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Depuis plus de six décennies, les Congolais ont toujours imaginé un avenir prospère, où leur bien-être économique était garanti par le fait qu’ils vivent sur une ‘terre bénie’. Les dirigeants ont vendu un rêve illusoire selon lequel le Congo prospérerait en peu de temps, sans prendre les précautions nécessaires pour que ces objectifs se concrétisent. En raison de leur incapacité non seulement à diriger le pays efficacement, mais aussi à assurer un leadership économique gérant efficacement toutes les ressources. Et pourtant, ce rêve ne s’est pas matérialisé pour les citoyens, ni aujourd’hui alors que le nouveau gouvernement de Félix Tshisekedi envisage de reconstruire une économie détruite, sans compter les conséquences de la pandémie de Covid-19. Il est désormais primordial de développer des politiques économiques agressives, qui conduiront à la réalisation du programme de transformation longtemps retardé, même si des mesures d’urgence sont appliquées à court terme.

Il est impossible de bâtir un avenir sans une connaissance approfondie du passé. C’est le seul moyen dont dispose une société pour empêcher la répétition des erreurs précédentes, briser les schémas improductifs et tirer parti des leçons apprises. Il est clair que, pour le Congo, grand pays à la puissance économique non réalisée, le passé est particulièrement instructif parce qu’il fournit de nombreux exemples de programmes économiques qui ont échoué.

La Banque Centrale du Congo a été un acteur majeur au cours des six dernières décennies. Cependant, elle n’a pas toujours reçu les outils nécessaires pour conduire le pays vers un avenir prospère. Il y a une question fondamentale qui s’est posée au fil des années à son propos: quel est le rôle approprié du gouvernement et du secteur privé dans la construction d’une banque centrale crédible et d’un système financier moderne pour relever les vrais défis du développement ?

Il existe d’innombrables preuves que le développement du secteur financier peut apporter une contribution importante à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté. La RDC est certainement l’un des pays qui peut bénéficier d’un tel développement car les structures économiques se sont effondrées et doivent être réformées.

Les banques centrales opèrent dans des conditions difficiles à travers le monde, car elles doivent assurer la stabilité des prix et être attentives aux demandes légitimes du gouvernement. Mais, surtout, il faut noter qu’elles doivent être indépendantes de toute influence. Ces deux objectifs, souvent contradictoires, opposent les banques centrales à leur gouvernement, créant ainsi souvent des conflits entre les deux institutions.

Cependant, les économies émergentes comme la RDC doivent agir de manière décisive, en veillant à ce que la banque centrale se libère de l’influence du gouvernement. Il y a des avantages à cette indépendance. Ainsi, les gouvernements ont tendance à prendre de mauvaises décisions en matière de politique monétaire parce qu’ils sont souvent influencés par des considérations politiques à court terme. En outre, une banque centrale indépendante a plus de crédibilité et si les gens font plus confiance à la Banque centrale, cela contribue à réduire les anticipations inflationnistes et rend l’inflation plus facile à maintenir faible.

Il est important que les politiques qui régissent la relation entre l’État et la banque centrale soient modifiées. Cela ne signifie pas que la banque centrale ne serait pas tenue responsable de ses décisions: le contraire doit être vrai. Cependant cela permettra une stabilité des prix. Voilà pourquoi, l’idéal est de confier à la banque centrale un objectif tangible de contribution à la stabilité économique.

Cette position peut-être controversée, non pas parce que les réformes sont inutiles – elles sont en effet indispensables – mais pour deux raisons liées: premièrement, parce que la banque centrale est une institution spécialisée avec un mandat étroitement défini qui ne comprend pas de réformes structurelles; et deuxièmement, parce que de nombreuses réformes reviennent à changer les institutions économiques et sociales qui sous-tendent une société et impliquent donc des choix que seul un organe élu peut faire. Ce n’est pas par hasard que les réformes du marché du travail, des lois sur la concurrence, des procédures de faillite ou des retraites, pour n’en citer que quelques-unes, nécessitent une législation et donc une décision du parlement.

Il s’agit d’un exercice collectif, impliquant tout l’appareil d’Etat car ce qui est en jeu, c’est la qualité de vie des citoyens; cela ne peut être abordé que si la question économique est résolue. Le monde est rempli d’exemples réussis de banques centrales, il est possible de les imiter afin de résoudre nos problèmes. Cela ne veut pas dire que c’est la seule solution. L’argument ici est que la réforme du cadre législatif de la banque centrale doit faire partie de la vision stratégique et de l’agenda de développement.

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