Liens commerciaux

0

Le porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l’Abbé Donatien Nshole est revenu, dans une interview mardi 29 mai dernier, l’Agence de presse de l’Eglise catholique DIA sur les entretiens du président français avec ses homologues rwandais et angolais. Il a fait savoir, à cet effet, que l’unique voie pacifique de sortie de la crise est le respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Et de poursuivre : " Cet accord n’était pas conclu par la communauté internationale (Angola, France, etc.). C’est notre accord à nous congolais. Cet accord a été une solution à la crise électorale. Dommage qu’il souffre cet accord, de grandes entorses ". Pour la tenue de bonnes élections en RDC, le porte-parole de la CENCO a fait savoir qu’il y a notamment des mesures de décrispation dont il faut reconnaitre quelques avancées, mais il reste encore quelque chose de non moins important à savoir les cas emblématiques. Le porte-parole de la CENCO ajoute qu’il faudra que les élections soient inclusives, il y a la redynamisation du Csac, (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel du Congo), avant de reconnaitre : " Ce n’est pas une mince affaire ; la difficulté qu’a l’UDPS à remplacer son délégué à la CENI ; il y a l’unanimité qu’on doit absolument avoir autour de l’utilisation ou pas de la machine à voter, etc.". Ci-dessous l’intégralité de l’interview de l’Abbé Nshole. Emma Muntu Monsieur l’Abbé Donatien Nshole, comment la CENCO a-t-elle accueilli la déclaration du Président angolais faisant allusion au respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre ? ADN : La CENCO n’est pas surprise de la prise de position du Président Angolais. Car c’est quelque chose qui s’impose. L’unique voie pacifique de sortie de la crise est le respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Cet accord n’était pas conclu par la communauté internationale (Angola, France, etc.). C’est notre accord à nous congolais. Cet accord a été une solution à la crise électorale. Dommage que cet accord souffre de grandes entorses. Le Pouvoir serait prêt à accorder sa clémence à Moise Katumbi pour son retour au pays. Y a-t-il eu contact entre le Gouvernement et la CENCO pour l’application de l’accord à ce propos ? Le cas de Moïse Katumbi figure parmi les cas emblématiques contenus dans l’Accord. La CENCO reste le garant de l’interprétation de l’accord. Les choses sont tellement claires qu’on n’a pas besoin d’un autre dialogue. Il suffit tout simplement d’appliquer ce qui a été consigné. La CENCO tout en encourageant ce qui doit être encouragé, fait un effort pour rappeler ce qui reste encore à faire dans l’application de l’Accord sans être irréaliste. Et dans le réalisme, la CENCO revient sur les éléments de l’Accord qui peuvent être considérés comme des préalables nécessaires et indispensables pour l’organisation de bonnes élections. Le porte-parole du Gouvernement lors de son point de presse a mis en garde la communauté internationale, précisément les pays voisins. Si jamais on s’en tenait aux propos des présidents français, rwandais et angolais sur le Congo, ne pensez-vous pas que cela peut nous amener à une guerre pour déboulonner une seule personne ? Pourquoi recourir à la guerre ? L’Accord qui a été signé même par la Majorité est clair là-dessus. Bon, je ne connais pas le contenu des pourparlers entre les présidents français, angolais et rwandais autour du Congo ; peut-être que le ministre Lambert Mende dispose des informations que nous n’avons pas et qu’il réagit en fonction de ces informations-là. Donc, c’est difficile d’en juger. Mais ce qui a été rendu public dans son point de presse, c’est juste le soutien de l’accord qui n’est pas un accord de la communauté internationale, qui ne nous a pas été dicté mais notre accord à nous. Si, en plus de cela, il y aurait des choses qui pourraient fâcher le gouvernement, c’est son droit mais par rapport à ce qui a été exprimé à savoir : le soutien de l’accord, le respect de l’accord, là vraiment il n’y a pas atteinte à la souveraineté. Pouvez-vous nous rappeler les préalables, selon vous, pour la tenue de bonnes élections en RDC ? Comme je l’ai dit lors de la dernière conférence de presse, il y a notamment les mesures de décrispation dont il faut reconnaitre quelques avancées, mais il reste encore quelque chose de non moins important à savoir les cas emblématiques. Il faudra que les élections soient inclusives, il y a la redynamisation du Csac, (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel du Congo), ce n’est pas une mince affaire ; la difficulté qu’a l’UDPS à remplacer son délégué à la CENI ; il y a l’unanimité qu’on doit absolument avoir autour de l’utilisation ou pas de la machine à voter, etc. Quelles sont les garanties que vous avez, à quelques mois de la tenue des élections, que cet accord pourra être respecté ? Mais, nous ne pouvons pas donner de garanties à ce point. Le rôle des pasteurs, des prophètes c’est de prêcher à temps et à contre temps, rappeler ce qui doit être. La Cenco n’est pas une milice, ni une armée de fait. Mais la CENCO est consciente que si le peuple congolais se met debout pacifiquement pour obtenir ce qui n’est qu’un droit, on peut l’obtenir facilement. Des voix s’élèvent de plus en plus au sein de la Majorité présidentielle pour soutenir la possibilité au président actuel de se représenter aux élections pour un nouveau mandat. Que dit l’Accord de la saint-Sylvestre précisément à ce sujet ? L’Accord de la saint-Sylvestre demande que la Constitution soit respectée, c’est-à-dire que le Chef de l’Etat n’a droit qu’à deux mandats non renouvelables. L’article 220 dit clairement que même si on avait la possibilité de toucher à la constitution, on ne toucherait pas à ces articles verrouillés. Mais l’Accord dit que même pour les articles non verrouillés, les parties prenantes se sont convenues pour qu’on ne touche pas à la Constitution pendant ce temps préélectoral. Donc, il n’y a pas de mécanismes pour qu’il se représente encore juridiquement. Quel est le message que la CENCO peut adresser à la population congolaise en cette période ? Le message de la Cenco est celui lancé dernièrement par son secrétariat général : l’appel à la responsabilité des uns et des autres. La responsabilité par rapport à ceux qui sont au pouvoir, ceux qui doivent donner des garanties pour avoir de bonnes élections (la CENI, le Gouvernement), responsabilité aussi vis-à-vis de l’opposition pour qu’elle n’emprunte pas des voies justement qui rendraient caduc l’accord ; responsabilité aussi à la société qui doit se défendre et défendre coûte que coûte ses droits au cas où ils seraient ignorés, parce que l’idéal est qu’on organise les élections, et les bonnes élections, à la date prévue par le calendrier électoral. Au terme de l’audit du fichier électoral, l’Organisation Internationale de la Francophonie a relevé que ce fichier reste perfectible mais il y a 16, 1% d’électeurs sans empreintes. Quelle est la position de la CENCO, parce que l’opposition et une partie de la société civile exigent que ceux-ci soient élagués du fichier ? Notre Commission Justice et Paix qui est l’organe technique des Evêques, est en train d’y travailler. Mais, je dois dire que la contribution de la CENCO sera entre autres d’assurer un audit citoyen, c’est-à-dire, obtenir de la CENI la liste des électeurs tel que ça sera affiché dans des bureaux de vote. C’est à ce niveau-là que la CENCO via la Commission Justice et Paix pourrait amener une contribution.
LIENS COMMERCIAUX

Enregistrer un commentaire Disqus

[VIDEOS][carouselslide][animated][20]

[Musique][vertical][animated][30]

 
Top