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La célérité avec laquelle a été gérée l’affaire Mike Mukebayi par l’Assemblée provinciale de Kinshasa remonte en plusieurs le souvenir de la rocambolesque arrestation de Diomi Ndongala. Par le plus grand de hasard, le procureur général de la république et comme un général de la police, se trouvaient à quelques pas de l’hôtel Cana où le président de la Démocratie chrétienne a été appréhendée. Pas seulement. Le dossier Moïse Katumbi réglé par la justice qui a laissé bouche baie voire des éminents hommes de droit. Du moins, il n’a pas été constaté un vice de procédure pour les deux précités.

Ce qui n’est pas du tout le cas pour l’honorable député Mike Mukebayi dont il n’a fallu que 48h, vendredi 31 mai et lundi 3 juin pour créer une commission, valider son rapport et adopter enfin la décision par la plénière qui a rassemblé 34 députés comme l’a indiqué le rapporteur, Junior Nemba Lemba, dépassant largement la majorité, 24+1. Et jusqu’à hier soir, « mon client n’a pas été notifié de la décision de la plénière de l’Assemblée provinciale de Kinshasa qui porte sur son exclusion de l’hémicycle durant 12 mois et la rétention des émoluments », fait savoir son avocat Papy Mbaki, à Media Congo Press (MCP).

« Une démarche cavalière pour le museler »

Demander à l’honorable Mukebayi de s’amender auprès de ses collègues pour les avoir offensés, est une chose. Cependant, le conditionner par la prise d’un engagement de ne plus parler des affaires du parlement aux médias, ça, c’est chercher à museler celui que le peuple a élu – et dont les PV brandis en son temps pour faire valoir que les voix lui attribuées ne reflétaient pas la réalité ont démontré qu’il est le produit d’un vote massif – le droit d’opinion, la liberté d’expression, pourvu par la constitution de la République ne peut lui être restreint.






« Une assemblée ne peut pas demander à un député de ne plus parler des affaires du parlement au niveau de la presse ».

La décision de l’APK annonçant les mesures restrictives contre la personne de Mukebayi révèle des insuffisances dont la légèreté dans la rédaction couronnée de l’usage d’un vocabulaire approximatif qui ne caractérisent la rigueur d’une administration, en dit long sur la précipitation avec laquelle les services ont dû répondre. « A ce jour, rien ne justifie la levée des immunités de l’honorable car aucune plainte, pour ce faire, n’a été déposée au parquet », indique-t-il.

« La demande de levée des immunités provinciales, émane toujours de l'organe poursuivant c'est-à-dire du parquet après au préalable qu'une plainte soit déposée. C'est-à-dire le parquet fait son travail après l'avoir fait, il estime que je dois poursuivre ce député. C'est dans ce cas, il vient à l'Assemblée nationale ou provinciale, il demande à celle-ci de pouvoir lever les immunités, et, il y a encore une autre procédure interne. Ils se sont rendus compte que la première voie était pratiquement impossible et ne pouvez pas aboutir. C'est comme ça qu'ils ont prétexté par rapport à cette histoire d'outrage à la plénière », soulève-t-il.

Et d’observer le déroulement des évènements à son encontre, tout dénote une volonté nocive de ladite assemblée. Pour preuve « jusqu'au moment où nous parlons, cette décision n'a pas encore été notifiée à l'honorable Mukebayi », renseigne Me Mbaki l’avocat de l’honorable député provincial Mike Mukebayi.

« Et ce qui fait que dans la décision quand vous la lisez, ils font allusion au procès-verbal (PV] de ladite plénière. Or, pour qu’un PV ait sa force obligatoire il doit être adopté. De pratique un PV est souvent adopté par la réunion suivante ou assemblée plénière suivante. Mais lorsque vous regardez entre le 31 mai et le 3 juin, il n'y a jamais eu de plénière qui pouvait adopter ce PV là. Donc ça pose déjà un problème. Donc pour nous, nous disons que c'est un PV qui est nul et de nul effet. C'est un PV qui ne peut pas produire les effets juridiques. Ça c'est le premier cas », explique Me Mbaki.

« Deuxième cas, poursuit-il, supposons que ce PV-là était adopté, ça ne suffisait pas parce que ils ont constaté le manquement ou l'outrage à l'assemblée plénière, d'accord. Il fallait créer une commission devant laquelle l'honorable Mukebayi devait être invité pour présenter ses moyens de défense. Ce qui n'a pas été le cas. Supposons qu'ils auraient créé cette commission-là. C’est une plénière qui crée une commission et lorsque la commission statue, elle va retourner à la plénière qui lui a donné mandat pour que celle-ci puisse valider son rapport. Donc vous allez toujours vous rendre compte que, entre la décision est la première plénière, il n'y a jamais eu de plénière. La procédure a été escamoté, cavalière. Tout ça démontre la mauvaise foi, le règlement des comptes »

Qui est Mukebayi Nkoso Hugues-Michel Mike ?


Journaliste d’investigation chevronné dont la plume n’est plus à justifier. Il a fait ses preuves dans le métier affrontant les politiciens et dirigeants les plus craints. Sa perspicacité, sa dextérité adoubées à une intelligence vive et le courage sont des qualités qui ont assis sa notoriété et laissent admiratifs nombre de ses confrères qui voulant faire comme lui n’y arrivent, hélas, faute d’un ingrédient essentiel et pas de moindre : la personnalité.

Et oui, il en a à revendre. D’une forte personnalité, il défend ce en quoi il a foi. Ses opinions politiques ont choqué plusieurs par son franc-parler qui n’accrochent forcément les uns et semblent un défi pour les autres. Que voulez-vous ! À chacun ses manières. Toutefois, ceci ne peut remettre en question ce brillant cerveau redouté. Dire de lui « être facilement corruptible » c’est cracher sur le combat de la vérité qu'il a mené durant son parcours de journaliste, jusqu’à être estampillé « JOURNALISTE ENGAGE » pour la défense des intérêts du peuple qui l’a d’ailleurs propulsé à l’hémicycle afin de mieux le défendre.

En attendant, la décision de l’APK est « nulle et de nul effet », souligne son avocat. « Cette décision ne peut pas produire des effets juridiques. Et par ce fait, nous devons attaquer ça pour qu'on l'annule. Mike Mukebayi n'a pas été notifié donc il peut se rendre sans problème à l'Assemblée provinciale. Même par respect à un député provincial lorsque vous prenez une décision, vous vous précipitez à la mettre sur les réseaux sociaux, ça c'est quelle façon de gérer le pays ? Avant même que cette décision puisse atteindre le concerné. On ne peut pas gérer un pays comme si on gérait une église », a-t-il conclu.

La politique corrompt. On ne dirige pas par défi « honorable président ».





La Rédaction
MEDIA CONGO PRESS
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