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La Cour Suprême de Justice n’a pas examiné le « dossier des mercenaires » à charge de Moïse Katumbi ce mercredi 27 juin. En cause, plusieurs irrégularités dans la manière dont la cour a été convoquée par le Procureur général de la République.

« Des manquements énormes qui démontrent que le PGR ne connaît pas les règles de droit élémentaires« , explique un ancien juge congolais. « Il pensait qu »il suffisait de siffler pour que la CSJ se plie à ses envies. Ces juges ne peuvent pas jouer dans ce jeu. Ce sont des professionnels. Vu les manquements, il leur était facile de reporter l’examen du dossier au mois d’octobre. »

« Pas de quoi triompher, explique un proche de l’ancien gouverneur du Katanga. Mais cela démontre que les juges n’ont pas voulu jouer le jeu que voulait leur faire jouer le PGR et la Kabilie », poursuit-il.

La balle reste dans le camp politique

La cour n’a pas examiné le dossier. Elle n’a pas dit qu’elle n’était pas compétente. Rien sur le fond du dossier. Elle a juste constaté – et il fallait une bonne dose de courage pour le faire – que le droit n’était pas respecté dans la manière dont le dossier leur était renvoyé. En repoussant l’examen du dossier au mois d’octobre, la Cour Suprême de Justice laisse la balle dans le camp des politiques. S’ils espéraient que la justice allait mettre Katumbi hors-jeu pour la présidentielle, c’est raté.

Reste l’autre dossier, celui de la spoliation d’un immeuble pour lequel Katumbi a été condamné à trois ans de prison. Un dossier que les évêques de la Cenco avaient qualifié aussi de « mascarade ». Personne n’a oublié que le frère aîné de Moïse Katumbi avait reconnu qu’il était, lui, le propritéaire de ce bien et que Moïse n’avait guère plus de 12 ans au moment de la vente de cet immeuble. Toujours dans ce dossier, pour lequel les avocats de Katumbi ont interjeté appel, on se souviendra encore des déclarations de la juge Ramazani sur les pressions exercées par le pouvoir pour qu’elle condamne le prévenu. Bref, même si le ministre de la Justice promet que Katumbi ira directement en prison suite à cette condamnation s’il rentre au pays, le dossier est particulièrement faible. Une faiblesse qui avait d’ailleurs justifié la relance rapide du dossier des mercenaires. Une rapidité qui cloue aujourd’hui cette poursuite au pilori.

Evidemment, reste encore le dossier de la nationalité. « Un dossier qui embarrase toute la classe politique, tant les élus qui disposent d’une autre nationalité que la congolaise sont nombreux », explique un élu de l’opposition qu ijure ses grands dieux qu’il est Congolais et « rien que Congolais ».

Pourtant, s’il peut déposer sa candidature, il y a fort à parier que certains pourraient se tourner vers la Cour Constitutionnelle pour examiner cette candidature. Or, cette cour a été largement reliftée et est aujourd’hui majoritairement kabiliste.


Katumbi n’est donc pas encore sorti d’affaire mais la Cour Suprême de Justice a joué un vilain tour à la majorité présidentielle.

afrique.lalibre.be
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