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Les révélations sur le déroulement du vote du candidat commun de l’opposition et la signature de l’accord de Genève ne cessent de voir le jour depuis son rejet par les deux ténors de l’UDPS et de l’UNC à savoir Felix Tshisekedi et de Vital Kamerhe qui ont depuis, le vendredi 23 novembre à Nairobi, formée une plateforme en duo appelée « Cap pour le Changement ».
Si dans ce dernier camp on a beaucoup insisté sur le fait de ne pas décevoir la base comme étant à l’origine de leurs désaccords avec le reste des ténors de l’opposition signataire de l’accord de Genève ; du côté des signataires restant de Lamuka, on considère qu’il y a démagogie et que le temps de remettre les pendules à l’heure, notamment en éclairant le public sur le déroulement exact de cette réunion, à sonner.
C’est ainsi qu’après les publications de l’accord et des actes d’engagement par la fondation Kofi Annan, se sont ensuivies plusieurs révélations et déclarations faites lors d’interviews. Et dernièrement, c’est la Secrétaire générale du Mouvement de Libération du Congo (MLC), Eve Bazaiba, qui a relaté, de son point de vue, le déroulement de cette réunion de désignation du candidat unique de l’opposition.
Mauvais choix de Felix qui pourtant avait les faveurs

D’après ses déclarations sur une chaine privée congolaise, la Secrétaire générale du MLC estime que Felix n’a pas fait état d’un bon choix stratégique alors qu’il avait une voie toute tracée devant lui et que les autres le suivaient aveuglément. « Nous n’avons rejeté aucun de ses propositions. Tout ce qu’il a proposé nous avons accepté car les prédispositions du choix était Felix Tshisekedi. C’était à lui de savoir comment agir et mettre en œuvre les votes en sa faveur : C’était une question de stratégie. Bon lui-même a reconnu son erreur due sans doute à la fatigue mais il s’est très bien lui-même que nous lui avions donné la primeur », a expliqué Eve Bazaiba.
C’est ainsi que tout au long de son intervention télévisée, la Secrétaire générale du MLC va développer la thèse selon laquelle les autres membres de l’oppositions ne se sont jamais opposés aux différents choix faits par Felix Tshisekedi mais se sont toujours pliés à ses demandes et l’ont soutenu dans ses propositions.
Commençant par expliquer comment devait se dérouler le vote de désignation du candidat unique de l’opposition, Mme Bazaiba soutient que la procédure de départ proposée par Jean-Pierre Bemba avec audition des candidats de l’opposition validés par la Ceni fut modifiée par Felix Tshisekedi lui-même.
« Le président Bemba avait proposé à la facilitation, pour parvenir à un consensus facilement, d’accorder à chaque candidat validé par la Ceni 15 minutes pour exprimer son projet et pourquoi les autres devraient lui faire confiance. On devait savoir ce qu’il est capable d’apporter au peuple Congolais en terme de la démocratie, de gestion, de la bonne gouvernance, etc. Ce qui aurait tout naturellement amené le processus à un consensus », a-t-elle affirmé
En lieu et place de cette procédure, Eve Bazaiba explique qu’il sera mis en place un processus de vote proposé par le président national de l’UDPS et qui sera adopté. « Le processus de vote a été proposé par Felix Tshisekedi qui voulait plutôt que les 7 discutent entre eux sur les "questions qui fâchent"et pour lui les questions qui fâchaient concernaient la machine à voter et l’affaire des invectives que l’on se fait mutuellement. Voici les 2 points présentés par le président Tshisekedi. Ce qui fut validé par les autres présidents de parti. »
Felix Tshisekedi a demandé les téléphones
Sur la question des téléphones ravis, la Secrétaire du MLC a tenu à affirmer que cette décision de ravir les téléphones fut une fois encore prise sur proposition de Felix Tshisekedi.
« J’ai entendu beaucoup de gens dire que la facilitation les a séquestrés, que la facilitation leur a ravi les téléphones […] Je prends à témoin tous les 7 leaders et leurs experts présents. Lorsque la facilitation nous a demandé de mettre nos téléphones sous silencieux (j’insiste non sur vibreur mais sous silencieux) afin de ne pas perturber les travaux, c’est encore le président Felix Tshilombo Tshisekedi qui avait demandé que l’on ferme les téléphones ; non seulement fermé mais aussi que l’on puisse les prendre tous les téléphones pour les mettre dans la salle à côté. »
Affirmant sur ce point qu’elle aurait même fait une motion puisqu’elle devait reste en contact avec Kinshasa et les provinces eu égard à l’approche de la campagne ce que le président de l’UDPS aurait refusé en raison de risque d’espionnage des négociations.
« Il [Etienne Tshisekedi] m’a dit qu’il fallait que mon téléphone soit fermé et mis dans la salle à coté car "le monde entier sait que nous sommes ici et le Congo est dans le projecteur du monde. Il faut donc accepter que l’on enlève ce téléphone." On ne nous a pas certes ravi les téléphones mais s’était sur proposition du président nationale de l’UDPS, Felix Antoine Tshilombo mais, accepter par tout le monde y compris le téléphone de Mr Alan Doss. »
Processus et modalité de vote proposés par Felix Tshisekedi

