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Par Hubert Kabasu Babu Katulondi (Libre-penseur et Ecrivain, Directeur et co-fondateur USALGA/CRIDD)

L’altruiste et active Première Dame de la RD Congo, Olive Lembe Kabila, a été la source d’un authentique et éclatant miracle dans la ville de Bukavu du 17 au 19 Septembre 2018. Elle a apporté sa généreuse et substantielle aide aux nombreuses familles en dramatique détresse et qui étaient abandonnées à leur triste sort. Leurs enfants souffraient de malformations encéphaliques défigurantes et les parents ne savaient à quel saint se vouer pour l’onéreux traitement médical.

Le cas de l’enfant Ishara (6 mois) de Bukavu porteuse d’une colossale excroissance "meningo encephalocele " était à la fois spectaculaire et touchant aux larmes.
Sur les réseaux sociaux, les prières, les félicitations et encouragements ont fusé de partout (même de ceux qui sont généralement acrimonieux), en faveur de Maman Olive, de la courageuse fillette et de nos excellents médecins, conduits par le brillant neurochirurgien Dr Jeff Ntalaja. Dans l’ensemble, 77 enfants souffrant d’hydrocéphalie ont été impeccablement opérés à Bukavu. En plus de cela, la Première Dame a visité les hôpitaux des militaires et des policiers de la ville. Ils ont bénéficié des dons en médicaments et vivres.
La fillette Ishara dont le cas spectaculaire a inspiré cette réflexion était née avec une enflure crânienne derrière la tête. L’excroissance a fini par atteindre la taille de trois ballons de football - plus large que le corps de l’enfant ! On a des fissures du cœur en essayant d’imaginer cette fillette portant cette grossière intumescence derrière la tête. Et, plus grave encore, la monstruosité défigurait l’enfant Ishara. En effet, la bouffissure pendait derrière la tête de la fille entrainant son visage dans un surélèvent facial déformant. Cet étirement par la force hypertrophique du bombement, causait un rétrécissement de la partie supérieure du joli visage de l’enfant. Néanmoins, en filigrane, la fillette a gardé quelques traits de sa beauté. On peut s’imaginer le cauchemar de cette famille. Dans ce genre de situation, dans notre société congolaise, la superstition et le christianisme mystificateur inspirent les thèses les plus fantasmagoriques quant à l’origine d’une telle malformation. Pire, même dans la famille élargie, sans parler des voisins, les gens prennent leur distance. L’enfant et surtout ses parents deviennent presque des intouchables. Et dans le contexte socioéconomique difficile, la famille souffre à la fois d’une marginalisation sociale et de l’incapacité de faire opérer l’enfant. Cet aspect bio-sociologique est souvent ignoré. Il donne tout l’éclat à l’œuvre de Maman Olive.
Dans une situation si dramatique, si insolite, Maman Olive Lembe Kabila parcourt plus de 1.515 kms pour sortir cette fillette de six mois, sa famille, voire la communauté immédiate des parents, de ce cauchemar. Chaque fois que je regarde les activités de cette compatriote à la télévision, je suis toujours touché par sa sincère générosité, sa simplicité et sa compassion.
Mais, cette fois-ci le cas était intensément émouvant. Je dégustais un café dégageant un arome au chatoiement olfactif, dans le somptueux cadre du salon de la réception de l’Hôtel Pullman, à Kinshasa Gombe, le Mardi 18 Septembre, quand j’ai vu le posting de ce prodige de Maman Olive sur facebook. Les images étaient tellement poignantes. L’Esprit du libre-penseur et écrivain en moi y a trouvé, en relation avec ce que la Première Dame a déjà réalisé, une profondeur inspiratrice d’une réflexion dans le prisme bio-sociologique.
Nous devons être une société pensante, capable de capter ses événements avec une certaine intellectualité cogitative, afin d’y décrypter le sens le plus profond. La finalité est d’y dégager les significations, les projections et les possibilités du progrès collectif. Là est toute la rationalité de cet article (la finalité de la pensée transcendantale).
Mon argument est que notre compatriote Maman Olive Lembe Kabila et ses immenses œuvres de compassion distinctive, qui non seulement réparent les enfants, mais restaurent les familles et contribuent à l’équilibre de la société, méritent une reconnaissance de la Res Publica.

