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Joseph Kabila a pris soin de soigner ses arrières avant de céder le pouvoir à Félix Tshisekedi. 

L’accord a été signé le 08 Janvier 2019, avant la publication des résultats provisoires par la CENI.

Que se sont dit les deux personnalités ? Quels engagements ont-ils pris ? Quels gages mutuels se sont-ils donnés ? 

Dans une matinée politique au siège du PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary a déclaré que l’accord secret entre Tshisekedi et Kabila a été signé en sa présence et seul Kabila garde la copie. 
Pourtant, devant les sénateurs et députés nationaux de sa famille politique, Joseph Kabila a affirmé que le fameux deal a été conclu en présence de trois chefs d'État.

En 7 points, voici son contenu :

1. Immunité totale pour le clan Kabila (famille et dignitaires de son régime). Pas de poursuites pénales pour tous les crimes possibles commis (crimes de sang, crimes économiques et autres).

2. Concertation entre les deux leaders (Tshisekedi-Kabila) avant toute mise en place notamment dans les services de sécurité (Armée, police et services de renseignements), entreprises publiques, et territoriale. C’est le fameux concept de la cogestion.

3. Soutien lors de la présidentielle de 2023 par la famille politique de Tshisekedi de la candidature FCC, famille politique de Kabila. « Principe de « réciprocité », je te soutiens, tu me soutiens », explique notre source.

4. Témoins internationaux : 3 présidents, le Kenyan Uhuru Kenyatta, l’Égyptien Al-Sisi, et le Sud-Africain Cyrille Ramaphosa.

5. Témoins nationaux : 5 généraux dont :

1. Delphin Kahimbi (ex-patron des renseignements et ancien numéro 2 de l’armée, décédé depuis).

2. Célestin Mbala (ex-chef aide de camps de Kabila et actuel patron de l’armée).

3. John Numbi (ex-chef de la police, ancien patron de l’armée de l’air, ex-inspecteur de l'armée, aujourd’hui à la retraite).

4. Amisi Kumba dit Tango Four (ex-patron de la zone de défense 1 et actuel inspecteur général de l'armée).

5. Jean-Claude Yav Kabey (ex-patron de la sécurité personnelle de Kabila et donc de la garde républicaine).

6. Nom de l’accord : « Accord pour la stabilité et la paix au Congo ».

7. Lieu de la signature : ferme de Kingakati, antre de Kabila située dans la banlieue Est de Kinshasa.

Félix Tshisekedi avait admis le 26 février 2019, lors de sa visite à Windhoek (Namibie), avoir eu une entente avec son prédécesseur Joseph Kabila, mais pour un gouvernement de coalition.

"C’est un deal que nous avons fait pour que, d’abord, l’alternance se fasse pacifiquement. Donc, il y a eu cette entente, et elle s’est faite pacifiquement pour qu’après les élections législatives et la majorité qui s’en est dégagée, il y ait une coalition avec le camp de M. Kabila, le camp sortant," avait déclaré le président Tshisekedi en réponse à une question d'un journaliste.

Depuis plusieurs semaines maintenant, le camp Kabila se plaint de la violation du « deal », avec notamment les ordonnances présidentielles de juillet dernier dans les services de sécurité et dans la magistrature. Face à ces critiques, les partisans du président Tshisekedi soutiennent que « le salut du peuple est la loi suprême ». F. Tshisekedi reprend de plus en plus ce principe dans ses discours.

Près de deux ans après l’accord de coalition gouvernementale, la confiance entre les deux partenaires a laissé la place à la méfiance, à la défiance voire à l’amertume. 

La coalition au pouvoir est au bord de l’éclatement. Joseph Kabila, sans poste mais détenant encore un pouvoir considérable sur l’Etat grâce à sa majorité parlementaire, consulte à tour de bras. Il ne veut pas perdre le pouvoir qu’il a feint de quitter.

De son côté, Tshisekedi après avoir fait profil bas au début de la législature, a commencé à sortir peu à peu ses griffes, de plus en plus acérés. Dépeint par ses détracteurs comme une marionnette dans les mains de Kabila, le 5è président de l'histoire de la RDC avec seulement 32 députés nationaux, bouscule les équilibres politiques en hésitant pas à griffer ses alliés. Il a décidé d’entamer des consultations avec les forces politiques et sociales en prévenant qu’il n’excluerait aucun cas de figure.

Est-ce la fin de la coalition ? L’avenir nous le dira. Mais en attendant, c’est le branle-bas de combat dans les états-majors politiques. Le FCC qui voit son hégémonie politique menacée, a multiplié des réunions. Du côté de l’opposition LAMUKA, c’est l’attentisme. Mais plusieurs de ses leaders ne cachent pas leur satisfaction en voyant les déboires de la coalition FCC-CACH.


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