Un député national proche de Samy Badibanga, que des collègues de l’opposition ont affirmé avoir écarté de la présidence du groupe parlementaire UDPS et Alliés dans une déclaration faite la semaine dernière à Kinshasa, a déclaré lundi 30 décembre 2013 à Lepotentielonline.com que « Badibanga reste tranquillement aux commandes ».
« Selon le règlement intérieur du groupe parlementaire, il faut une majorité des trois quarts pour prétendre renverser le bureau. Et le petit groupe est très loin du compte : Samy Badibanga reste tranquillement aux commandes de l’UDPS et Alliés, siège en conférence de présidents et reste le seul qui peut engager le groupe parlementaire », a-t-il affirmé.


Depuis le début de la législature, il aura été le groupe parlementaire le plus bousculé. Premier – et de loin ! – de l’opposition parlementaire, le groupe UDPS et Alliés a subi toutes sortes de coups bas pour le déstabiliser. D’abord de l’extérieur, ensuite de l’intérieur. Contre vents et marées, il a tenu bon. Jusqu’à présent.

« Les premiers coups de boutoir sont venus de certains leaders de l’opposition, c’est-à-dire ceux-là mêmes qui auraient dû être des partenaires. Au centre des enjeux : le poste de porte-parole de l’opposition. Logiquement, cette fonction revient de plein droit au premier groupe en nombre d’importance numérique au sein de l’Assemblée nationale, comme cela se fait dans tous les pays respectueux des principes démocratiques », a rappelé ce député membre du groupe parlementaire de l'UDPS et Alliés.

Il a déploré qu’« en RDC, ces tropiques de nulle part, la soif du pouvoir a ses raisons que seule la politique du ventre maîtrise ».

Il a stigmatisé qu’« ici, même ceux dont la représentativité est moindre se sont pointés au starting block, bien décidés de l’emporter, les poches pleines de billets de banques, en monnaie forte ; au préalable, des villas sont vendues pour se constituer une trésorerie ».

Maffia calabraise

Parmi les « stratégies peaufinées pour acheter des députés de l’UDPS et Alliés contre espèces sonnantes et trébuchantes », ce député ayant requis l'anonymat a cité les « dénonciations, accusations fermes et précises – avec montants proposés, noms des différents intervenants et lieux de rendez-vous dignes de la maffia calabraise ».

En fin de compte, le coup échoue. Mais, l’histoire ne dit pas ce que des leaders d’une opposition qui recourt à de telles pratiques peuvent proposer en guise d’alternative pour moraliser la vie publique.

« Puis les coups ont commencé à venir de l’intérieur même du groupe. En premier lieu, d’un petit groupe de députés sans envergure qui vont tenter, petits biceps bombés, de s’opposer au changement de l’appellation du groupe qui de l’UDPS/FAC devrait désormais s’appeler UDPS et Alliés », a-t-il précisé.

Il a noté que « la convocation des Concertations nationales, auxquelles le groupe a dit non de la manière la plus officielle, ainsi que la perspective de la formation d’un gouvernement de cohésion nationale, ont aiguisé des appétits ; même ceux qui avaient crânement dit non aux Concertations découvrent subitement le bien-fondé de ces assises ».

« Petit problème : seul le président du groupe devrait, en principe, désigner les éventuels ministrables. Or, il se trouve que le président du groupe, Samy Badibanga Ntita, reste, comme la majorité de ses pairs, sur la ligne politique de leur cher parti et donc fermement opposé à toute idée de cautionner l’entrée au sein d’un gouvernement de cohésion nationale », a-t-il relevé.

A son avis, « tous ceux qui ne rêvent que d’une entée dans ce gouvernement tant attendu – les Rémy Masamba, Serge Mayamba, Romain Kalonji et autres – ont trouvé la solution : destituer le bureau du groupe afin d’en prendre le contrôle ».

« Depuis lors, ils n’en finissent pas de faire des déclarations de destitution du bureau du groupe, sans jamais y parvenir. Plus que jamais, ils sont à la recherche d’un paravent de respectabilité. Aussi, une première fois, ils mettent en avant le vieux Aimé Rodrigue Nsuka, élu de Bagata, qui, du haut de ses 65 ans, était censé apporter au petit groupe des putschistes la légitimité voulue », a-t-il expliqué.

Ainsi « une déclaration, juste une déclaration, et puis plus rien, Samy Badibanga reste bien installé dans le fauteuil de président du groupe ».

« Mais le petit groupe a de la suite dans les idées : il a ainsi réussi à rallier le patriarche Jérôme Makwala, 77 ans, élu de Luozi. Makwala, le même qui, sur les hauteurs de Binza Pigeon, avait, en personne et au nom de ses pairs, investit Samy Badibanga comme candidat du caucus UDPS en tant que candidat porte-parole de l’opposition », a fait remarquer le député.

Il s’est alors interrogé sur « ce qui a fait changer de cap à Makwala qui s’était opposé à la participation aux Concertations, et jusque-là très hostile à toute idée d’entrer dans un quelconque gouvernement avec le PPRD ».


« Stratégie étrange »

La stratégie étrange du petit groupe viserait à placer Makwala du groupe parlementaire de l'UDPS et Alliés au bureau de l’Assemblée nationale en lieu et place de l’autre patriarche, le deuxième vice-président Timothée Kombo Nkisi, très malade ces derniers mois ».

« Saisi officiellement par le bureau du groupe UDPS et Alliés afin de faire cesser cette chienlit, au lieu de trancher en prononçant l’irrecevabilité de la plainte du petit groupe qui ce basait sur le règlement intérieur de l’Assemblée nationale au lieu de recourir au règlement intérieur du groupe le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku a préféré envoyer le dossier à la commission PAJ, qui l’a depuis lors bloqué dans l’un de ses nombreux tiroirs », s’est étonné ce député.

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