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Au procès de Bosco Ntaganda devant la Cour pénale internationale (CPI), la parole est désormais à la défense. L’ancien chef d’état-major en second de l’Union des patriotes congolais (UPC) répond de dix-huit chefs d’accusation pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en 2002 et 2003 en Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Depuis l’ouverture de son procès à La Haye, en septembre 2015, le procureur a présenté 71 témoins. La défense prévoit d’en convoquer 113, dont Bosco Ntaganda.




L’avocat canadien de Bosco Ntaganda aurait bien aimé ajouter une photo au dossier, a-t-il dit aux trois juges de la Cour, ce 29 mai 2017, en exposant sa stratégie de défense. « Une photo d’Arnold Schwarzenegger dans son costume de Terminator ». « Terminator », le surnom attribué à l’ancien chef adjoint de la branche armée de l’Union des patriotes congolais (UPC), donne, il est vrai, une image désastreuse de son client, mais néanmoins acquise au cours d’années de combat au sein de multiples milices actives dans l’est de la République du Congo (RDC), où Bosco Ntaganda a souvent été décrit comme un milicien brutal et sans finesse, même par ses proches.




« C’est ce à quoi nous faisons face dans ce procès : un homme qui a une horrible réputation. Mais ce n’est pas Hollywood, précise Stéphane Bourgon, et ce procès ne doit pas être là pour faire la réputation d’un homme, mais établir si ces crimes ont été commis. » L’avocat ne crie pas à l’innocence de son client. Mais affirme que le procureur n’a présenté qu’une version tronquée de ses faits d’armes, une histoire « incomplète et sélective ».




La géopolitique absente du dossier




A la Cour, en ouvrant la seconde étape du procès, l’avocat canadien s’est largement penché sur les méthodes du procureur, mais peu sur le fond du dossier. Maître Bourgon a contesté les pièces à conviction de l’accusation, les images satellitaires et les exhumations médico-légales, réalisées trop longtemps après les faits pour que les experts, appelés par l’accusation au cours des derniers mois, puissent établir fermement les faits reprochés : des meurtres, des viols, des pillages, le recrutement d’enfant de moins de 15 ans pour la guerre, et les destructions.




Stéphane Bourgon a aussi regretté que le procureur ne présente pas de photos suffisamment précises des sites de crimes. A deux reprises, les juges ont refusé de se rendre sur les lieux pour un constat judiciaire. Bosco Ntaganda est poursuivi pour son rôle dans plusieurs attaques à Mongbwalu, connue pour ses sous-sols aurifères, à Kobu, où plus d’une cinquantaine de personnes auraient été massacrées par les forces aux ordres de Ntaganda et de Sayo, où des civils ont été assassinés, à l’arme blanche, selon l’un des témoins du procureur, dans l’Eglise où ils avaient trouvé refuge.




Pour la défense, le procureur a abordé le dossier sous le seul angle ethnique. « Qui est responsable pour l’origine des violences ethniques ? » de 1999 et 2001, qui ont « conduit à un conflit armé en 2002/2003 ? » a-t-il interrogé. « Quel est le lien entre les violences ethniques et la guerre ? Nous avons entendu quelques preuves sur le rôle du Rwanda, de l’Ouganda et de la République démocratique du Congo », mais le procureur ne l’a « pas mis en valeur ». « Quand on regarde la situation géopolitique en Ituri et en RDC, on voit les preuves dans une perspective totalement différente. » De fait, tous les procès de la CPI visant des miliciens congolais sont restés, pour l’essentiel, cantonnés à leur seule dimension ethnique, laissant en suspens les responsabilités rwandaises et ougandaises dans les guerres pour le pillage de l’Est congolais.
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