Pour ce qui est des modalités du vote du candidat commun, une fois encore, d’après Eve Bazaiba, c’est un mode qui aurait été choisi par le leader de l’UDPS.
« Le président Felix Antoine Tshisekedi, comme toujours celui qui prenait un peu les devant - compte tenu de la carrure qu’il avait - a dit : "écoutez on est reste hier jusqu’à 2 heures du matin, aujourd’hui nous sommes dimanche moi j’ai mon avion à prendre cet après-midi. Comme le consensus est difficile à trouver, passons au vote"»
Pour Eve Bazaiba le vote choisi par le président de l’UDPS devait se faire en 2 temps avec tout d’abord les validés car, dit-elle, « il avait plus confiance aux validés car il disait qu’ils avaient intérêt à aller aux élections. Les invalidés puisqu’ils parlent du retrait de la machine à voter c’est comme qui dirait qu’ils n’ont pas intérêt à aller aux élections. » C’est ainsi que les 4 candidats validés sont restés dans la salle et les autres non validés par la Ceni (Bemba, Katumbi et Muzito) sont sortis.
D’après ses explications sur le plateau TV, le processus de vote ainsi choisi octroyait au premier tour 2 voix à chaque candidat valide afin de pouvoir ainsi connaitre son choix préférentiel si j’aimais il n’était pas lui-même choisi.
D'où, à l’issue de ce vote, le « président Tshisekedi a voté pour lui-même et M. Martin Fayulu ; le président Kamerhe a voté pour lui-même et après il a voté pour Mr Matungulu. Donc vous voyez que ces deux-là ne se sont pas votés mutuellement. De manière objective on peut comprendre que les 2 grands se sont anéantis et ont préféré soutenir les "petits" pour empêcher l’autre de passer », ils ne se sont pas soutenus. […] »
« C’est ainsi que lors du dépouillement on avait l’impression que le ciel nous était tombé sur la tête. On pouvait s’attendre à tout sauf ça !... Le président Tshisekedi 1 voix ; le président Kamerhe 1 voix ; les présidents Fayulu et Matungulu 3 voix ! Mais c’est grave ça… », raconte-t-elle.
Et de témoigner que le président Katumbi n’a pas pu cacher son inquiétude compte tenu de son choix pour Felix Tshisekedi puisqu’il aurait même fait une motion pour demander de recommencer mais, selon ses affirmations, « ce sont les 2 éliminés les 2 déclassés - à commencer par le président Felix Tshisekedi qui ont demandé de poursuivre "Dura Lex Sed Lex" ("La Loi est dure mais c’est la Loi"). Et le président Bemba de dire qu’on ne change pas les règles du jeu pendant le processus et a demandé de poursuivre. »
« Si on avait écouté le président Katumbi et si le président Tshisekedi n’avait pas interféré on aurait sans doute recommencé et peut-être qu’il y aurait autre chose ; mais c’est juste une supposition car on est déjà dans une autre logique à ce moment-là… », explique-t-elle.
Et c’est ainsi qu’au 2ème tour avec le vote de tous les présidents on aura le choix de Martin Fayulu avec 4 voix et Matungulu avec 3 voix. Cependant, d’après la Secrétaire du MLC, ce vote n’a pas fait l’objet de contestation ou de ressentiment quelconque puisqu’elle déclare qu’« ils en sont tous sortis jovial ».
Elle se dit surprise du revirement de Tshisekedi car, selon elle, « qui a vécu l’événement » - en contradiction avec ce que l’on raconte - Felix Tshisekedi était revenu jovial et aurait même déclaré que « si vous ne voulez pas de ce choix, c’est que vous voulez la continuité de Kabila mais tout celui qui veut le changement ; le changement s’appelle Martin Fayulu ! » Ce qui les a aussi encouragés pour ce choix au point d’applaudir Tshisekedi.
Tshisekedi a choisi le nom de « Lamuka »
Quant au nom de cette la plateforme Eve Bazaiba explique encore que même cela provient de Tshisekedi. « Nous au départ nous avions proposé AMEN (Agir Maintenant pour l’Emergence de la Nation). Beaucoup on était d’accord avec ce nom et même le président Kamerhe. Mais qui a proposé Lamuka ? C’est le président Tshisekedi qui a dit que lorsque vous aviez discuté du nom nous n’étions pas présents. »
Pour finir elle considère que Felix n’a pas fait état d’un bon choix stratégique alors qu’il avait un boulevard tracé devant lui.
« Nous n’avons rejeté aucun de ses propositions. Tout ce qu’il a proposé nous avons accepté car les prédispositions du choix était Felix Tshisekedi. C’était à lui de savoir comment agir et mettre en œuvre les votes en sa faveur : C’était une question de stratégie. Bon lui-même a reconnu son erreur due sans doute à la fatigue mais il s’est très bien lui-même que nous lui avions donné la primeur. »
La base comme excuse

Sur la question de la base la Secrétaire du MLC se demande comment inculper la base alors que, d’après elle, « C’est Tshisekedi qui aurait proposé cet acte d’engagement avec l’obligation de se retirer de la vie politique en cas de non-respect de l’accord ; ce que tout le monde à signer. Donc ce qu’il a lu ! »
Par ailleurs, c’est lui-même depuis le meeting du 29 septembre il a toujours déclaré que celui qui se retirerait serait considéré comme un traitre.
« Si maintenant lui se retire en déclarant que sa base a déjoué un complot contre lui et son parti, on peut se demander quand est-ce que cette base a eu le temps de lire un engagement qu’il a lui-même mis en place et négocié ? »
Et de conclure en interpellant Felix Tshisekedi : « Nous nous sommes tous rendu à Genève avec des propositions fournis par nos bases mais en tant que leaders. Nous avons l’obligations d’orienter nos bases. Un leader doit être visionnaire ; une personne qui est devant sa base pour voir de l’avant. Mais si maintenant toi tu te laisses guider par ceux qui sont derrière toi et qui ne voit même pas devant eux comment cela va-t-il se terminer ? »
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