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Des députés français ont saisi le 25 novembre dernier, par écrit, le président de la République française Emmanuel Macron pour lui demander de soutenir la création d’un Tribunal pénal international afin de poursuivre les auteurs des massacres commis notamment dans l’Est du pays depuis 1996, tel que demandé par le docteur Denis Mukwege.

« Monsieur le président de la République, eu égard à ces faits et à la qualité du docteur Mukwege, les signataires du présent courrier vous demandent : Que vous souteniez la création, comme le Parlement européen le demande, d’un Tribunal pénal international qui ferait progresser les cas avérés de violations des droits de l’homme remontant à avant 2002 dans cette région, condition sine qua non pour que, comme l’a demandé le docteur Mukwege, le droit soit dit, et le peuple congolais puisse se projeter sereinement dans le futur », lit-on dans cette correspondance.


Dans la même lettre, ces élus nationaux de la France demandent à Emmanuel Macron d’accéder à la requête du gynécologue congolais de « ne plus recevoir avec le tapis rouge les dirigeants des pays qui utilisent la violence sexuelle pour accéder au pouvoir mais plutôt tracer une ligne rouge contre l’utilisation du viol comme arme de guerre ». « Une ligne rouge qui serait synonyme des sanctions économiques, politiques et des poursuites judiciaires », précisent-ils.

Quant à la sécurité du Dr Mukwege qui fait l’objet des menaces de mort suite à sa dénonciation des crimes commis au Congo-Kinshasa, ils demandent au président français de proposer que la MONUSCO protège le « réparateur des femmes et soit garante de sa vie ».

À cet effet, ces députés français exhortent leur chef de l’État à soutenir, « comme l’a préconisé en août dernier Michelle Bachelet, haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme », la mise en place aussi rapidement que possible d’une enquête efficace, approfondie et impartiale sur les menaces dont fait le Dr Mukwege. « Sa vie en dépend », soulignent-ils.


Pour rappel, c’est depuis 1996 que la partie Est de la RDC fait face à des guerres asymétriques imposées par les groupes armés locaux et étrangers. Durant ces guerres, de graves violations des droits de l’homme ont été commis.

Le rapport des enquêtes menées par l’ONU en 2010 et dénommé « Mapping » a dénombré plus de 600 violations graves des droits de l’homme. Par conséquent, ce rapport a suggéré la mise en place d’un Tribunal pénal international pour juger les auteurs de ces crimes, qui sont aussi dénoncés par le Prix Nobel de la paix 2018.

Au mois de juillet dernier, le Dr Mukwege a dénoncé de nouveaux massacres dans le Sud-Kivu, à la frontière entre la RDC et le Rwanda. Sa déclaration a suscité une indignation au sein de l’opinion tant nationale qu’internationale. Depuis lors, le gynécologue congolais fait l’objet des menaces de mort. Pour barrer route à cela, les voix se sont levées de partout pour appeler à la sécurisation du responsable de l’hôpital Panzi. Ce dernier est actuellement sous la protection de la MONUSCO.

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