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"La RDC notre pays va mal, très mal. Et les évènements récents ne sont pas de nature à rassurer notre peuple. L’environnement politique continue encore et toujours à être volontairement crispé", a déclaré Pierre Lumbi. Le vice-président de "Ensemble pour le Changement" l’a dit à l’entame de la conférence de presse qu’il a animée hier lundi 4 juin à Kinshasa. Lors de ce face à face avec les chevaliers de la plume et du micro, ce ténor de la plateforme katumbiste a planché sur des sujets d’actualité. Notamment l’éventuel troisième mandat du président Joseph Kabila, la machine à voter ou encore la décrispation politique. Au sujet de la décrispation politique, le numéro 2 de la plateforme électorale chère à M. Katumbi, regrette qu’à ce jour, malgré les recommandations de l’Accord du 31 décembre, aucune mesure de décrispation politique sérieuse, n’a été véritablement d’application. ’"A moins de deux mois de l’ouverture des bureaux de réception et traitement des candidatures pour l’inscription des candidatures présidentielles et législatives nationales, aucun opposant politique emblématique n’a été libéré, aucun exilé politique n’a pu retourner au pays, le contentieux du dédoublement des partis politiques n’a pas été vidé…". Pierre Lumbi a dénoncé l’acharnement dont est victime Moïse Katumbi, président de "Ensemble"et candidat déclaré à la présidentielle de décembre 2018. "Nous exigeons que ces poursuites fantaisistes contre Moïse Katumbi soient purement et simplement abandonnées, qu’on le laisse rentrer librement au pays pour qu’il puisse être le candidat de "Ensemble pour le Changement à l’élection du 23 décembre 2018." Seul, l’avenir des Congolaises et Congolais le préoccupe", a fait savoir ce poids lourd du méga-regroupement pro katumbi. S’agissant de l’éventuel 3ème mandat du Chef de l’État, Pierre Lumbi fait appel au bon sens du Raïs. "Nous lançons un appel solennel à la conscience et à la responsabilité personnelle du Président de la République, qui par action ou par omission, se trouve être au centre de la crise actuelle. Nous attirons sa particulière attention sur sa responsabilité première dans la situation que traverse notre pays. Il ne gagne rien en gardant le silence face à la crise qui s’accentue chaque jour davantage", a déclaré Pierre Lumbi. Abordant la question de la machine à voter, ce bras droit de Moise Katumbi a fait savoir que cette technologie n’a d’ailleurs plus de raison d’être d’autant plus que le principe du seuil et du paiement de la caution lors du dépôt des candidatures retenu dans la loi électorale, a résolu le problème de bulletins kilométriques et volumineux par le regroupement des partis politiques tout en impactant positivement sur le budget des élections. Revenant sur le calendrier électoral, la plate forme qui soutient la candidature de Moise Katumbi à la présidence du pays, invite "les amis" de la Majorité au pouvoir à la lucidité, à la retenue, à la sagesse et au bon sens. Car, a-t-il signifié, les problèmes de la RDC ne vont pas se résoudre par la violence ni par la haine. Ils ne se résoudront pas, non plus, par l’exclusion de certains de ses enfants à participer aux prochaines élections sur base des prétextes fallacieux fabriqués dans des officines politiques obscures... Lumbi estime que le 23 décembre est une date ultime pour tous et ne doit plus être dépassée quelles qu’en soient les circonstances. Lire, ci-dessous, l’intégralité de la communication du vice-président de "Ensemble pour le changement". D. KEBONGO et Mathy MUSAU Conférence de presse du Vice-Président de " ENSEMBLE pour le changement " du 04 juin 2018 Mesdames et Messieurs les journalistes, La RDC, notre pays, va mal, très mal. Et les évènements récents ne sont pas de nature à rassurer notre peuple. L’environnement politique continue encore et toujours à être volontairement crispé. Ni le Président de la République, ni le Gouvernement, ni aucune institution de l’Etat n’ont daigné relever les erreurs graves et volontaires enregistrées sur le fichier électoral, le Président et le Gouvernement continuent à fermer les yeux sur l’entêtement qu’affiche la CENI à imposer la machine à voter, les harcèlements de l’opposition pour l’empêcher de tenir des Meetings dans les espaces publiques ou privées s’accentuent. Ajouter à cela les nombreuses déclarations sur l’éventualité d’une troisième candidature du Président Kabila, et nous comprendrons que nous cheminons sûrement vers un désordre absolu très probablement planifié par la Majorité. " ENSEMBLE pour le changement " est très préoccupé par cette situation et vient vous donner ici sa position : 1. Concernant la décrispation politique A ce jour, malgré les recommandations de l’Accord de la Saint Sylvestre, aucune mesure de décrispation politique sérieuse n’a été véritablement d’application. En effet, à moins de deux mois de l’ouverture des Bureaux de réception et traitement des candidatures pour l’inscription des candidatures présidentielles