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Conservation du cap pour la tenue effective des élections, le 30 décembre 2018. Application du cadre légal mis à jour. Confection et mise œuvre d’un fichier électoral répondant aux standards internationaux. Non-révision de la Constitution. Matérialisation de la première alternance pacifique et démocratique depuis 1960.




Première expérience d’un Président de la République sortant vivant au pays et circulant librement. Installation de nouvelles institutions, à savoir, l’Assemblée Nationale, le Sénat, les Assemblées Provinciales, l’élection de nouveaux Gouverneurs des Provinces. Décrispation politique totale, – avec la libération de Franck Diongo, de M. Eugène Diomi Ndongala, Firmin Yangambi et le retour de Moïse Katumbi et consorts, la réapparition de Ne Muanda Nsemi et le rapatriement de la dépouille mortelle du lider maximo, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, pour des obsèques dignes à Kinshasa, le 30 mai prochain, constituent, en un mot comme en mille, autant d’actions que Nangaa, le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante, inscrit parmi les réalisations saillantes de son Institution, depuis 2011 jusqu’en 2019. D’ailleurs, le même Nangaa, paraphrasant Tibor Nagy, le Sous-Secrétaire d’Etat américain chargé des questions Africaines, affirme, sans moufles, ni maquillage, que la RD. Congo aura connu, le 30 décembre 2018, les meilleures des élections que celles du premier et deuxième cycle, tel qu’amorcé en 2006 et réédité en 2011. Il en sort, tout de même, la tête haute, même si son visage en aura été tuméfié en raison de plusieurs coups supportés.







Rapport général étoffé

Le Président de la CENI dispose, au fait, d’un rapport dont il a brossé les grandes lignes, le vendredi 24 mai dernier, au Pullman Hôtel, à la Gombe, à la presse. Très prochainement, lorsqu’il le présentera aux Députés Nationaux, il recommandera notamment, la tenue des élections des élections locales, municipales et urbaines, d’ici la fin de cette année 2019. Concrètement, il prévient qu’au cas contraire, l’actuel fichier électoral dont l’on sait d’avance ce qu’il aura coûté en termes de moyens et de temps, se détériorera davantage avec l’accroissement du nombre de nouveaux jeunes qui, normalement, au fil de temps, seront devenus majeurs.

Perspectives

Nangaa, arrivé fin mandat, laisse plutôt entendre l’idée du parachèvement du cycle électoral, avec l’organisation des élections locales, municipales et urbaines dont la réalisation est sujette, selon lui, à la volonté politique. Il recommande ainsi qu’elles se tiennent cette année, quelles que soient les difficultés.

A cela, il ajoute, en outre, le recensement de la population. Et même là, il parle, en effet, de trois types de recensement, à savoir, le recensement administratif à réaliser par l’ONIP sous la férule du Ministère de l’Intérieur, le recensement général et scientifique à réaliser par l’Institut National des Statistiques sous la tutelle du Ministère du Plan et le recensement électoral réalisé par la CENI au travers de la mise à jour permanente de son fichier électoral.

Nangaa évoque, par ailleurs, la nécessité de la mutualisation des efforts pour qu’il soit institué en RD. Congo, une organisation qui ferait que l’on tienne un Registre d’état-civil dont devrait se servir toutes les institutions intéressées, pour avoir accès à la base de données, selon le besoin.

Il ne se limite pas là. Car, dans la suite de cette ribambelle de recommandations contenues dans ce tout nouveau rapport qu’il devra présenter incessamment à l’Assemblée Nationale, le Président de la CENI insiste, singulièrement, sur la consolidation des acquis et de l’évaluation du processus électoral.

Allusion faite, ici, à l’actualisation de certaines dispositions de la loi organique de la CENI, au niveau de la problématique du seuil de représentativité, de la machine à voter ainsi que de toute une litanie de réformes, à la fois, techniques, juridiques et politiques nécessaires.

L’affaire de la configuration, de la clé de répartition des postes au sein du Bureau ainsi que de la plénière de la CENI devra, dans ce cas, trouvé son exutoire dans un nouveau compromis procédant d’un nouveau consensus politique à dégager. De telle sorte que la société civile soit, enfin, rétablie dans ses droits. C’est-à-dire, au lieu de trois membres qu’elle a aujourd’hui, quatre pour l’Opposition et six pour la majorité parlementaire, ne serait-il pas possible d’accorder à la Société civile, elle qui est la moins intéressée par la conquête du pouvoir, un peu plus de place au sein du Bureau de la CENI ?, s’interroge-t-il.

Valises prêtes…

En juin prochain, Nangaa fera ses valises. Et, avec lui, ses colistiers. Mais, il restera, tout de même, un socle, celui du Secrétariat Exécutif National de la CENI. Ce départ qui s’inscrit dans la droite ligne de l’application de la loi organique de cette institution d’appui à la démocratie prévoyant un mandat de six ans pour les membres du Bureau ainsi que ceux de la Plénière, ne se fera pas à la hussarde. Il faudrait que les partis politiques de la Majorité parlementaire, de l’Opposition ainsi que les acteurs de la Société civile puissent désigner rapidement, de nouveaux dirigeants avec lesquels, lui, Nangaa et son équipe feraient la remise-reprise.

Au gré de vagues

Quoique victimes de plusieurs critiques acerbes et des coups fumants, la CENI, en dépit de sanctions ciblées, compte plusieurs hauts faits en termes de réalisations à son actif. Vendredi 24 mai dernier, tirant des leçons à quelques encablures de la fin de son mandat, Nangaa dit avoir recensé tout un florilège de victoires sans lesquelles la tenue des élections, le 30 décembre 2018, n’aurait nullement été possible.

Il dit, en effet, avoir appris à servir la nation, même si le travail de la CENI, prise entre les feux des positions tranchées, figées et irréductibles des parties prenantes au processus électoral, peut ne pas procurer satisfaction à tout le monde. Voilà pourquoi, rappelle-t-il, les résultats provisoires de toutes les élections avaient été transmis aux cours et tribunaux qui, après le traitement des contentieux électoraux, les avaient, enfin, confirmés.

Si bien que pour le reste, y compris tous les combats rébarbatifs axés sur la vérité des urnes, il appartient donc, à chacun des congolais, de se soumettre aux verdicts rendus par la justice pour le triomphe de la démocratie, le respect de nouvelles institutions établies et de l’ordre public ainsi que la consolidation de l’Etat de droit en RD. Congo.

CNSA, vite la dissolution

Au passage, Nangaa relève, enfin, que dès lors que l’organisation des élections et la décrispation politique vident l’Accord de la Saint-Sylvestre de toute sa substance, certaines institutions, à l’instar de du CNSA, n’auraient plus leur raison d’être. De toute évidence, il préconise la dissolution automatique.

LPM
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