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Depuis que le Président de la République, Félix Tshisekedi, a annoncé la tenue des consultations pour la requalification de la majorité à l’Assemblée nationale, les sorties se sont multipliées au sein du FCC (Front commun pour le Congo) avec comme point culminant la rencontre de Kingakati du 29 octobre 2020 au cours de laquelle l’ancien président Joseph Kabila s’est exprimé. C’est un homme déchainé qui cherche à racheter le temps et sans doute rebaudir sur la scène politique. En face, il y a Félix Tshisekedi qui a décidé de se démarquer du deal si jamais il en existe un qui le lie à l’autorité morale du FCC.

Beaucoup de choses sont dites et diversement commentées, alimentant une polémique sur tout et s’éloignant de l’essentiel : l’essence de ce message. Ce message visant à réserver les rangs du FCC révèle en même temps la stratégie adoptée par Kabila pour contrer et mettre en échec l’Offre Publique d’Acquisition (OPA) du Président de la République.

LES TROIS PILIERS D’ATTAQUE


La stratégie s’articule autour de trois points :
Décrédibiliser Félix Tshisekedi auprès des Députés FCC,
Faire profil bas et présenter Kabila comme humble aux Députés tout en leur promettant de fonctions au sein du FCC et
Brandir la menace du chaos de type 1960 si la majorité FCC est décapitée au Parlement.

Décrédibiliser Félix Tshisekedi. Joseph Kabila a présenté le Président Félix Tshisekedi comme un homme peu fiable n’ayant aucun sens d’honneur ni de respect de la parole donnée, encore moins des accords signés. De ce fait, les parlementaires FCC ne devraient pas lui accorder un quelconque crédit en intégrant l’Union sacrée dont il parle. En plus, il est un homme qui se laisse influencer pas l’opinion qui, un jour, lui dicterait de mettre fin à leur mandat.

Que gagneraient-ils à suivre un suiveur sans honneur de l’opinion ?

Faire profil bas et se présenter en homme humble. Jouant sur son image d’un leader bienveillant et conciliant. Kabila présente ses excuses à ses troupes pour le retard pris dans la restructuration du FCC. En réalité, il leur offre sa carotte en leur promettant de nouvelles affectations et promotions dans les organes dirigeants du FCC afin qu’ils se sentent considérés.

En outre, il leur promet que les élections de 2023 ne sont plus loin, ils ne peuvent les gagner que s’ils sont soudés comme en 2018 derrière lui, le gros poisson.

Enfin, Kabila tient à montrer à ses troupes qu’il a encore une force de frappe dans ce pays, et il est le seul à l’avoir. En évoquant les événements de 1960, il dit deux choses :
Il peut sévir dans son camp contre toute rébellion et
Il n’acceptera pas le basculement de la majorité parlementaire.

En Lumumbiste autoproclamé, il résistera. Et on connait ce que signifie le mot résistance dans le vocabulaire des années 1960 : rébellion. A ce sujet, beaucoup de ses lieutenants ont toujours menacé qu’un mécontentement politique ne dégénère en rébellion.

Est-ce cette stratégie sera garante ? Très tôt pour le dire, néanmoins elle a quelques faiblesses très liées et imbriquées que voici en rapport aux points respectifs évoqués ci-haut.

Dans sa stratégie, Joseph Kabila n’a pas fait allusion ni n’accorde une place au peuple. Il a choisi de s’adresser uniquement aux membres du FCC alors que Félix Tshisekedi s’est adressé au peuple. Cette différence d’approche dans la communication fait apparaitre cette crise comme étant un combat d’un groupe privilégié FCC contre la majorité et donc le peuple.

En outre, Félix Tshisekedi apparait comme cherchant un soutien du peuple alors que Kabila, qualifiant le peuple d’opinion, demande aux députés FCC de ne pas en tenir compte.

Il ne serait pas facile aux députés de ne pas en tenir compte, surtout en rapport avec la perspective de 2023.

Enfin, en parlant de l’accord sans le présenter et surtout en promettant d’en partager avec ses amis du FCC, la crédibilité de la communication de Joseph Kabila et du FCC est mise à rude épreuve.

Finalement, les députés se demanderont, combien d’accord il y en a ? Celui de Ramazani Shadary martelé la veille devant le PPRD, se targuant d’être le seul témoin ? Celui de Kabila lui-même, affirmant que certains membres du FCC étant présents ou celui que tous connaissent signé par FCC et CACH ?

La promesse de la restructuration du FCC est attirante, toutefois, les fonctions au FCC n’accordent pas des privilèges comme les fonctions étatiques. Par ailleurs, seront-elles suffisantes pour tous et pour chacun ? Au fait, ce point montre un renversement des rôles au sein du FCC. Le pourvoyeur unilatéral de grâce dépend de la masse pour continuer à jouer ce rôle.

Le seul et unique grand prêtre, comme aime le dire Shadary, découvre qu’il ne l’est plus sans le soutien de la masse. Pour obtenir ce soutien, il leur promet des nominations et promotions qui, dit-il, sont déjà prêtes depuis longtemps. A ce sujet, les députés ne seront pas dupes.

LE SCENARIO DE 1960 VA-T-IL SE REPETER ?

En évoquant les années 1960, Kabila cherche à galvaniser ses troupes en leur montrant qu’il continue et continuera à tenir les leviers du pouvoir jusqu’aux prochaines élections.

Il affirme que Félix Tshisekedi a franchi la ligne rouge avec les nominations dans l’armée et dans la justice.

C’est cela le nœud de la crise.

De ce point de vue, la prise des fonctions des personnes nommées, malgré les contestations, fait entrevoir une image de Kabila perdant le contrôle et le pouvoir sur ces institutions. C’est un signe qui pèsera énormément dans le choix de rester ou de traverser la rue par les députés FCC.

Ils savent que la perte de contrôle de la CENI, de la Cour Constitutionnelle et de l’armée éloigne Kabila de son vœu de revenir au pouvoir et donc d’influencer leur avenir. La CENI était chargée de proclamer les vainqueurs provisoires, la Cour Constitutionnelle d’en valider et l’armée et la police de mater toute contestation. Ils en étaient mieux que quiconque.

En définitive, on est en présence d’une crise où un ancien président, Joseph Kabila, estimant du fait de sa majorité au parlement qu’il devrait être le Président bis, si pas le Président en chef.

Rien ne pouvant être fait ni décidé sans lui, au nom d’un accord politique signé devant témoins.

Son objectif majeur est de redevenir le Président de la République en contrôlant la CENI, l’armée et la Cour Constitutionnelle. Le nouveau Président veut exercer pleinement ses prérogatives constitutionnelles et son programme politique mais la majorité parlementaire, par ordre de l’ancien président, les lui dénient. Félix Tshisekedi demande une sédition des parlementaires de la majorité, au cas contraire il envisagerait toutes les solutions, y compris la dissolution du Parlement.

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