et des députés nationaux, aucun opposant politique emblématique n’a été libéré ; aucun exilé politique n’a pu retourner au pays ; le contentieux du dédoublement des partis politiques n’a pas été vidé ; les espaces démocratiques et médiatiques n’ont pas été libéralisés ; les poursuites judiciaires contre les opposants n’ont pas été abandonnés ; les mesures d’interdiction des manifestations pacifiques n’ont pas été levées ; la liste des partis politiques autorisés à participer au processus électoral a été publiée avec des irrégularités intentionnelles graves. En plus de cela, nous assistons à un harcèlement politique, judiciaire, policier et violent des membres de l’opposition, en particulier ceux de notre plate-forme " ENSEMBLE pour le changement ", et même du Clergé. A titre d’exemple, nous citons : 1. Dans la nuit du 31 mai au 1er juin, des militaires ont attaqué le siège du PND à Lubumbashi. Après avoir tiré à balles réelles, paniquant le quartier, les assaillants ont concentré le feu sur le mur qui portait l’effigie du Président KATUMBI où ils ont mis le feu, se faisant auteurs d’une attaque armée, d’une tentative de meurtre des occupants des lieux et d’une destruction méchante ; 2. Dans la nuit du 02 au 03 mai 2018, aux environs de KYAVINYONGE en territoire de BENI, les grands parents de l’Honorable NZANGI MUHINDO BUTUNDO ont été massacrés par un groupe de personnes habillées en tenues FARDC ; 3. Le 09 mai 2018 à Kisangani, l’Honorable Dieudonné BOLENGETENGE, Coordonnateur Régional de " ENSEMBLE pour la Tshopo et le Bas Uélé " a été l’objet de menaces et de provocations des forces qui ont tenté d’empêcher l’installation de nos structures de base ; 4. Le 20 mai 2018 à BUKAVU, l’honorable Jean-Claude KIBALA, coordonnateur Régional de " Ensemble pour le Sud Kivu ", a échappé de justesse à une tentative d’enlèvement par des militaires qui se sont ensuite réfugiés dans l’enceinte de l’Etat-Major des FARDC ; 5. Le 24 mai 2018, à Bunia, certains responsables de " ENSEMBLE ", parmi lesquels l’honorable Norbert EZADRI, ont été séquestrés quand ils ont voulu procéder à l’installation locale de la plateforme ; 6. Le samedi 02 juin 2018, le Centre Interdiocésain de Kinshasa a fait l’objet d’une violation de domicile manifeste, avec menace de mort, de la part du Bourgmestre de la Commune de la Gombe qui a fait arracher deux banderoles sur lesquelles étaient rappelés deux des principes fondamentaux de l’Accord de la Saint Sylvestre à savoir : " pas de 3è mandat présidentiel. " et " pas de révision constitutionnelle ". Pendant ce temps, la MP bat campagne, en toute violation de la loi, pour le candidat KABILA à travers la tournée du PPRD et les grandes artères des villes du pays sont parsemées de matériel de propagande allant dans ce sens. Nous exigeons qu’une enquête sérieuse contre ces exactions soient menée et que les coupables soient traduits en justice. Comble de ces harcèlements, l’acharnement s’accroit sur Moïse KATUMBI. Procès après procès, le pouvoir ne cesse d’inventer grossièrement des affaires à sa charge afin d’obtenir sa condamnation et ainsi son élimination de la course à la présidentielle. De l’affaire farfelue de recrutement des mercenaires aux accusations graves et ridicules de préparation d’une rébellion à partir du territoire d’Aru en Ituri, en passant par celles de prétendues escroquerie immobilière et de détention d’une nationalité étrangère, le pouvoir en place a opté pour la diabolisation de Moïse KATUMBI, allant jusqu’à l’accuser ou le soupçonner des faits sans aucun fondement. Il est victime de l’arbitraire et du harcèlement judiciaire par le pouvoir. Celui-ci continue à s’acharner sur Moïse en dépit de son innocence prouvée par la commission de décrispation politique de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO). Nous exigeons que ces poursuites fantaisistes contre Moïse KATUMBi soient purement et simplement abandonnées, qu’on le laisse rentrer librement au pays pour qu’il puisse être le Candidat de " ENSEMBLE pour le changement " à l’élection du 23 décembre 2018. Seul l’avenir des congolaises et des congolais le préoccupe. Ce climat de terreur et de violence croissante constitue une lourde menace non seulement pour l’organisation des élections libres, crédibles, transparentes et apaisées, mais aussi pour la paix dans notre pays et dans la Région. Nous exigeons que tous les prisonniers politiques soient libérés et que cessent le harcèlement des forces politiques de l’opposition. 2. Concernant l’audit du fichier électoral Nous ne reviendrons pas sur toutes les erreurs graves qui ont été relevées par la mission d’audit conduite par l’O.I.F d’autant plus que les forces politiques de l’opposition les avaient déjà dénoncées bien avant. Pour cela, nous exigeons que ces erreurs soient corrigées, que les responsabilités soient dégagées et les coupables volontaires ou non, soient sanctionnés. Raison pour laquelle, nous en appelons à la responsabilité du Président KABILA, de considérer qu’il est de son devoir, en tant que garant du bon fonctionnement des institutions d’interpeller la CENI pour incompétence et négligence graves. Nous l’interpellons également sur la responsabilité du Gouvernement et de la CENI dans les troubles qui peuvent subvenir suite aux erreurs planifiées, volontaires et bien organisées pendant l’enrôlement pour corrompre le fichier électoral. 