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( Interview exclusive, première partie)

LIBERTÉ PLUS : Fils Mukoko, vous êtes un grand mobilisateur de l'UDPS ; vous êtes également secrétaire national honoraire du parti, bonjour.

FILS MUKOKO: Bonjour LIBERTÉ PLUS

LIBERTÉ PLUS : C'est pour la première fois que LIBERTÉ PLUS vous reçoit. Quels sont vos sentiments ?

FILS MUKOKO: Je suis très satisfait parce que LIBERTÉ PLUS est parmi les organes de presse qui soutiennent activement la démocratie.

LIBERTÉ PLUS : Il y a une vidéo de vous qui continue à circuler sur Internet. Dans cette vidéo que vous avez tournée il y a plus d'un mois, vous avez déclaré qu'avec la machine à voter, même si l'opposition présente Jésus-Christ comme Candidat commun et qu'on aligne ses apôtres comme des témoins, Jésus-Christ ne pourra jamais gagner la présidentielle.
Plus d'un mois après, la position du parti en rapport avec la machine à voter a évolué mais certaines personnes continuent à exploiter cette vidéo vous plaçant ainsi en déphasage avec le parti. Qu'en dites-vous?

FILS MUKOKO : Les gens doivent savoir que la politique n'est pas statique mais elle est dynamique.
Au moment du tournage de cette vidéo, le parti avait pris position contre la machine à voter. Après des études approfondies, nous avons pleinement compris les enjeux. Ce sont les ignorants qui ne se ravisent pas ou ne change pas de position.
Pour l'instant, le parti, après analyse, s'est rendu compte que la machine en question était simplement quelque chose pour intimider l'opposition afin qu'elle boycott les élections et applique la politique de la chaise vide.
C'est ainsi que nous avons pris l'option de nous engager parce que l'existence de cette machine-là est entre guillemets.
Pour mettre monsieur Kabila et tous ses acolytes dos au mur, nous avons accepté d'aller aux élections avec ou sans cette machine.
Donc, l'actuelle position du parti annule automatiquement ma déclaration dans cette vidéo que les gens, surtout les ennemis de l'UDPS, ont pris comme cheval de bataille en vue de démontrer qu'il existe une contradiction entre mes propos et l'orientation du parti. Cela n'est pas vrai car, le changement de fréquence en politique est logique.

LIBERTÉ PLUS : L'actualité reste dominée par ce qui se passe à Genève. Dans quelques heures, nous saurons peut-être le nom de celui qui sera le candidat commun de l'opposition mais les sources de Genève font état de l'existence de deux blocs autour de Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi. Et, jusqu'ici pas de fumée blanche. Ne craignez-vous pas que cela puisse décapoter et que le consensus tant attendu soit finalement rompu ?

FILS MUKOKO: Ici, je parle comme combattant. Je ne suis pas vraiment préoccupé par cette réunion de Genève. Pour moi, les politiciens avaient eu le privilège d'aller peut-être engagé le peuple et prendre la parole au nom de celui-ci en 1960 à la table ronde.
Aujourd'hui, nous sommes à une époque où notre peuple a une certaine maturité. C'est au peuple de décider.
Au regard de l'actuelle configuration politique, Félix Tshisekedi est déjà plébiscité Candidat commun du peuple. Il suffit de s'en tenir au meeting du 24 avril au terrain saint Thérèse et au meeting du 29 Septembre sur la place Triomphal pour arriver à cette conclusion.
Donc, je ne suis pas sous émotion pour attendre quelque chose de Genève. Si la majorité de ces politiques ne veulent pas faire la volonté du peuple et choisisse une autre personne, le peuple va valider son candidat naturel dès son retour à Kinshasa.

LIBERTÉ PLUS : À vous attendre parler, on se rend compte que Fils Mukoko est contre ces combattants qui mettent tous leurs espoirs à Genève ?

FILS MUKOKO : Effectivement. Voir les choses de cette manière relèvent tout simplement de l'immaturité politique. Moi, je suis de ceux qui croient que Félix Tshisekedi a été élu par un bon nombre des combattants de l'UDPS. Ce n'est pas à 7 personnes avec quelques observateurs de venir effacer ça.
Au mois de mars, les combattants de l'UDPS sont venus du Congo profond et de l'étranger pour confier à monsieur Félix Tshisekedi une mission sacrée. Ce n'est pas à un groupe des politiciens d'aller se réunir à Genève en prenant beaucoup des pauses au moment où le peuple congolais attend quelque chose de meilleure. C'est de la pire distraction.
Et, je leur laisse la liberté de statuer comme ils sont en train de faire leurs gymnastiques, mais pour nous le peuple congolais, surtout avec le travail de mobilisation entrepris ici dans la capitale, Félix Tshisekedi demeure le candidat favori.
D'après tout, les élections c'est à un seul tour.

LIBERTÉ PLUS : D'après certaines indiscrétions, nous apprenons que si Félix Tshisekedi est désigné Candidat commun à partir du Genève, il sera obligé de respecter certains préalables, notamment le rejet de la machine à voter. Là, vous serez obligés de retourner à la case du départ.

LIBERTÉ PLUS : Je ne sais pas qui pose ces conditions. Vous savez : quand les gens parlent du rejet de la machine à voter, ils doivent arriver jusqu'au bout de leurs pensées en disant à haute voix qu'ils veulent obtenir une transition. Ils veulent nous amener à ce que moi j'appelle S.A.R c'est-à-dire Syndrome Africain du Report des élections.
Je leur demande d'éviter de tromper à notre peuple qui souffre qu'ils sont contre la machine à voter au moment où ils continuent à garder leurs délégués à la CENI. Je sais que ce sont des gens qui ont été écartés de la présidentielle qui veulent qu'on recule le conteur à zéro.
Quand l'UDPS avait refusé de participer au scrutin de 2006, nos amis du MLC nous avaient taxé des confusionistes et ils sont allés aux élections sans nous.
Aujourd'hui, nous nous décidons d'aller aux élections pour empêcher monsieur Kabila de se cramponner au pouvoir sur base de l'article 70 de la constitution. Il faut comprendre que notre peuple ne supporte plus monsieur Kabila à la tête du pays. Curieusement, c'est à ce moment que nos politiciens viennent avec des théories bidon.
Allons aux élections pour découvrir ce qui se passe réellement à la CENI. Soyez prêts comme l'UDPS qui prépare ses témoins afin de découvrir la vérité si ces machines existent ou non. Quand on va découvrir cette vérité, automatiquement, nous aurond toutes les raisons du monde de sauter à l'article 64 de la constitution. Là, Kabila n'aura plus les moyens de défense. Mais, présentement si nous essayons d'appliquer l'article 64, monsieur Kabila peut crier haut et fort qu'il s'agit d'une insurrection ou d'une tentative d'un coup d'état. Il pourrait alors à ce moment recevoir l'appui de la communauté internationale.

Propos recueillis par LIBERTÉ PLUS, novembre 2018
La suite de l'interview dans les prochaines heures.
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