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Ils plaident par ailleurs pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

(Un mini-dossier de Kléber KUNGU, Orly-Darel NGIAMBUKULU et Gloire BATOMENE)

Après quatre mois de fermeture, les établissements scolaires en RD Congo pourraient à nouveau rouvrir leurs portes au courant de cette semaine. Officiellement, la date de la reprise sera fixée après la levée, ce mardi 21 juillet, de l’Etat d’urgence sanitaire, décrété depuis le 24 mars dernier par le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi. Dans les milieux des parents d’élèves, on semble s’impatienter. Mais sans trop d’effervescence. Bien au contraire.

Cependant, côté enseignants, les avis divergent. Certains ne cachent pas leur pessimisme. D’autres, par contre, jugent très favorable la décision de la reprise des enseignements prise par les dirigeants du pays. Néanmoins, ceux des enseignants qui se disent disposés à renouer avec la craie, posent quelques conditions, avant toute reprise des activités. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ces pratiquants du Beau métier interrogés à Kinshasa, par une équipe de reporters de Forum des AS, veulent se rassurer que leur contact avec les élèves et autres écoliers, les mettrait à l’abri de la contamination à la Covid-19.

Ainsi, dans ce contexte sanitaire d’incertitudes, les enseignants contactés demandent au Gouvernement, de mettre à leur disposition tous les moyens matériels nécessaires pour faire respecter les gestes barrières contre la propagation du Coronavirus en milieux scolaires. Surtout dans les provinces touchées par la pandémie. Il s’agit, entre autres, des lave-mains, des gels hydro alcooliques, du savon liquide, des masques anti-postillon. S’ajoutent à cela, la désinfection des salles de classe, des bureaux et autres locaux scolaires. En l’occurrence, la salle de professeurs, pour les secondaires et humanités.

«La reprise des cours sera progressive. Dans un premier temps, elle ne concernera que les finalistes des deux cycles, candidats aux épreuves certificatives. A savoir le Test national de fin d’études primaires (TENAFEP) et l’Examen d’Etat. Mais les conditions ne sont pas encore réunies. Car, il est nécessaire de prendre certaines dispositions sanitaires. Notamment, l’installation des lave-mains dans les écoles, doter les écoles de masques pour les enseignants et les élèves…Bref, pour éviter la propagation de la Covid-19, il faille prendre des dispositions pratiques sanitaires», indique Alferd Maluampanga Tutuma, conseiller principal de l’Orientation scolaire et professionnelle au Bureau du conseiller résident de la CEC au quartier 5/Ndjili.

A la question de savoir de quelle manière «sauver» les élèves des classes montantes, M. Alfred Maluampanga propose l’idée d’appliquer une moyenne des notes obtenues, soutenant que ces derniers avaient déjà parcouru les deux tiers des matières inscrites au programme. Soit, plus de la moitié du 1er semestre de l’année scolaire 2019-2020. Cette proposition a été soutenue par M. Marcel Ngoma Nsayi, inspecteur de l’Enseignement secondaire, Pool Kimbanseke 3, province éducationnelle Tshangu.

Selon cet enseignant assis, les élèves des classes montantes peuvent être évalués en calculant la moyenne des cotes obtenues dans différentes périodes au secondaire et des deux premiers trimestres au niveau du primaire. Ainsi, ceux qui auront obtenu de bons résultats, seront d’office admis dans les classes supérieures.

Faut rappeler ici, que cette proposition n’a jamais fait l’unanimité dans les milieux des pédagogues. Car, certains élèves qui ne se sont pas bien appliqués pendant le premier semestre, peuvent toujours s’améliorer au courant du semestre suivant. Et, vice-versa.

S’exprimant sous-couvert de l’anonymat, un agent du Service de l’Orientation scolaire et professionnelle, du Lycée technique Bomengo, école conventionnée catholique située au Q7 de N’Djili, s’est montré sceptique, quant à la reprise des cours. Car, argumente-t-il, le Gouvernement doit au préalable remplir toutes conditions liées aux moyens préventifs nécessaires, pour éviter le développement de la pandémie de Covid-19 dans les écoles.

COMMENCER L’ANNEE 2020-2021 PAR LES RELIQUATS DE 2019-2020

A l’hypothèse qu’il n’y ait pas de reprise de cours pour les classes montantes, comment devrait-on s’y prendre pour récupérer les matières inscrites au programme, mais qui n’ont pas été enseignées au cours de l’année scolaire 2019-2020 ? A cette question, M. Marcel Ngoma Nsayi estime que le problème ne se pose pas. Il pense que la solution consistera à commencer la prochaine scolaire 2020-2021 par la dispensation des reliquats de l’année 2019-2020.

