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Le président national du parti Nouvel Elan a, au cours d'un dialogue vertical avec la population de Tshangu à Kinshasa, samedi dernier, évoqué cinq scénarios  sur lesquels pourraient déboucher les consultations initiées par le président Tshisekedi.

Il s'agit, selon Adolphe Muzito, de :

1er scénario

Ici, monsieur Tshisekedi échoue dans le recrutement de nouveaux députés en vue de former une nouvelle majorité parlementaire et donc de conclure un nouvel accord parce qu’il n’aura pas réussi à mobiliser suffisamment des députés en faveur de son Union sacrée. Il se verrait dans l’obligation de rentrer auprès de Kabila pour continuer leur accord, sans perspectives d’une quelconque réforme institutionnelle. Ce scénario affaiblira davantage Mr F. Tshisekedi et réduira davantage sa capacité de réaliser sa vision. Il n’y aura d’issue ni pour lui-même, ni pour le pays.

2è scénario

Monsieur F. Tshisekedi réussit à recruter quelques députés, à augmenter son poids au sein de l’Assemblée nationale ainsi que son quota au sein de la coalition FCC-CACH ,mais n’arrive ni à avoir une majorité parlementaire ni à avoir le contrôle de ses fonctions régaliennes, dont la défense et la justice ainsi que la gestion des finances et des mines.

Dans ce cas de figure encore une fois, Mr Tshisekedi ne pourra pas matérialiser son programme économique et social. La crise dans le pays ne trouvera pas un début de solution.

3è scénario

Mr F. Tshisekedi réussit à requalifier la majorité parlementaire, en obtenant l’adhésion à son union sacrée, de quelques députés du FCC et/ou de LAMUKA, en considérant que Mr Kabila se laisserait faire ou serait prêt à renoncer à leur alliance. Or, Kabila tient tellement à Mr Tshisekedi et à l’accord de coalition pour gouverner ensemble alors qu’il n’avait pas besoin de ce dernier pour former la majorité parlementaire. Sa stratégie consisterait à faire porter à Mr F. Tshisekedi  la responsabilité du bilan négatif de la législature lors de la prochaine présidentielle.

D'autre part, la requalification de la majorité parlementaire devrait passer nécessairement par une démission du premier ministre, qui est du FCC, à moins que Mr Tshisekedi ne puisse décider d’opérer un coup de force ou de faire tomber le gouvernement à la suite du vote de la motion de censure par la nouvelle majorité parlementaire de fait qu’il aurait constituée. La démission du premier ministre est le seul acte qui peut donner l’opportunité à Mr F. Tshisekedi de désigner un informateur, qui pourrait identifier la supposée nouvelle majorité.

Cette option ne va pas non plus résoudre la crise puisque les débauchés resteraient toujours manipulables et capables à tout moment, de revenir sur leur décision.

Aussi Mr F. Tshisekedi aura du mal à rivaliser avec Kabila sur le terrain du débauchage des députés en termes d’expérience en la matière et de la disposition des moyens financiers.

4è scénario

Mr F. Tshisekedi lève l’option de dissoudre l’Assemblée Nationale par un coup de force, puisque du point de vue constitutionnel, une ordonnance de dissolution de l’Assemblée nationale est soumise à un contreseing du premier ministre qui est du FCC.

Cette option présente les inconvénients suivants :

- Les élections anticipées ne concerneront que les législatives et non la présidentielle, pourtant l’institution Président de la République est aussi concernée par la crise de légitimité.

- La difficulté voire impossibilité d’organiser les élections législatives dans les soixante jours, d’où une situation d’inconstitutionnalité.

- À défaut d’organiser les élections dans les soixante jours, nous entrerons dans une période d’exception où le président pourrait s’approprier les compétences du Parlement avec risque d’une dérive dictatoriale.

- Au cas où les législatives étaient organisées dans les soixante jours, il n’y a pas de garantie que Mr Tshisekedi gagnerait par les urnes une majorité parlementaire pour rentrer dans une situation normale, d’un Président de la République, disposant d’une majorité parlementaire et de ses fonctions régaliennes.

5è scénario

Dans ce scénario, toutes les parties prenantes à la crise congolaise dégageraient un consensus autour des réformes structurelles comme préalables aux élections générales anticipées (Voir Plan de sortie de crise du Président élu Martin Fayulu). Cette option a l’avantage de mettre fin à l’illégitimité et à une alliance contre-nature qui a mis à la tête du pays, un monstre institutionnel, à savoir un président de la République sans majorité parlementaire et sans maitrise des fonctions régaliennes.

Pour rappel, les consultations initiées depuis lundi 2 novembre de l'année en cours par le président de la République, ont pour objectif de recueillir les avis des acteurs sociopolitiques du pays en vue de créer une Union sacrée de la nation.

Prince Mayiro

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