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Le 10 avril prochain, les assemblées provinciales, contrôlées à quasi-totalité par le PPRD-FCC, vont « élire » les nouveaux gouverneurs de province et leurs adjoints. Sauf surprise, la mouvance kabiliste pourrait rafler la totalité des exécutifs régionaux.



Ici, c’est l’argent qui va parler et non les valeurs. Le PPRD-FCC va, à nouveau, savourer son omnipotence. Pour quoi faire? Est-ce pour promouvoir le progrès économique et social dans l’arrière-pays ou simplement pour permettre à quelques-uns de transformer les régions les plus juteuses en « pompe à fric » au profit de l’ancien Président et de sa clientèle politique? Les Congolais ont encore frais en mémoire les 18 années de présence de « Joseph Kabila » à la tête de l’Etat. Dix-huit années au cours desquelles les provinces ont été « oubliées ». Sauf le « Grand Katanga », le Kongo Central, les deux provinces du Kivu et une partie de l’ancienne Province orientale ont été transformées en « vache à lait ». Sans omettre l’Equateur pour ses grumes.








Dans une interview accordée à un journal kinois au lendemain de la « victoire » de « Joseph Kabila » à la Présidentielle de 2006, un proche collaborateur de celui-ci avait eu l’indécence de claironner ces mots: « Nous allons faire sentir à nos détracteurs le poids de notre autorité ». Inutile de citer le nom du locuteur. Il n’est plus de ce monde. Paix à son âme. Les croyants auraient dit: vanité de vanité, tout est vanité!

La déclarations de cet ancien bras droit de « Kabila » a le mérite de traduire la conception du pouvoir d’Etat au sein du PPRD-FCC, un groupement politique dont les méthodes n’ont rien à envier à celle d’une association de malfaiteurs. Ici, le bien commun, connais pas. Le pouvoir d’Etat sert à se remplir l’estomac et à écraser les têtes adverses qui dépassent.

Corneille Nangaa Yobeluo, président de la CENI

UN PRESTIDIGITATEUR NOMMÉ « CORNEILLE NANGAA »

Le risque est grand que le Congo-Kinshasa plonge dans une crise politique grave. Une crise qui pourrait avoir pour détonateur le retour aux affaires des oligarques kabilistes. Des hommes et des femmes réputés tant pour leur rapacité arrogante que leur incapacité.

Le 30 décembre dernier, les électeurs congolais sont allés aux urnes. Ils espéraient jeter dans la poubelle de l’Histoire tous ces « mandarins » ventrus. Hélas, le changement avec un grand « C » n’a pas eu lieu. Le « prestidigitateur » Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante, a réussi son numéro d’illusionniste en coupant la « poire » en deux: le Palais de la nation est attribué à un opposant. La majorité parlementaire tant au niveau national que provincial est en passe de retomber dans les escarcelles de ceux-là qui ont « liquidé » le pays au cours d’un passé récent.

A en croire Nangaa, les mêmes électeurs qui avaient rejeté, sans concession, le candidat du FCC à la présidentielle, auraient été touchés par « l’amour du prochain ». C’est ainsi qu’ils ont jugé « plus équitable » de redonner au « clan kabiliste » la mainmise sur les deux Chambres du Parlement ainsi que sur la quasi-totalité des assemblées provinciales. Il ne reste plus au PPRD-FCC que de rafler la majorité des exécutifs régionaux. Rendez-vous est pris pour mercredi le 10 avril prochain.

LA « BARONNIE » DU LUALABA

Que va faire « Kabila » de cette démesure du pouvoir? Va-t-il en profiter pour faire « rectifier » les erreurs commises tout au long des dix-huit années qu’il a passées à la tête de l’Etat, au cours desquelles la majorité des provinces était oubliée? Va-t-il faire réviser la Constitution pour instaurer l’élection du Président de la République au suffrage universel indirect? Va-t-il, enfin, utiliser ce pouvoir exorbitant pour achever le « travail » d’enrichissement illicite et faire sentir le poids de son « influence » à ceux qui l’avaient « enterré » trop tôt?

« Kabila » et sa « bande » ont démontré au cours de ces deux dernières décennies qu’ils n’ont aucun grand dessein pour le pays. Leur « ambition » se limite à transformer les provinces les plus « utiles » en vache à lait. Pompe à fric? C’est le cas des régions issues du « Grand Katanga » (minerai, douanes), de deux Kivu (Coltan), du Kongo Central (douanes) et de l’ex-Province Orientale (Or). L’Equateur n’attire que pour les grumes.

Richard Muyej

Trois exemples obtenus dans l’ex-Katanga permettent d’étayer ce qui précède.

La province du Lualaba. Le PPRD Richard Muyej est candidat à sa propre succession à la tête de l’exécutif. Selon des sources, cet ancien responsable provincial de l’ex-parti présidentiel et ministre de l’Intérieur, est loin de briller par l’exemplarité. L’homme est devenu riche. En guise d’écran de fumée, il a fait construire l’immeuble du gouvernement provincial. Sa réélection pourrait passer comme une « lettre à la poste ».

Selon des sources bien informées, Muyej a transformé cette « province minière » en une sorte de « baronnie ». Un de ses fils serait propriétaire d’une agence en douanes mais aussi d’une société de gardiennage. D’aucuns attribuent à ce dernier la propriété d’une société de transport à moto.

On apprend, par ailleurs, que des membres de la famille de ce « Gouv » exploiteraient, en partenariat avec une société chinoise, deux mines. Les mines de Kasalo et de Kamilombe.

« ZOE », GOUVERNEUR DU TANGANYIKA?

La province du Haut Katanga. Le poste douanier de Kasumbalesa est « concédé » – on se demande bien pourquoi – à la société privée « Trafigo ». Celle-ci appartient à Jaynet « Kabila ». Dans une sorte de « division du travail », le péage sur le tronçon Kasumbalesa-Lubumbashi est géré par un sujet chinois pour le compte de… « Zoé. » Quel sens de la famille!

Le prochain gouverneur de la province du Tanganyika pourrait s’appeler justement Zoé « Kabila ». En juin 2016, « Joseph Kabila » dont le dernier mandat devait expirer six mois plus tard a présidé la 6ème conférence des gouverneurs de provinces à Lubumbashi sur un thème pour le moins pompeux: « La consolidation de la décentralisation pour un Congo émergent: quel type de leadership provincial? » Ce n’était que du bla-bla. Rien n’a changé. Question finale: la fratrie « Kabila » envisage-t-elle de transformer la province du Tanganyika en une « baronnie »?
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