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* Comme le prévoit la législation en vigueur en RDC, les "invalidés" sont fondés à interjeter appel devant la Cour constitutionnelle.

La CENI a publié le vendredi 24 août 2018 la liste provisoire des candidats retenus pour l’élection présidentielle du 23 décembre 2018. Si la plupart des dossiers ont pu passer la rampe, six candidats ont été recalés. Celui sur lequel vous, militants ou sympathisants, avez fondé vos espoirs, ne figure peut être pas sur la liste des heureux nominés. Il peut s’agir d’un candidat jugé modeste ; comme il peut être question d’un challenger issu d’un grand parti politique de notre pays, à l’instar de Jean-Pierre Bemba, Antoine Gizenga ou encore Adolphe Muzito. Que la décision de la CENI vous ait apporté satisfaction ou pas, étant donné que c’est la loi de notre pays qui a confié cette tâche à cette institution d’appui à la démocratie, nous devons tous, nous y soumettre.

Rappelons d’abord que la CENI, comme le lui impose la loi, ne peut pas agir subjectivement ou prendre en compte les considérations politiques. La CENI se limite à contrôler la régularité des documents présentés par les candidats et leur conformité aux dispositions de la loi électorale.
Il va sans dire que certains candidats malheureux, mais convaincus qu’ils pouvaient jouer un rôle important dans l’avenir de notre pays, se sentiront déçus par cet échec à leur point de vue prématuré. Ils vont, dans cet état d’esprit, inciter certains de nos compatriotes, notamment parmi les jeunes, à contester la décision de l’Institution précitée. Au moment où nous écrivons ce texte, les réseaux sociaux sont déjà emplis de messages vindicatifs et même de menaces d’embrasement de certaines parties du pays.
Certains dirigeants et candidats des partis politiques, ont même proféré des menaces directes contre la personne de Corneille Nangaa, Président de la CENI. Ces politiciens prennent par leurs dires, un virage extrêmement dangereux pour la suite du processus électoral et même pour la paix.
La loi congolaise n’interdit pas de contester une décision de la CENI. Mais cette contestation doit demeurer pacifique et suivre les procédures prévues par la loi elle-même.
Voilà une occasion de plus pour rappeler que nous, Congolais, tentons d’édifier un État de droit depuis longtemps. Maintenant que les circonstances nous donnent la bonne occasion de démontrer que nous sommes réellement capables d’accepter les exigences de la démocratie et de l’État de droit que nous chantons tant, sachons nous montrer en être à la hauteur.
Pour peu qu’on y réfléchisse, chacun peut comprendre les raisons de la non sélection de son candidat préféré. Il ne suffit pas de vouloir être candidat pour l’être automatiquement. Loin s’en faut, il y a des conditions à remplir qu’il faut respecter. Que l’on ne s’y méprenne pas. Ne prenez pas la rigueur de la loi pour une injustice ou pour une punition infligée avec partialité. Au contraire, la loi, dans son caractère impersonnel et général, est faite pour protéger les institutions ainsi que pour garantir à chacun de nous sa liberté et, à tous, la paix, dans une société harmonisée.
On ne doit pas tenir une loi pour acceptable que lorsqu’elle nous est favorable ou qu’elle nous arrange. Au contraire, c’est en respectant les règles établies que nous pourrions réellement avancer et consolider l’État de droit. D’aucuns, et non des moindres, l’ont compris depuis longtemps. D’autres, en revanche, s’obstinent à le rabâcher et à l’expliquer en faisant du sur-place depuis des décennies. Le Président de la République, le premier d’entre nous, a donné le bon exemple en se soumettant à l’article 70 de la Constitution qui limite à deux, le mandat présidentiel. Ceci doit servir de modèle à chacun. N’est-ce pas là une chance pour notre pays et pour d’autres pays africains de devenir le modèle et la référence en matière de démocratie et de respect de la loi ? À condition que les candidats Présidents,eux aussi, intègrent dans leur chef ce schéma de gouvernance qui devrait valoir à la personne de Joseph Kabila Kabange une reconnaissance incontestable. À la Communauté Internationale de bien vouloir en prendre acte.
Jean-Pierre Bemba n’a pas été retenu comme candidat. Sous le coup de l’émotion, certains de ses partisans menacent de mettre le pays à feu et à sang, sans tenir compte de la donne que constitue le verdict de la Cour Pénale Internationale (CPI).
En réaction à ces menaces irresponsables, les citoyens congolais ont répondu par le calme sur l’ensemble du pays, faisant ainsi montre d’une prise de conscience et d’un sens de responsabilité élevé. Par contre, c’est dans les officines de Bruxelles que l’émotion a failli provoquer un séisme et faire sauter les plafonds, tant la colère y a été majuscule. Nous sommes informés que c’est, une fois de plus, dans la Capitale belge que se concoctent, dès à présent, les stratégies de la riposte. Selon quelle légitimité des Belges riposteraient-ils à propos d’une question purement congolaise ? Selon quelle légalité les Belges organiseraient-ils une insurrection en RDC ? Où est donc passé le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? Par ses agissements,Bruxelles montre que " l’esprit de Genval ", prônant la néocolonisation de la République Démocratique du Congo, demeure encore au centre de sa politique à l’égard de notre pays.
Pour en revenir au cas en lui-même de Jean-Pierre Bemba, qu’est-ce qui pourrait objectivement expliquer que soit retenue, comme candidat, une personne condamnée pour subornation des témoins dans un jugement qui lui fait clairement grief d’avoir délibérément choisi de corrompre ceux qui étaient appelés à témoigner contre elle ? Tolérer la corruption à ce niveau de responsabilité conduirait, sans conteste, à la ruine morale de notre pays. Il s’ensuit que la CENI avait le devoir, en respectant la loi électorale ainsi que ses mesures d’application, de rejeter tout candidat condamné pour corruption.
Maintenant, comme le prévoit la loi, les dirigeants du MLC sont fondés à interjeter appel contre cette décision devant la Cour Constitutionnelle. C’est le seul lieu où ils peuvent porter et mener leur combat. Toute autre action relèverait de la témérité et conduirait à de la subversion. Ce que ne pourrait tolérer aucun citoyen qui aime son pays.
À bon entendeur … KM/Analyste politique
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