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*La Société civile décrète 5 jours de deuil et exige la présence des ministres de l’Intérieur, de la Défense nationale et du chef d’Etat-major général pour évaluer la pertinence de l’Opération Sukola-1.

La ville de Beni, à 340 Km de Goma, dans le septentrion du Nord-Kivu, a connu une journée de colère hier à la suite du massacre samedi dernier de 18 personnes, dont 14 civils et 4 militaires ainsi que plusieurs blessés par les islamistes ougandais des ADF. Tout était fermé. Il n’y avait aucune activité. Une véritable ville morte. Mais dans les rues, on a vu des manifestants prêts à tout qui criaient leur ras-le bol contre cette énième tuerie sauvage des ADF.

Même les tirs de grenade lacrymogène de la Police nationale ne sont pas parvenus à stabiliser la situation qui était à la révolte. On n’a encore jamais vu auparavant ces habitants de Beni-ville aussi surchauffés et aussi, fous de rage, et surtoutprêts à en découdre. C’est la photographie de cette ville hier, généralement commerçante et paisible.

INDIGNATION
L’expression qu’on entendait sur toutes les lèvres était que « trop c’est trop ». Pour dire qu’il s’agissait d’un massacre de trop des islamistes ougandais des ADF, qui a révolté toute la population. Sans exception. D’autant que cette fois-ci, même du côté de l’armée il y a aussi des deuils : quatre soldats tombés sur le champ d’honneur.
On peut rappeler que les ADF avaient, en leur temps, tendu une embuscade meurtrière, loin de là, sur la route Beni-Kamango, à un convoi motorisé lourdement armé de la Brigade d’intervention de la Monusco, composée de commandos tanzaniens qui avaient perdu 15 hommes et plusieurs soldats grièvement blessés. Ce qui appelle à la requalification totale de la doctrine de combat contre les islamistes ougandais des ADF, en la revisitant de manière radicale.

DES POSTES DE COMMANDEMENT A BENI !
On apprend sur place que les ADF viennent d’installer leur PC « Poste de commandement » dans le petit bois avoisinant Beni-Ville. Ce qui laisse penser qu’il y aurait d’autres raids comme ceux d’avant-hier dans la ville, tant qu’on n’aura pas démantelé ce PC des islamistes ougandais des ADF.
Hier toujours, la coordination de la Société civile de Beni-ville, dirigée par Kizito Bin Hangi, le Président intérimaire, s’est réunie et a pris un train des mesures au nom de la population.
La Société civile décrète cinq jours de deuil qui seront des journées-ville morte jusqu’à vendredi 28 septembre prochain. Elle s’interroge pour savoir comment se fait-il que les ADF aient réussi leur attaque de samedi dernier, alors que la ville de Beni est entourée de plusieurs positions des troupes régulières et qu’il ya aussi le commandement de l’Opération « SUKOLA-1 ».

CRI D’ALARME
La Société civile de Beni n’en voit pas d’utilité. Raison pour laquelle, elle exige la présence du ministre de l’Intérieur, de celui de la Défense nationale ainsi que du chef d’Etat major général des FARDC pour faire l’évaluation sur la pertinence de cette Opération « SUKOLA-1 ».
Dans le cas contraire, fait savoir la coordination de la Société civile de Beni-ville, la population se prendra en charge.
C’est vers la fin des années 80 que le Maréchal Mobutu Sese Seko, Président de l’ancien Zaïre crée la coalition des combattants ougandais ADF/NALU d’essence islamiste, proches de son ancien ami, le Maréchal Idi Amin Dada, le Président de l’Ouganda (1970-1979). Mobutu installe les ADF/NALU dans la région du Ruwenzori, à Mutwanga, au bas du massif Ruwenzori, 7.600 mètre, à 45 Km de Beni-ville et à un jet de pierre de la frontière ougandaise. Leur mission est d’aller chasser du pouvoir le rebelle Kaguta Museveni qui venait de s’installer à Kampala (1986).

DES MILICES EN TRAFIQUANTS
On ne saura jamais pourquoi les ADF/NALU que Mobutu avait armée, conséquence n’ont jamais traversé la frontière ougandaise pour inquiéter le pouvoir naissant de Kaguta Museveni. C’est ainsi que depuis, ils ont construit leur vie dans cette région du massif Ruwenzori, 7.600 mètres, avec ses escarpements inhospitaliers, en se livrant à l’exploitation de l’or ainsi que d’autres substances minérales précieuses que regorgent cette région de Mutwanga où ils avaient érigé plusieurs campementsmilitaires, à 45 Km de Beni-ville.

ARRETER LA SERIE NOIRE
C’est donc depuis 30 ans que les ADF opèrent dans cette région. Ils connaissent donc comme leur poche, toute la forêt équatoriale environnante avec ses coins et recoins inaccessibles. Pour les éradiquer, c’est justement là qu’il faut aller les chercher. Car, c’est là ou ils continuent à dissimiler leur QG opérationnel. C’est celui-ci qui continue à planifier les opérations tactiques menées jusqu’à samedi dernier.
C’est de là que les islamistes ADF ont installé le fameux triangle de la mort entre Beni-Kamango-Mbau. Tout celui qui s’y risque peut, à juste titre, être considéré comme un mort en sursis. C’est toujours de ce QG opérationnel en foret équatoriale que les ADF ont planifié et réussi aisément, fin 2017, un assaut des plus spectaculaires sur la plus grande base militaire de la Monusco sur la route Kamango-Eringeti, en détruisant un tank de l’ONU, un hélico d’assaut de la Brigade d’intervention et en tuant 5 commandos tanzaniens.
Là, ce ne sont ni les civils ni les soldats congolais, mais bel et bien l’armée de l’Onu qui est défiée : l’Onu, avec toute sa puissance opérationnelle de feu. Le constat amer à ce jour est que cette série noire se poursuit irréversiblement. Or, c’est ce qu’il faut à tout prix stopper. KANDOLO M.
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