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Une délégation de sept évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- conduite par Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani et président de ce regroupement religieux, a quitté Kinshasa dimanche le 29 janvier 2017 pour une visite pastorale à Genève, en Suisse, a-t-on appris de plusieurs sources.



La CENCO, qui pilote les discussions directes du Centre Interdiocésain entre les signataires et non signataires de l’Accord du 18 octobre, a sursis d’une semaine le déroulement de ces travaux en attendant le retour des évêques à Kinshasa. Dans l’entretemps, les parties prenantes poursuivent les échanges autour des points de divergence, entre autres la désignation du Premier ministre.



En même temps, on apprend que les prélats catholiques prennent aussi des contacts en Suisse sur le dossier RD-congolais et diverses sources font avec insistance état de l’existence d’un Plan B. Si le doute a été levé depuis que Crispin Nlanda, le président du Conseil de l’apostolat des laïcs catholiques du Congo -CALCC-, a confirmé la préparation de ce plan, précisant qu’ils y travaillent et annonçant son déroulement à partir du 16 février 2017, les esprits sont alerte avec la nouvelle de la présence de Léon Kengo dans la capitale suisse, en provenance de Bruxelles.



Les sources à l’origine de cette information n’ont aucun détail sur les motifs du séjour du président du Sénat en terre suisse. D’aucuns évoquent les raisons de santé mais d’autres croient savoir que Kengo, héritier constitutionnel du fauteuil présidentiel en cas d’empêchement du Président de la République en fonction, doit rencontrer les évêques membres de la CENCO sur place à Genève.

L’évocation d’un rendez-vous avec les primats catholiques a suffi pour alimenter les commentaires et les conversations de salon. Motif: la présence de Kengo en Suisse est jugée louche.
Suspecte parce que selon une première hypothèse, Kengo ferait un forcing auprès des évêques en faveur de son regroupement politique, l’Opposition Républicaine, qui n’a pas pu glaner grand-chose à l’issue des négociations de l’arrangement particulier. Un ou deux postes au gouvernement et autant dans le Comité national de suivi de l’accord -CNSA.



Une deuxième hypothèse tend à anéantir la première en privilégiant l’idée des contacts secrets avec la CENCO dans le cadre du présumé Plan B. Ici, on met en avant plan la position constitutionnelle du speaker du Sénat. Même si ceci explique cela, d’autres analystes ne voient pas Kengo s’inscrire dans un tel schéma compte tenu de ses relations avec Kabila et de son âge avancé.



La dernière hypothèse a trait à un présumé lobbying en faveur de Gilbert Kiakwama kia Kiziki, un vieil ami à Kengo, cité dans la course à la Primature contre Olivier Kamitatu, Freddy Matungulu et Félix Tshisekedi dans le cadre de l’Accord du 31 décembre.



Déjà suspecté de se maintenir à la modération tournante de la Dynamique de l’Opposition au détriment de Claudel André Lubaya, Kiakwama a été suspendu de cette plateforme par le groupe de Martin Fayulu, Albert Puela et Martin Mukonkole.



Entre l’aile Lubaya et l’aile Kiakwama, la crise s’est matérialisée par la tenue, le 27 janvier dernier, de deux messes séparées, notamment à Christ Roi pour la première et à Notre Dame de Fatima pour la seconde, en mémoire des victimes de janvier 2015, tombées pour avoir manifesté contre la tentative de tripatouillage de la Loi électorale par la Majorité présidentielle.



Originaire du Kongo Central, né en novembre 1938, Kiakwama, ancien ministre des Finances et du Plan sous Kengo, pressenti pour succéder à Etienne Tshisekedi à la tête du Comité des sages du Rassemblement, est cadet d’un mois de Gabriel Kyungu, né en octobre de la même année. Il a également le désavantage d’être à la tête d’un parti qui a moins des députés que l’UNAFEC de Kyungu et dont il se dispute la direction avec le sénateur Florentin Mokonda Bonza. 



Son hypothétique promotion à la tête de ce regroupement politique ferait de lui un acteur-clé pour les prochains enjeux. Kengo, chantre et autrefois bénéficiaire de la 3ème voie, aurait peut-être senti le coup. Ecueil: l’Accord personnifié par le nom de Tshisekedi désigné intuitu personae comme président du Comité national de suivi risque de ne pas être mis en œuvre si cette question n’est pas résolue.
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