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Le microcosme politique en RD Congo est en pleine ébullition, à huit jours du début de la campagne pour les élections générales du 23 décembre prochain. Depuis l’annonce du retrait de Félix Tshisekedi et de Vital Kamerhe de la déclaration de Genève, deux camps semblent se dessiner. D’un côté, ceux qui souscrivent à l’usage de la machine à voter. Et de l’autre, ceux qui s’opposent à l’utilisation de cet outil informatique lors du prochain scrutin.

L’UDPS avec FATSHI a été le premier parti d’entre tous, à lever l’option de s’engager dans le processus électoral en cours, avec ou sans la machine à voter. Ce, alors que les autres leaders de l’opposition,en l’occurrence Jean-Pierre Bemba en première ligne des candidats invalidés de la prochaine présidentielle, s’étaient montrés contre l’usage de cette imprimante de la CENI.
Moïse Katumbi, leader de la plateforme politique "Ensemble" et Adolphe Muzito, patron de la coalition labellisée "le Nouvel Elan", se sont également alignés sur ce principe de boycott, entraînant dans leur démarche les autres leaders. A savoir, Martin Fayulu du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé), Freddy Matungulu, président national de la formation politique Congo na Biso (CNB) et Vital Kamerhe, porte-étendard de l’UNC et Alliés.

RAPPEL A LA RAISON
Depuis la décision de Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi, de se désengager publiquement de l’accord de Genève et aussi, après avoir été rejoint quelques heures plus tard par Vital Kamerhe, les cinq leaders restés fidèles à cette déclaration de Genève, multiplient les appels à "la raison". Objectif : ramener les deux autres dans la barque. Dans leur démarche collective, les cinq s’appuient sur la lettre d’engagement qu’ils ont signée.
Après le Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba qui a réitéré son attachement à la déclaration de Genève, le porte-parole de "Ensemble", Jean-Bertrand Ewanga, joint au téléphone hier mardi 13 novembre par Media Congo press, a déclaré que son regroupement battra campagne pour le candidat Martin Fayulu.
L’ancien secrétaire général de l’Unc s’est dit, par ailleurs, convaincu qu’avec le soutien de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba, le président d’Ecidé est bien parti pour gagner la bataille de l’alternance au sommet de l’État le 23 décembre prochain.
Et de renchérir : " Aller aux élections avec la machine à voter, c’est accompagner le FCC à la victoire". Jean-Bertrand Ewanga souligne que la plateforme politique de Moïse Katumbi se range derrière Martin Fayulu, non seulement pour obtenir l’organisation des élections sans la machine à voter, mais aussi aller à ce scrutin avec un fichier électoral complètement nettoyé.
Pour sa part, Martin Fayulu, l’"heureux" ou le malheureux - c’est selon - candidat commun de l’opposition élu le dimanche 11 novembre à Genève, s’est adressé à Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, de revenir à de meilleurs sentiments et ne pas perdre leur crédit dans l’opinion. "Je demande à mes deux frères de revenir à la raison, de ne pas renier leurs signatures apposées en âme et conscience au bas de l’accord. Sinon, c’est perdre leur crédibilité".
Dans son intervention lundi 12 novembre sur TV5 Monde, Martin Fayulu a demandé à Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe de revenir au bon sens." Je demande à mes deux frères de revenir à la raison, de ne pas renier leur signature. Renier une signature apposée en âme et conscience,revient à dire au monde entier de ne pas me considérer, de ne pas faire une affaire avec moi, parce que si demain je conclue un deal avec vous,je suis capable de dire non par la suite, de renier ma signature… Et c’est extrêmement grave ! C’est perdre sa crédibilité ", a déclaré Martin Fayulu.
Reste donc à savoir si Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe qui se sont retirés à la suite des pressions de leurs bases respectives, sont prêts à revenir sur leur décision. Ce que redoute d’emblée, nombre d’observateurs qui estiment que l’appel de Fayulu et des quatre autres leaders de l’Opposition, attachés à l’accord de Genève, est une cause perdue d’avance.
Dans tous les cas de figure, Genève préfigure le décor de prochaines échéances électorales en RD Congo. Le scénario de 2011 semble se profiler à l’horizon. Une fois de plus, l’opposition déjà émiettée, se présentera à ce rendez-vous de 2018 en ordre dispersé. Ce, dans la perspective d’un duel entre les invalidés ayant bénéficié de l’appui de Freddy Matungulu et Martin Fayulu et les validés avec Fatshi et Kamerhe.

LA DYNAMIQUE INTERNATIONALE EN FAVEUR DE LA MACHINE
Entretemps, une certaine unanimité se dégage autour de la machine à voter au niveau des Nations unies et de certaines Organisations régionales africaines. Les Nations unies, par le truchement de son secrétaire général adjoint chargé des Opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a avoué dans une interview hier à RFI,qu’en ce qui concerne la machine à voter, le bulletin de vote papier, n’est pas non plus l’idéal.
Et de préciser : "Ce sont des feuillets qui, si je me souviens bien, font des dizaines et des dizaines de pages de la taille du journal français Le Soir, avec tout ce que cela implique en termes de logistique, en termes de contraintes de transport, etc. Donc, je crois qu’il faut regarder au-delà et la machine à voter a été un choix congolais".
"Nous sommes conscients du fait qu’un certain nombre de responsables de l’opposition expriment des préoccupations. Donc, nous entendons toutes ces préoccupations et craintes. Mais, je pense qu’il faille regarder plus loin. Je crois qu’il faut vraiment regarder les conditions d’ensemble, à la préservation d’un espace qui permette à chacun de s’exprimer. Aucune solution n’est parfaite", a-t-il renchéri.
De leur côté, la délégation conjointe de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, (CEEAC) et le Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe(COMESA), s’est dite aussi satisfaite des réponses de la CENI. Ce, après avoir expérimenté la machine à voter à l’issue de l’entretien hier mardi 13 novembre avec le bureau de la Centrale électorale, représenté par son rapporteur Jean-Pierre Kalamba.
Au cours de cette mission conjointe,Il était question pour les deux organisations, d’obtenir de la CENI, le maximum d’informations possible sur l’état des lieux du processus électoral en cours en RD Congo.
Emma MUNTU
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