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L’Alliance des leaders de la société civile pour des actions concertées (ALSCAC) fait pression sur le Gouvernement en vue d’obtenir l’application du nouveau Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 5 dollars américains par jour pour les travailleurs congolais du secteur privé et para étatique. C’est la substance de la correspondance adressée à l’Exécutif national, à travers laquelle les sociétaires de l’ALSCAC déplorent la léthargie dans la mise en application du nouveau taux arrêté par le Conseil national en novembre et décembre 2017.

Pour Jean-Marie Ntantu Mey, un des leaders de la société civile, « les travailleurs sont déjà en grève depuis lundi dernier, pour obtenir l’amélioration de leurs conditions sociales ». Partant, il sollicite l’implication du chef de l’Etat dans l’avènement d’une justice distributive en RDC.
« Nous souhaitons que le Chef de l’Etat et le Premier ministre n’endurcissent pas leurs cœurs. Qu’ils écoutent la voix de ces travailleurs qui ne demandent mieux que d’être rémunérés à juste titre », a-t-il déclaré hier jeudi 5 avril sur Radio Okapi.
Cette grève n’étonne guère, dès lors qu’au mois de février dernier, l’Intersyndicale Nationale du Congo (INC) avait annoncé une grève généralisée dans tous les secteurs d’activité productive du pays. Une manière pour elle de réclamer l’application effective du nouveau SMIG tel que recommandée lors de la 33ème session du Conseil National du Travail (CNT).
Au cours de l’assemblée générale des délégués de différents syndicats agréés de la RDC, organisée à la paroisse Notre Dame de Fatima, l’INC avait noté que la Convention entre représentants des employeurs et ceux des travailleurs, fixant le taux du Smig fixé à 5 dollars américains le jour n’a jamais été appliquée.
« Alors que cette mesure devrait entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2018, à ce jour, elle accuse un retard inexplicable, sans aucun signal fort de la part des employeurs pointés du doigt », avaient-ils affirmé.

LE SMIG DE 1.680
A 7.075 FC
« Le SMIG en RDC devrait passer de 1.680 à 7.075 FC/jour, soit 5 USD au taux paritaire de 1.415 FC, à partir du 1er janvier 2018 », ont convenu les membres du Conseil national du travail (CNT), à l’issue de leurs travaux clôturés à l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), par le ministre d’Etat en charge de l’Emploi, travail et prévoyance, Lambert Matuku.
Le nouveau SMIG devrait être appliqué en 4 paliers tous les six mois, en raison de 25% par palier. Notamment dans le secteur agro-industriel et pastoral. Il a été conditionné par la prise des mesures d’allégement.
Le CNT avait aussi recommandé la création d’une commission tripartite ad hoc, chargée d’examiner et de statuer sur le taux journalier des allocations familiales par enfant, la quotité saisissable par l’employeur de contrevaleur du logement avant la prise de l’ordonnance présidentielle sur le SMIG, qui devrait incorporer les trois taux sus indiqués.
Il avait été recommandé la création d’une autre Commission tripartite ad hoc, chargée de lobbying auprès du Gouvernement pour la réduction des Impôts professionnels sur les revenus (IPR).
Par ailleurs, une commission technique tripartite ad hoc devrait être mise en place pour procéder au toilettage du document sur la liste des maladies professionnelles, pour étudier les mécanismes de fonctionnement du nouveau cadre permanent du dialogue social dont les conclusions seront soumises aux travaux du prochain CNT.

ENGAGEMENT DU GOUVERNEMENT
A cette même occasion, rappelle-t-on, le ministre d’Etat, Lambert Matuku, avait affirmé, dans son mot de clôture, que « le Gouvernement mettra tout en œuvre pour faciliter l’accès aux mesures d’accompagnement pour une applicabilité efficace et efficiente du SMIG ».
Il avait ajouté que les conclusions issues des travaux du CNT témoignent de l’intérêt que tous les Congolais portent sur l’amélioration des conditions de travail en général, et en particulier sur le pouvoir d’achat de la masse laborieuse.
Lambert Matuku s’était même engagé à mettre tous les moyens à la disposition de la Commission nationale tripartite, chargée du suivi et de l’application du SMIG, de manière à mener les enquêtes et les études pouvant concourir à son ajustement.
Rachidi MABANDU
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