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L’une des principales artères de la commune de Kalamu, l’avenue Kimwenza est dans un état de délabrement avancé. Du moins, sur l’axe qui relie la bifurcation Maître Taureau à Yolo Ezo. Parsemée de nids-de-poule, cette route ploie sous les eaux à la moindre averse. Lorsqu’il pleut, conducteurs et piétons ont du mal à se mouvoir, tant la rue se transforme en rivière artificielle. Reportage.

Depuis plus d’une année, l’avenue Kimwenza donne du tournis à ses usagers. Particulièrement, les transporteurs en commun. Jonchée d’ornières et de crevasses, la chaussée contraint les conducteurs à la prudence. Si à la saison sèche, elle donne l’occasion aux véhicules de rouler à vive allure, à la saison de pluie, la vigilance est de mise. Lors des récentes averses, le macadam s’est vite retrouvé sous les eaux, ne permettant plus la fluidité de la circulation.
Empruntant l’avenue Kimwenza, les taximen roulant sur le trajet Victoire - Ezo préfèrent, en temps de pluies, se limiter au niveau du marché Kapela. Ils évitent de longer cette artère qui mène vers Ezo, pour protéger leurs véhicules d’éventuelles pannes. Les récalcitrants n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Car généralement, ils finissent par échouer dans des eaux stagnantes, coincées sans doute dans des ornières qui détruisent les amortisseurs.
"J’ai l’habitude de faire le parcours Victoire - Yolo-Ezo et vice-versa. Mais une fois que la pluie tombe, je préfère m’arrêter au croisement Kapela - Kimwenza plutôt que de continuer jusqu’à Ezo. Car, la chaussée est généralement inondée et ne me permet plus de rouler convenablement jusqu’à destination. Ceux qui s’entêtent exposent leurs passagers, car les eaux s’infiltrent dans les véhicules, au point de gagner les sièges", nous confie un taximan.

LA TRAVERSEE SUR LE DOS DES VOLONTAIRES
Ne pouvant traverser la marre d’eau sans se tremper, les piétons, pour leur part, déboursent des frais pour se faire transporter sur le dos. Se muant en "kamikazes" lors des pluies diluviennes, des jeunes gens proposent leur service pour faciliter la traversée, moyennant 500 Fc ou 700 Fc. Ils font des navettes d’un bout de l’avenue à l’autre, acceptant de franchir les eaux des pluies qui leur arrivent au niveau des genoux. Parfois aussi jusqu’aux hanches.
Aussi rentable qu’une course Victoire - Ezo en taxi, qui se négocie à 500 FC, la petite traversée à dos d’homme ne s’effectue que sur un trajet de 3 à 4 mètres. Et parfois même, elle tourne au désastre lorsque le porteur imprudent trébuche et s’écroule dans la flaque d’eau, trempant jusqu’aux os son client ou sa cliente de circonstance.Initié par des garçons, pour la plupart désoeuvrés, ce ’’business’’ne se pratique que lorsque le ciel lâche sa douche.

BOUSCULADE AUX PARKINGS
Dans les parkings, la rareté de véhicules contraste avec l’affluence des piétons en quête de moyen de transport. La plupart des taximen optent pour la fameuse segmentation du trajet, communément appelée ’’demi-terrain’’. Une fois sur Victoire, au lieu d’embarquer les passagers à destination de Yolo Ezo comme d’habitude, ils limitent la course à l’asphalte de Kimwenza, juste devant le lac artificiel créé par les eaux de pluies. Ils évitent ainsi les nids-de-poule et l’embouteillage subséquent.
Cette situation rend difficile le transport en commun. Les passagers se bousculent devant les rares taxis qui se présentent. "Quand un taxi de Kimwenza - Ezo se pointe, je ne laisse aucune chance à d’autres personnes en attente. Car, les taxis roulant sur ce tronçon deviennent rares et difficiles à trouver. Je pèse alors de tout mon poids pour ne pas le rater", nous souffle Jenna Kapinga, la vingtaine révolue.

LA MOTO, UN SECOURS EN CAS DE PLUIE
Une fois que le taxi s’arrête à Kimwenza, les passagers qui doivent arriver au terminus du rond-point Ezo font le pied ou prennent la moto. Ne pouvant pas traverser le lac artificiel de Kimwenza, les motos se frayent un chemin à travers le marché Kapela, à défaut de contourner l’avenue Kimwenza, en passant par Mabanga.
"Le taxi m’a déposé ici, alors que ma résidence se trouve à Ezo. Je n’aurai donc pas d’autre alternative que de négocier une moto pour me ramener jusque chez moi", nous explique Junior Malumba, habitant le quartier Yolo Ezo.
Malgré ces perturbations de circulation, les usagers de la chaussée Kimwenza restent confiants quant à l’amélioration de la situation. Ils fondent leurs espoirs sur les travaux de réfection, amorcés par le Gouvernement sur la chaussée Bongolo, délabrée depuis plus de deux ans. Tania MUBUADI et Yves KALIKAT
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