1. UNE COMPASSION REPUBLICAINE : LA SENSIBILITE A L’ALTERATION BIOLOGIQUE ET SOCIETALE

A Bukavu, comme à Kindu, Kinshasa, Lubumbashi, Olive Lembe a aidé dans d’innombrables cas de graves malformations biologiques ayant frappé des enfants innocents. Comme relevé dans l’introduction, la malformation dont souffrait la fillette Ishara de Bukavu (et les 76 autres), avait physiquement altéré son esthétique humaine. Sa famille était plongée dans un cauchemar existentiel. Indubitablement, leurs interactions communautaires étaient ébranlées. Par la puissance de l’analogon de Sartre, l’Esprit peut extrapoler en images le drame de la perception ou des interprétations sur l’altération de l’image humaine de cette jeune fille dans la société.
Dans l’optique Foucaldienne, on pourrait même y saisir le rejet, la marginalisation silencieuse, par cet instinct qu’à la société de voir dans toute altération maladive un viol du canon de la symétrie biologique humaine.
Nous avons en nous encastré la norme du beau, du normal, de l’attractif dans tous nos rapports avec notre univers. A telle enseigne que toute maladie qui déforme le physique, même le mental, nous pousse au rejet du sujet de ladite déformation.
La société y voit un insupportable écart à la normalité humaine. Cet instinct de rejet s’inscrit dans le phénomène de la marginalisation des malades par une modalité sociétale du biopouvoir impose par la collectivité, comme l’a élucidé Foucauld. Seuls les Esprit élevés, opérant avec la sensibilité à l’altération existentielle des autres par la compassion humaniste, peuvent tendre la main à ces laissés pour compte.
Les désocialisés, les abandonnés. Dans cette optique, Foucault se fit le vaillant activiste intellectuel des "sidatiques" au moment où ils étaient intensément marginalisés. Cette compassion humaniste traduit et rappelle à tous la responsabilité de prendre soin de cette humanité souvent victime des aléas de la nature. Ainsi, assister ces victimes exige non seulement les moyens, mais surtout une élévation spirituelle, une force mentale, pour réparer une image humaine dégradée par la maladie.

2. OLIVE LEMBE KABILA AUTHENTIQUE ET DISTINCTE DANS DES ŒUVRESMEDICO-SOCIALES PLUS COMPLEXES

Il convient d’indiquer qu’Olive Lembe Kabila n’est pas la seule personne à réaliser des œuvres de compassion en RD Congo. Cependant, dans son cas, la diversité, l’étendue, surtout la force morale et psychologique de ses actions tant pour réparer les enfants déformés, soutenir les mamans dans l’agriculture, assister les hôpitaux, venir en aide aux victimes des catastrophes naturelles et des accidents, subvenir aux besoins des orphelins, et s’assurer des conditions sociales des employés de ses activités productives, sont d’une ampleur et d’une profondeur humaine et sociale distincte. Dans une large mesure, elle est même inégalée parmi beaucoup d’épouses des présidents Africains. Au Nigeria l’Epouse du Président fut invitée à une conférence où les collaborateurs médico-sociaux de Maman Olive effectuaient une présentation de ses œuvres.
La Première Dame Nigériane fut fort impressionnée et inspirée. Et plus distinctif encore, les actions de Maman Olive interviennent dans les domaines médicaux d’une extrême complexité : la neurochirurgie et la chirurgie cardiaque des enfants à cœur ouvert.
Elle opère véritablement à la hauteur et dans la fonctionnalité d’une First Lady à l’Américaine. Pourtant dans le cas américain, il s’agit d’une fonction étatique dotée d’un budget. Mais, Olive Lembe s’autofinance et partage.
Olive Lemba Kabila a affirmé que depuis son bas âge elle admirait Maman Mobutu. Elle est même allée secourir le Centre Maman Mobutu en 2006 avec des machines à coudre. Cependant, le cas Olive Lembe Kabila est très particulier parce qu’au-delà de l’aide matérielle, elle y démontre la force spirituelle et mentale d’immersion sociale : elle se transpose dans le vécu des familles qu’elle assiste. Certaines personnes aident, mais mécaniquement et avec distance. Maman Olive opère dans un élan naturel de partage avec la communauté dans l’humilité du rapprochement des victimes des malformations ou des maladies désocialisantes.
A plusieurs reprises, on l’a vue sur terrain portant sur sa tête un panier de produits agricoles, portant les enfants malades sur son dos sous le soleil avec un pagne parfaitement noué. On l’a vue assise à coté des malades, sanglotant avec des larmes ruisselant sur ses joues. Esprit libéré, Olive Lembe Kabila a même porté des enfants macrocéphales qui dans l’imagerie congolaise sont des "Kisimbi" intouchables (au risque de subir le courroux des génies maléfiques qui les auraient châtiés !)Bien plus, elle n’est pas seulement prompte à aider de manière ponctuelle, mais elle contribue aussi au renforcement des capacités des structures sociales (écoles, orphelinats, hôpitaux, production agricole). Les exemples sont légion : remise des bourses aux lauréats des examens d’Etat en 2011, construction de l’Institut Technique et Industriel à Tshikapa, construction de l’orphelinat à Goma, dotation du Centre Cardio-vasculaire de la Clinique Ngaliema en matériel ultramoderne pour les opérations des enfants à cœur ouvert en 2016, construction d’un complexe scolaire ultramoderne à Tshela, construction d’un internat à Kindu, lancement de la production agricole à Lubumbashi sur 1000 hectares.
Ses œuvres ne sont pas confinées à un coin d’une province : elle opère à l’échelle nationale. Ses dons sont innombrables et aussi repartis dans presque toutes les régions et bénéficient à toutes les confessions religieuses majeures. Médicaments, équipements médicaux, matelas, véhicules, nourritures aux hôpitaux militaires, policiers.
Assistance aux Chrétiens, Protestants, Musulmans. Aide aux victimes des catastrophes naturelles et accidents (Bukavu, Matadi, Boma, Masisi, Beni, Mbuji-Mayi, Boende, Lubumbashi).Elle apport ainsi une valeur ajoutée indéniable à l’action publique du soulagement des problèmes sociaux, contribuant donc à la restauration de la dignité humanité des marginalisés dans la République.

