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La CENI fonce. Shadary brandit 86 milliards de dollars américains pour gagner le pari du développement et de la dignité de l’homme congolais. Fayulu, le préféré des calculateurs de Genève, s’annonce pour un retour à Kinshasa, le 21 novembre via un régulier d’Ethiopian Airlines, alors que Kamerhe et Fatshi feignent, apparemment, de convoler en justes noces pour la présidentielle du 23 décembre 2018 qui les mettraient, pourtant, aux prises. Si, en tout état de cause, selon qu’il est donné favori, Shadary triomphait, quelle pourrait être la position à chaud de tous ceux qui ont décrié la fameuse machine à voter avant qu’elle ne soit utilisée pour ces scrutins ? Deux mots clés seront sur toutes les lèvres : crédibilité et fiabilité. D’où, après le 23 décembre 2018, la hache de guerre sera, certainement, déterrée. On reprendra peut-être les mêmes efforts…On s’entredéchirera encore…

Dispositif

La machine à voter, quoique fortement récusée et combattue, est là. Le fichier électoral, avec près de dix millions d’électeurs fictifs, est aussi là. La CENI qui, en principe, devait être reconfigurée, conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre, est restée la même. Même si Nangaa devait peut-être se sauver par le simple fait que les confessions religieuses, ses organisations mandantes, ne l’ont jamais effarouché, mais Jean-Pierre Kalamba N’galula, lui, est encore et toujours dans ses fonctions de Rapporteur de la CENI, alors qu’à l’Udps, toutes les voix combinées, l’on ne jurait que sur son éviction.

Les mesures de décrispation, pourtant, préconisées par le même Accord conclu sous la férule des Evêques, en ce qui concerne, par exemple, la question de libération des prisonniers au titre de figures emblématiques, sont loin d’être exécutées.

Puisque tout le dispositif contesté est en place, il va de soi que le même venu, les parties prenantes aussi bien de l’Opposition que de la Société civile, une fois battues en brèche par Shadary, puissent formellement s’investir dans un nouveau combat, celui de la contestation de la crédibilité des élections, celui de la remise en question de la fiabilité des résultats.

Et, donc, l’on en sera là, à un nouvel épisode de la ritournelle, à la résurgence de la crise de légitimité qui mettrait en difficulté le programme électoral, tel qu’il a été présenté à Pullman Hôtel, hier en fin de la soirée, par le candidat FCC en termes de gouvernance et, peut-être, de mobilisation de toute la collectivité nationale pour la maximisation des chances en vue de l’érection d’un Congo émergent à l’horizon 2020 ou, alors, de celui d’un Congo développé vers 2030.

Car, loin s’en faut, la crise, si petite soit-elle, est toujours une source du mal qu’il fallait, normalement, combattre à la racine. Etait-il si tard, en tout cas, de trouver un consensus sur les questions qui fâchent ? Non, répondent les analystes libres d’esprit. Au contraire, on a tout fait pour bousiller du temps. De telle sorte qu’aujourd’hui, à 48 heures du début de la campagne, à plus ou moins un mois et quelques jours de la tenue des élections, le 23 décembre 2018, que l’on puisse y aller à l’envers, même si le processus, lui-même, présentait en un mot comme en mille, des malformations congénitales qui feront qu’il soit, à tout prix, fortement diabolisé, dès la publication des premiers résultats.

Au fait, l’histoire se répète. Et, avec elle, le début d’un nouveau cycle infernal aux issues bouchées. Mais, hélas ! Est-ce que le peuple congolais, devenu aujourd’hui presque la risée du monde à cause de crises factices qui le décime depuis la nuit des temps, avait-il droit encore à ce type de gymnastique politique ?

Voilà encore un spectacle désolant de plus au rendez-vous ! Tableau sombre. Avant les élections sera égal à l’après-élections. Ce qui n’offre aucune embellie plausible. Dans tous les cas, tout pessimisme mis à part, il y a lieu de conclure que le vin est, malheureusement, tiré. Il ne reste qu’aux convives de le déguster. Et, quelle en sera la saveur ? A chacun, donc, de se pourlécher, selon que la langue le lui permettra au gré de ce qu’il aura obtenu de ces élections-là.

LPM

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A 72 heures du début de la campagne.
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