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*Il exhorte les mouvements citoyens à rester mobilisés pour la promotion des valeurs.
Sindika Dokolo, le Chairman- appellation qu'il dit ne pas aimer- du mouvement citoyen "Les Congolais Debout" sort du bois après plusieurs mois de silence et remobilise les troupes. Dans un discours non écrit, de près de 30 minutes, et dont on sent les paroles venir droit du cœur, il appelle tous les mouvements citoyens à rester mobilisés pour la promotion des valeurs en RD Congo. Pour lui, ces élections (du 30 décembre 2018, NDLR) ne sont qu'une victoire d'étape. Sindika Dokolo s'exprimait lors des Premières assises de "Les Congolais Debout", ouvertes hier jeudi 28 novembre à Kinshasa et dont la clôture interviendra samedi 30 novembre.
Le curseur, mis sur la promotion des valeurs, Sindika Dokolo souligne : "Mon combat n'a jamais été personnel vis-à-vis de Joseph Kabila. De la même manière, mon soutien n'est pas personnel vis-à-vis du Président Tshisekedi. Notre lutte n'a jamais été contre une personne, nous ne sommes pas un parti politique. Nous défendons des valeurs, nous défendons une idée de la dignité du peuple congolais, la dignité humaine."
"A tous les compagnons, militants qui ont entendu mon appel et se sont engagés en le risque, et sachant que comme mouvement citoyen, nous n'avions rien d'autre à gagner que le sentiment du devoir accompli ", fait-il remarquer.
Pour l'initiateur du mouvement citoyen " Les Congolais Debout ", la RDC traverse une situation où se trouve, d'un côté, " une partie du pouvoir qui incarne le désir de changement, de reformes, d'amélioration, qui était le seul grand message qui est sorti de ces élections. Et de l'autre côté, on sent la résurgence des forces réactionnaires qui voudraient revenir à un état de choses qui était celui d'avant les élections. "
A ses yeux, il est fondamental que l'ensemble des mouvements citoyens et la population congolaise s'engagent pour s'assurer que le changement est quelque chose d'irréversible. Il veut pousser ses compatriotes à engranger d'autres victoires après celle qui a vu le pays vivre sa première alternance pacifique au sommet de l'Etat.
Au nombre des victoires à venir il cite " la réforme de la justice, de toutes les institutions qui posent problème aujourd'hui et qui restent de vrais dangers pour la démocratie. " Sindika Dokolo est formel, " c'est en étant des meilleurs citoyens que nous obtiendrons des meilleurs dirigeants. Et donc pas le contraire. Etre un Congolais debout, c'est comprendre que notre pays qui a été fragilisé par des années de la descente aux enfers ne peut se redresser et se développer que par la mise en place d'un véritable Etat de droit. La création d'une vraie culture citoyenne. Etre un Congolais debout c'est avoir décidé de ne plus être un spectateur du récit national et comprendre que l'histoire de notre pays est écrite par des citoyens qui un jour ont décidé d'assumer leurs responsabilités face à l'histoire, le destin et la nation… "
GARDIEN DU TEMPLE
Selon Sindika Dokolo, les assises du Centre culturel Boboto visent trois objectifs, trois grands moments de travail d'ensemble.
Le premier, c'est faire le bilan. L'initiateur de "Les Congolais Debout" explique qu'un citoyen engagé, efficace est un citoyen conscient, informé. " Il est fondamental en tant que mouvement citoyen de bien comprendre et revisiter ce qui s'est passé : les enjeux auxquels nous étions confrontés, les réponses que nous avons réussi à trouver et que nous ayons un regard qui soit critique sur ce que nous devons améliorer afin d'être toujours efficace dans la promotion de la culture citoyenne et dans la mobilisation de la base militante lorsque la situation l'exige. Lorsqu'on fait ce bilan, nous nous rendrons compte qu'il y a en RDC une nouvelle force sur l'échiquier politique avec laquelle il faudra désormais compter : il s'agit de la société civile. Si cette Société civile n'avait pas été capable de se mobiliser, de s'engager, de s'exposer de la manière qu'elle l'a fait, je pense qu'à cette date ci, les élections n'auraient toujours pas eu lieu…", souligne-t-il.
Dokolo rend ici hommage aux mouvements citoyens : Lucha et Filimbi, au Comité laïc de coordination, non sans une mention spéciale à l'église catholique "qui a joué un rôle d'une dimension et d'importance historique pour arriver à nous faire sortir de la situation sans issue dans laquelle nous nous trouvions, il y a une année."
Il souligne le rôle de gardien du Temple de mouvements citoyens. "Nous devons tous, nous mouvements citoyens, nous rendre compte de ce que cela signifie et assumer ce rôle de gardien du temple… C'est nous qui avons fait ce travail. C'est très important que nous prenions acte que le Congo d'avant les élections de 2018 n'est plus le Congo d'après les élections de 2018. Il y a désormais au Congo, des mouvements citoyens qui assument la responsabilité de défendre des valeurs, au-delà des circonstances, au-delà des individus, au-delà de danger. C'était un rôle pour lequel nous avons payé le prix et c'est un rôle aujourd'hui qu'il nous faut devant nos concitoyens, devant l'histoire, continuer d'assumer."
LES MOUVEMENTS CITOYENS INTERPELLES
Le deuxième objectif de ces assises, c'est le travail d'analyse de la séquence politique que le pays vit. Sindika Dokolo se pose une série de questions. Est-ce parce qu'aujourd'hui, nous pouvons enfin nous réunir comme la Constitution nous l'autorise afin de parler de notre pays, de promouvoir la culture citoyenne, le respect des droits et règles, est-ce que ça veut dire que le Congo est désormais une démocratie avec un Etat crédible ? Avec des institutions fonctionnelles ? Pour Sindika, la réponse est non. " Nous sommes dans un moment très particulier où il y a effectivement une volonté de changement qui a été clairement manifestée par les électeurs Congolais, mais il y a encore une forte présence des forces réactionnaires qui voudraient bien nous ramener en arrière… ", analyse-t-il.
Les participants vont devoir réfléchir à comment mobiliser l'opinion autour de ces questions qui sont complexes mais qui sont fondamentales. " C'est notamment la question de l'instrumentalisation de nos institutions : CENI, Cour constitutionnelle… La réforme de la Justice. Donc il est impensable que notre vie démocratique et des prochaines élections se passent sans que nous tirions les conséquences de ce qui s'est passé et que nous nous assurions que cela ne puisse plus se reproduire. Sans un engagement très ferme et exigeant des mouvements citoyens, il est à redouter que les prochaines élections présentent les mêmes difficultés que les élections précédentes… ", prévient Sindika. Il convie les congressistes à faire des analyses des enjeux de ce grand moment politique qui s'est ouvert depuis la tenue effective des élections et l'alternance au plus haut niveau du pouvoir.
" Sans un changement de culture, un changement fondamental, sans une prise de conscience de ce que ça veut dire de s'adonner à la corruption, nous n'aurons aucune chance d'enrayer ce fléau", dit-il.
Le troisième et dernier objectif, c'est la définition des actions… Didier KEBONGO
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