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L’officier du ministère public a commencé son réquisitoire dans l’affaire des présumés miliciens du mouvement terroriste Kamwina Nsapu branche Kinshasa. Il a, au cours de l’audience d’hier jeudi 4 octobre, confronté les faits aux dispositions de la loi et présenté les préjudices subis par les victimes et l’Etat congolais. L’organe poursuivant promet de requérir des peines sévères contre les prévenus, à l’audience du jeudi 11 octobre prochain, au regard des évidences soulevées.

Le lieutenant-colonel Alpha Limbaya a développé son discours en termes d’épisodes. Il a introduit son propos en insistant sur le rôle de premier plan joué par les prévenus Bakenga Tujibikile et Mputu Ali Nkongolo dans la genèse du mouvement terroriste Kamwina Nsapu à Kananga.
Foi aux déclarations actées sur procès-verbaux, aux relevés téléphoniques et vidéos d’audition, l’organe de la loi affirme sans crainte d’être contredit que Bakenga et Ali Mputu sont bel et bien les deux précurseurs et exportateurs du mouvement insurrectionnel Kamwina Nsapu à Kinshasa.
"Après avoir tué par décapitation et semé la terreur à Kananga, en tuant plusieurs civiles, 36 policiers et les deux experts de Nations unies, ces deux jeunes hommes ont été accueillis à Kinshasa par Mukenge Barthelemy. Ils vont ensuite être logés par le prévenu Ngangu Gustave qui, du reste avait financé leur voyage. C’est ainsi qu’ils vont installer les cellules initiatiques appelées Tshyota à travers la ville, initier les nouveaux adhérents, planifier et cordonner les attaques", a affirmé le colonel Limbaya.

RAPPELS DES FAITS ET PROJECTION DES PHOTOS DES VICTIMES
La deuxième partie du réquisitoire du ministère public a été axée sur le rappel des attaques perpétrées par lesdits présumés miliciens du mouvement terroriste Kamwina Nsapu à Kinshasa. L’accusation est revenu largement sur la veillée préparatoire du 8 mai 2017 tenue dans l’enceinte du siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti politique cher au feu Etienne Tshekedi, à l’initiative du prévenu Mazanga Mazanga Mazarin, alors secrétaire national de ce parti en charge de la Justice et Droits humains.
Cette réunion, martèle le ministère public, "est celle qui a donné lieu, le 9 mai suivant aux environs de deux heures du matin, à l’attaque du Groupe mobile d’intervention Kin Est de la Police, situé à la 11ème rue Limete, en face du siège de l’UDPS. Il a été noté à la suite de cet assaut plusieurs cas d’atteinte à l’intégrité physique des policiers trouvés sur place, de destruction méchante et l’évasion de 24 détenus".
L’organe de la loi a par ailleurs fait mention d’une autre réunion, tenue le 13 mai 2017, à la résidence du feu président Etienne Tshisekedi consacrée à l’évaluation de ladite attaque et à la planification de la prochaine. "Plusieurs nouvelles recrues ont été scarifiés à cette rencontre par le prévenu Mputu Nkongolo", a-t-il-précisé.

SEMER LA TERREUR ET DESTABILISER LES INSTITUTIONS DU PAYS
L’officier du ministère public a ensuite placé le curseur sur la seconde veillée préparatoire organisée le 16 mai 2017 dans le domicile du prévenu Kabangu, à Lingwala. Après plusieurs heures des rituels fétichistes, explique-t-il, les participants à cette réunion sont allés attaquer la prison de Makala, le 17 mai 2017 à partir de 3 heures du matin.
" Les prévenus ont affirmé sur procès-verbal que le choix de la prison de Makala était stratégique. Car, en s’exportant à Kinshasa, ce mouvement avait pour objectif de semer la terreur et de déstabiliser les institutions légalement établies. C’est ainsi qu’ils se disaient qu’il fallait commencer par faire évader plus de 4.000 prisonniers de la prison de Makala. Ce qui, ont-ils estimé, plongerait la population et les autorités du pays dans la psychose générale", fait remarquer l’organe poursuivant.
Affirmant le caractère sadique des prévenus, le colonel Alpha Limbaya a, sur un ton véhément, projeté les photos des victimes des attaques du parquet de Matete, du poste de police de Mont Amba, du Commissariat de Police de Funa et celles de la maison communale de Kalamu. Il a clôturé cette série par la photo effrayante du corps sans vie de la défunte Chantal Mombi Mboyo, ancienne administrateur du marché central de Kinshasa.

ENTRE LA PEINE DE MORT ET L’AQUITTEMENT
"Qui tue par l’épée périt par l’épée dit la Bible. Ces prévenus ont donné la mort à des innocents. C’est des pères et des mères de famille qu’ils ont tué. En agissant ils ont rendu plusieurs familles orphelines. Je ne vois pas en quoi est-ce que leurs vies seraient plus importantes que celles des victimes aux yeux de Dieu. C’est ainsi que nous promettons de requérir des peines sévères à leur endroit", a rassuré le colonel Limbaya.
En attendant l’audience du jeudi 11 octobre prochain, les avocats de la défense appellent leurs clients au calme. "Le réquisitoire du ministère public ne lie jamais le tribunal. Ce ne sont que des propositions. Nous sommes prêts à le rencontrer dans tous les aspects de son texte. Nous notons beaucoup de points faibles dans son réquisitoire", a indiqué Me Richard Ngoy.
Les trente-six prévenus impliqués dans l’affaire Kamwina Nsapu sont poursuivis pour les chefs d’accusation de terrorisme, participation à un mouvement insurrectionnel, association des malfaiteurs, meurtre, coups et blessures volontaires et aggravés, coups et blessures simples, violence à la sentinelle, évasion des détenus et violation des consignes. Orly-Darel NGIAMBUKULU
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