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Ancien ministre des affaires étrangères de Joseph Kabila après les élections de 2006, Antipas Mbusa Nyamwisi s'est exilé à l'étranger après avoir tourné le dos au président Congolais lors des élections présidentielles de 2011 auxquelles il était candidat pour le compte de l'opposition...


Originaire de la province du Nord-Kivu, Antipas Mbusa Nyamwisi, président du parti politique Rassemblement Congolais pour la Démocratie/Kisangani Mouvement de Libération (RCD/KML) est plusieurs fois revenu sur l’insécurité qui sévit dans la province du Nord-Kivu, accusant le pouvoir d’entretenir cet insécurité pour s’accrocher au pouvoir.

Bénéficiaire de la mesure de décrispation politique contenu dans l’accord politique signé le 31 décembre dernier au centre interdiocésain, l’ancien chef de la diplomatie Congolaise est revenu dans un entretien exclusif accordé à Politico.cd sur les procès politiques qu’ont connu les membres de l’opposition Congolaise et sur la mise en place de l’accord politique visant à mettre fin à la crise actuelle, née de la non organisation des élections présidentielles prévues en novembre dernier.

Politico.cd: Comment appreciez-vous le compromis politique trouvé le 31 décembre dernier ?


Antipas Mbusa Nyamwisi: Il faut féliciter les évêques de la CENCO qui ont pu œuvrer pour pouvoir obtenir la signature de cet accord par les protagonistes. Le pays était au bord d’un recul d’une vingtaine d’années. Il y a eu beaucoup de morts. L’accord et là mais son application en est une autre chose. C’est là même le nœud auquel on doit s’atteler pour que cet accord aboutisse au renouvellement de la classe politique Congolaise.

Politico.cd: Votre nom figure sur la liste des bénéficiaires de la mesure de décrispation. Pensez-vous que la question a été bien épuisée ?

Mbusa Nyamwisi: Il faut que je félicite les collègues de l’opposition qui ont trouvé utile que la question soit examiné surtout qu’il n’y avait pas des poursuites judiciaires contre moi, mais plutôt un harcèlement politique, médiatique même sécuritaire. Si on abandonne déjà cela, je m’en félicite et je félicite le travail abattu par l’opposition et la CENCO. Mais je crois que cela doit être ainsi pour les autres cas d’injustice. Imaginez les collègues comme Frank Diongo et les autres victimes des procès bidons. Ces injustices doivent s’arrêter. Les hommes étant capables du pire, ils sont aussi capables du meilleur. Nous devons tourner cette page et que les citoyens Congolais reviennent pour contribuer à la reconstruction de la République.

Politico.cd: Quand comptez-vous revenir au pays ?

Mbusa Nyamwisi: C’est mon pays. Il faut que je revienne. Mais il faut que tous les enfants de ce pays qui estiment qu’ils peuvent revenir le fasse sans craindre de se faire inquiéter. Qui pouvait croire que Moïse Katumbi pouvait engager de centaines de mercenaires au Katanga et qu’aujourd’hui ils se sont volatisés tous sans qu’on en arrête un seul. Il faut qu’on tourne vraiment cette page. Mon seul cas ne me préoccupe pas au haut niveau. Mais je pense que la décrispation soit réelle. Il y a des gens qui ont peur de rentrer parce qu’ils sont accusé faussement, il y des jeunes militants privés de leur liberté,…

Politico.cd: Le fait que la question sécuritaire, plus particulièrement celle de l’est de la RDC n’a pas été traitée au cours de deux dialogues ne pourra-t-il pas être un blocage de la mise en œuvre de l’accord sous prétexte de l’affection de ressources financières à la guerre contre l’insécurité à l’est ?

Étant donné que je suis l’un des leaders de l’est de la RDC, je pense que la mise en œuvre de l’accord trouvé repose sur trois piliers. Le premier étant la question sécuritaire à l’est de la RDC, tout principalement à Beni, à Lubero, à Rutshuru, au nord Katanga,… Pour mieux organiser les élections, il faut aussi songer à l’éradication de l’insécurité dans cette région. C’est impossible d’organiser les élections sans le retour de la sécurité. Il faudra aussi penser à la réparation par la justice aux victimes de l’insécurité notamment à Beni, à Rutshuru et au nord Katanga.

Le second défis reste la volonté politique qui est d’ailleurs primordial car l’obtention de l’accord est un grand pas, mais son application reste le plus grand défis auquel reste confronté le président de la République et toutes les autres parties prenantes. Il faudra aussi un soutien réel de tous nos partenaires.

Un autre défis important c’est le financement des élections. On ne peut pas organiser les élections sans moyens. Je pense que le pays va tendre la main aux partenaires traditionnels pour obtenir les fonds nécessaires à l’organisation des élections car le pays traverse une morosité économique. Pour se faire, nous devons avoir une sérénité interne et avoir la confiance et le crédit des partenaires pour obtenir le financement des élections. Il faut aussi faire un choix judicieux des animateurs de des institutions appelées à conduire le processus électoral pour qu’après l’obtention des fonds, ces ressources soient bien affectées.

Politico.cd: Votre message pour le peuple Congolais à ce début d’année

Mbusa Nyamwisi: En cette période de début d’année, on se souhaite des vœux de prospérité, mais vue la crise que traverse le pays, il est non perceptible de souhaiter un quelconque vœu car l’on vit l’imprévisible. Maintenant qu’il y a un accord trouvé, j’estime que celui-ci nous amenera à travailler ensemble pour l’intérêt supérieur de la nation et je souhaite le meilleur à la nation Congolaise espérant que l’an 2017 sera une année d’un redémarrage de la nation Congolaise vers un horizon meilleur.

Interview réalisée par Fiston Mahamba de Politico.cd et Rodriguez Katsuva de HabariRDC

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