3. Concernant la machine à voter L’entêtement à vouloir imposer la " machine à voter " qui n’est rien d’autre qu’un " vote électronique, une technologie décriée par tous les partenaires y compris son pays de fabrication, la République de Corée du Sud, cache à peine les mauvaises intentions du pouvoir en place, pour qui, le détournement des votes deviendrait désormais aisé. Cette technologie n’a d’ailleurs plus de raison d’être d’autant plus que le principe du seuil et du paiement de la caution lors du dépôt des candidatures retenu dans la loi électorale, a résolu le problème de bulletins kilométriques et volumineux par le regroupement des partis politiques tout en impactant positivement sur le budget des élections. 4. Concernant l’éventuel 3ème mandat du Président Kabila Toutes les rumeurs et déclarations sur l’éventuelle candidature du Président Kabila aux prochaines élections ne font qu’aggraver un environnement politique déjà insoutenable. Le président de la République ne peut pas continuer à feindre d’ignorer une situation qui ne fait que se détériorer chaque jour d’avantage. Il est de son devoir, en tant que garant de l’ordre public, d’y mettre un terme en déclarant solennellement, comme plusieurs organisations nationales et internationales n’ont cessé de lui demander, qu’il ne se représentera pas pour une 3ème fois. Ainsi, nous lançons un appel solennel à la conscience et à la responsabilité personnelle du Président de la République, qui, par action ou par omission, se trouve être au centre de la crise actuelle. Nous attirons sa particulière attention sur sa responsabilité première dans la situation que traverse notre pays. Il ne gagne rien en gardant le silence face à la crise qui s’accentue chaque jour davantage. 5. Concernant la Cour Constitutionnelle Cette Cour est prévue par la Constitution comme l’organe compétent pour la gestion du contentieux des candidatures et du résultat de vote pour les élections présidentielle et législatives nationales. A cet effet, elle peut, en dernier ressort, invalider des candidatures et rectifier les résultats de vote. Malheureusement, en référence à certaines décisions iniques intervenues dans le cadre du processus électoral, cette haute Cour a administré la preuve de son instrumentalisation par le régime Kabila, comme le témoignent ses arrêts autorisant respectivement la nomination des Gouverneurs de province (Commissaires Spéciaux) (septembre 2015) et la prorogation de fait du mandat du Président de la République (octobre 2016), rendus en violation flagrante de la Constitution, de sa loi organique et son règlement intérieur. 6. Concernant la crise sociale (Etudiants, Enseignants, fonctionnaires, chauffeurs, médecins) La banalisation de la détresse du Peuple congolais, l’irresponsabilité, l’inconscience et le cynisme criminels des autorités congolaises qui, pour des raisons fallacieuses, ont même refusé de participer à la Conférence des donateurs humanitaires à Genève, nous interpelle tous. La situation sociale se détériore au jour le jour notamment avec le blocage du SMIG, des grèves à répétition des médecins, des chauffeurs de taxis et de taxis-bus, des anomalies dans la paie des fonctionnaires, des frais exorbitants imposés par le ministère de l’éducation et les provinces pour la participation aux examens d’état et au TENAFEP, qui violent le principe de la gratuité de l’enseignement primaire. Cette situation sociale plonge une majeure partie de la population dans la précarité la plus abjecte. 7. Concernant le calendrier électoral Pour notre plate-forme " Ensemble pour le Changement " cette situation exige que l’on aille le plus rapidement possible aux élections afin de doter le pays des institutions légitimes stables pour que le peuple congolais se mette enfin au travail afin de produire les richesses et combattre la pauvreté. C’est ainsi que nous invitons nos amis de la Majorité à la lucidité, à la retenue, à la sagesse et au bon sens car les problèmes de ce pays ne vont pas se résoudre par la violence ni par la haine. Ils ne se résoudront pas, non plus, par l’exclusion de certains de ces enfants a participé aux prochaines élections sur base des prétextes fallacieux fabriqués dans des officines politiques obscures. Nonobstant tout ce qui a été planifié par la Majorité au pouvoir pour biaiser le processus électoral, le peuple congolais ne tolérera plus aucun report ; le 23 décembre 2018 prévue pour des élections combinées (présidentielle, législatives et provinciales) est une date ultime pour tous et ne doit plus être dépassée quelles qu’en soient les circonstances. Je vous remercie.
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