme. (Jérémie 17 :9)

Ma qualité de chrétien m’empêche de perdre espoir, j’espère donc que Son Eminence, le Cardinal Laurent MONSENGWO, retrouvera la sérénité et reviendra à la charité chrétienne.
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