Il ajoute, par ailleurs, que même pour les finalistes, la passation des épreuves certificatives devrait être précédée par quelques enseignements théoriques pendant quelques semaines. En ce compris la révision des matières avant de passer aux concours proprement dits. Pour l’inspecteur Marcel Ngoma Nsayi, il est donc impossible de prétendre reprendre les cours et clôturer normalement l’année scolaire en cours. Car, les perturbations enregistrées risquent d’impacter négativement sur l’année scolaire 2020-2021.

Toutefois, il rassure que des techniciens du ministère de tutelle et de l’Inspection générale de l’Enseignement sont déjà à pieds d’œuvre pour un calendrier scolaire réaménagé.

ENCADREMENT PSYCHOLOGIQUE DES ELEVES

Après plus de quatre mois d’oisiveté, Alfred Maluampanga estime qu’il faudrait assurer un encadrement psychologique des élèves. Ce, pour éveiller leurs esprits. « Après beaucoup de mois passes à la maison, sans ne rien faire, les enfants ont perdu les notions des cours. C’est pourquoi, il faut un encadrement psychologique des conseillers d’orientation scolaire et professionnelle pour éveiller leurs esprits en vue de les mettre en confiance pour aborder les épreuves», postule-t-il.

Toutefois, plusieurs enseignants sont pessimistes, quant à la chance de terminer l’année scolaire 2019-2020. Pour Alpha Wakondua, enseignant des Sciences physiques et techniques (SPT) en 7ème et 8ème année au Collège Frère Alingba de Kintambo, après les quatre mois de fermeture d’écoles, on a accusé un retard énorme qui, selon lui, parait irrécupérable.

S’agissant de l’observance stricte des gestes barrières contre la propagation de la Covid-19, cet enseignant déclare que compte tenu de gros effectifs des élèves, il ne sera pas possible de pratiquer la distanciation physique. Ce qui, selon lui, obligerait l’école à organiser deux vacations et payer doublement les enseignants. Il évoque également le fait qu’ils sont démotivés, faute de primes payées jadis par les parents.

Mme Francine Mutata, professeure de Coupe, de l’Exercice technique, Couture artisanale, Couture industrielle, Éducation à la vie en 6ème année Coupe et Couture au Lycée Technique de la Gombe (LTG), partage le même pessimisme. Pour les mêmes raisons. Entre autres, l’incertitude quant à la reprise effective des cours, aucune date précise n’étant pas encore fixée par le Gouvernement. La même enseignante évoque également la non -motivation des enseignants qui, selon elle, constitue un obstacle à la reprise harmonieuse des activités scolaires. Dans son inquiétude, Mme Francine Mutata fait savoir qu’en cherchant tout prix à sauver l’année solaire en cours, la prochaine sera un casse-tête.

«LES ESPOIRS NE SONT PAS PERDUS»

Se montrant plus rassurante que nombre de ses collègues, Mme Ange Maweja du Lycée technique Bolingani à Kintambo, pense que les espoirs de récupérer l’année scolaire 2019-2020 sont permis. «Il y a moyen de rattraper les quatre mois perdus». La recette, propose-t-elle, consiste en la réduction de la durée des grandes vacances. Concrètement, elle suggère une semaine de répit, le temps pour les parents et les responsables d’écoles de se préparer pour une bon démarrage de l’année scolaire 2020-2021.

Cependant, elle redoute la propagation de la pandémie compte tenu des effectifs pléthoriques dans son école. Aussi, en appelle-t-elle à la motivation des enseignants dont les salaries ont subi l’impact négatif dû à la dépréciation de la monnaie locale. Pour ces enseignants, il ne devrait se poser aucun problème pour reprendre les cours, d’autant plus que les trois quarts du programme ont été enseignés. Par conséquent, il serait injuste de déclarer une année blanche.

AMELIORATION DES CONDITIONS DE VIE ET DE TRAVAIL

M. John Bantu, directeur des études au Lycée Mpiko de Lemba, favorable à la reprise des cours, plaide cependant, pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants qui, selon lui, demeurent une priorité. Il demande ainsi au Gouvernement d’y réfléchir surtout en cette période de crise sanitaire qui impacte négativement la vie des Congolais en général et celle des enseignants en particulier.

Plusieurs autres enseignants et administratifs rencontrés à Kinshasa, ont présenté les mêmes revendications. Cas d’un agent du Secrétariat du Collège Saint Théophile dans la même municipalité qui a préservé la mécanisation des enseignants nouvelles unités. Il n’estime que la gratuité de l’enseignement passe aussi par le paiement de cette catégorie d’enseignants.

Ce groupe d’enseignants, contrairement aux autres, affirment qu’il y a possibilité pour le reste du temps de permettre aux élèves de réviser les matières et finir le reste du programme. On rappelle que lors de sa récente intervention au Sénat, le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, Willy Bakonga, avait affirmé que l’année scolaire 2019-2020 ne sera pas déclarée blanche. Elle connaîtra, cependant, un léger décalage. Il avait indiqué qu’un projet de réaménagement du calendrier scolaire en cours a déjà été élaboré.
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