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La Republique démocratique du Congo s’apprête à vibrer. Et le mot risque de ne pas être assez fort pour décrire l’ampleur attendue de l’événement. Après plus de deux ans d’attente, le pays va enfin rendre un dernier hommage à l’ancien opposant Étienne Tshisekedi. Ultra populaire jusqu’à sa disparition le 1er février 2017 à Bruxelles, le Sphinx de Limeté, comme les Congolais l’appelaient affectueusement, revient enfin reposer pour l’éternité dans sa terre natale (Pour des raisons logistiques ce rapatriement devrait toutefois été retardé). Une terre qui n’est plus sous contrôle de Joseph Kabila, son « ennemi » juré, mais celui désormais de son fils, Félix. Tout un symbole.

L’image restera en tout cas graver dans la mémoire collective des Congolais pour longtemps. Un Tshisekedi, Président, portant en terre un autre Tshisekedi. L’Opposant historique qui s’est battu pendant plus de 30 ans, « pour ne pas laisser la place à un autre », ne pouvait rêver une fin de course aussi en apothéose. Lui qui a combattu trois dictatures. C’est ainsi qu’il qualifiait les régimes de Mobutu et de Kabila père et fils, contre lesquels il a lutté avec détermination et radicalisme. Sans jamais parvenir à ses fins. C’est-à-dire, à prendre le pouvoir et mettre en pratique son idéologie basée sur un état de droit et le bien-être social de la population. Et sans jamais céder aux sirènes de débauchage des pouvoirs en place. Un autre symbole.




L’intransigeant historique

Symbole d’une pratique politique loin de toute compromission, Étienne Tshisekedi sera pourtant toute sa vie politique, l’image d’une opposition « maudite ». Une opposition qui n’aura jamais le pouvoir dans ce pays, s’amusaient à le railler ses détracteurs. Lui, l’intransigeant, qui n’hésitait pas à dénoncer au nez et à la barbe de Mobutu, son « système odieux », « qui a avili notre peuple et fait la honte à notre pays », à sommer Kabila, père, à se débarrasser de ses encombrants alliés de l’AFDL, et enfin, à réclamer urbi et orbi qu’on lui apporte Joseph Kabila, « ligoté », chez lui, à Limeté. Alors qu’il revendiquait, en 2011, la victoire aux élections présidentielles auxquelles il a enfin accepté de participer.

Après des années de stratégies politiques de la chaise vide, qui lui coûtent sa place dans le schéma « 1+4 », au lendemain du dialogue de Sun City, 2011 inaugurait en effet pour le « Sphinx », un nouveau paradigme, celui de la participation aux affaires du pays. Participer mais pas à n’importe quel prix pour autant. Pas en acceptant de se faire voler sa victoire. Voilà qui le place dans une position d’équilibriste, d’un président fantôme qui réclame instamment son impérium, d’un côté, et de l’autre, d’un patriarche de l’opposition, figure centrale de la lutte contre le maintien de Joseph Kabila au pouvoir. Son dernier acte de résistance avant un ultime voyage. Tout un symbole.
Yvon Muya
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