CONCLUSION :
LA PALME D’OR ET L’INSTITUTIONNALISATION D’UN PRIX DE COMPASSION REPUBLICAINE OLIVE LEMBE KABILA
La République ne peut connaitre la plénitude de son éclosion humaine sans que ses citoyens aient la faculté d’élévation mentale et morale pour repérer et encourager les Esprits porteurs de sensibilité distinguée à l’altération de la condition biologique et existentielle des autres. La compassion désintéressée, authentique, intense et prompte, mérite la reconnaissance, voire la promotion dans l’espace d’existence collective.
Le cas de Maman Olive Lembe Kabila est d’une distinction, d’une diversité et d’un impacte biosociologique phénoménal. Ses œuvres non seulement méritent une palme d’or, mais surtout une institutionnalisation en un Prix de Compassion Républicaine Maman Olive Lembe Kabila (la première bénéficiaire pourrait être Maman Antoinette Mobutu à titre posthume).
Cette organisation va éduquer les jeunes dans l’intériorisation et la pratique de la compassion dans la collectivité, mais aussi promouvoir chez les adultes la vertu du partage comme valeur citoyenne dans la Res Publica. Cette prescription s’inscrit aussi dans l’optique du développement holistique. On le voit surtout dans les pays anglophones où il y a un éclatant et impactant sens de célébration de "community person of the year". Il ne s’agit pas d’hisser les gens sur le piédestal des stars, de cajoler les célébrités dans leurs egos, ou de raffermir la notoriété des politiciens sélectionnés subjectivement, avec des proclamations fantaisistes (et festoyantes comme on le voit souvent à Kinshasa).
Il s’agit de célébrer une vertu républicaine : la compassion ayant un tangible impact social. Une vertu préservatrice non seulement de la dignité et la condition humaine, mais aussi restauratrice de l’équilibre des familles et des communautés. Olive Lembe Kabila est d’une fonctionnalité en œuvres médicales dont les effets sociologiques vont au-delà des bénéficiaires immédiats. Elle impacte des familles et des relations sociales ébranlées par les altérations maladives et la marginalisation instinctive. Elle restaure la normalité existentielle des laissés pour compte dont la nature des maladies engendrent le rejet silencieux, mais déchirant. Elle est d’une opérationnalité bio-sociologique contribuant à la normalisation du regard de la société sur les défigurés dont elle fait restaurer la symétrie et la fonctionnalité humaine. Cette compatriote est un authentique phénomène méritant d’être étudié, repensé, diffusé, et institutionnalisé en RD Congo.
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