S'agirait-il du procès d'un homme ou du service de l'Etat qui l'a employé?

«Kalev Mutond, attendu ce jeudi 18 février au Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe», titraient le mardi 16 du mois en cours, plusieurs médias en ligne. Depuis, les internautes congolais d’ici et d’ailleurs, en ont fait leur chou gras. Rien d’étonnant, dès lors qu’il s’agit d’un ancien Administrateur général de l’Agence nationale des renseignements (ANR).

Cependant, depuis qu’a commencé l’affaire Kalev Mutond, Forum des As s’est fait l’écho des réactions intarissables de nombreux de ses lecteurs. Chaque jour qui passe, le téléphone de la rédaction sonne sans le moindre répit. Ce sont ces milliers de lecteurs qui nous appellent et nous interpellent en même temps. Tous se demandent pourquoi cette kyrielle de plaintes truffées d’incohérences ou de versions contradictoires ? «Pourquoi cet acharnement suspect sur Kalev Mutond?»»Qui est derrière cette affaire» ?...Autant de questions posées à Forum des As qui s’est montré incapable d’y donner la moindre réponse.

UN RECRUTEMENT DE PLAIGNANTS EN 2021 ?

De l’analyse de contenu des médias sur l’affaire Kalev Mutond, on retient que ce dernier est poursuivi pour des faits qui se sont déroulés entre 2015 et 2016. Ainsi, dans la suite leur questionnement repris ci-dessus, les appelants du quotidien trentenaire vont davantage plus loin. Se basant sur ce pullulement de plaintes, tous ceux qui appellent Forum des As disent avoir l’impression qu’il y a eu un recrutement de plaignants en cette année 2021, pour des faits commis par de différents services et qui remontent aux années 2015 et 2016.

Une autre question posée est celle de savoir pourquoi tous ces exposés en justice sont axés sur la personne de Kalev Mutond et non pas sur l’Etat congolais lui-même ? En ce temps politique particulièrement suspect, ces lamentations à foisonnement constant contre un individu, constituent-elles du pain béni pour tous les tireurs de ficèlles tapis dans l’ombre ? «Poser la question, c’est à la fois y répondre», disait Albert Camus.

Toutefois, dans le contexte actuel de redistribution des cartes, Kalev Mutond se voit, malgré lui, instrumentaliser par des gens en quête permanente de repositionnement. Ces derniers n’hésitent pas d’utiliser le label Kalev pour attirer les projecteurs «porte-bonheurs» sur eux. Doit-on, dès lors, penser à la fameuse théorie de victimisation à retardement ?

De même que le salut, l’infraction est individuelle. Qu’il y ait eu des gens arbitrairement arrêtés et jetés au gnouf, des analystes non engagés estiment que les instances judiciaires habilitées à traiter les différentes plaintes, feraient preuve d’équité, en établissant les responsabilités.

En ce qui concerne justement l’affaire Kalev Mutond, l’un des plaignants qui a saisi le Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa Gombe le 21 janvier dernier, dit avoir été arrêté par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC), le 19 janvier 2015 en pleine manifestation contre la révision de la loi électorale. En même temps, il soutient que sur ordre de Kalev Mutond, la Police l’avait directement conduit à l’ANR, alors qu’il s’attendait à être présenté devant le Procureur général.

KALEV AGISSAIT-IL A TITRE PERSONNEL OU COMME RESPONSABLE D'UN SERVICE DE L'ETAT ?

Lors qu’il cite la Police comme auteure de son arrestation, le plaignant ne commet aucun lapsus. Mais, à bras raccourci, il met son «arrestation fantaisiste ou arbitraire» sur le dos de Kalev Mutond, alors ADG de l’ANR au moment des faits. Ce n’est pas tout. Le même plaignant, dans une autre plainte formulée en janvier 2016 et déposée le 6 février de la même année au Parquet général de la République près la Cour suprême de Justice, avait clairement indexé la Police. Dans son récit, l’auteur de la plainte dit clairement que c’est la Police qui l’avait arrêté le 19 janvier 2015 au niveau du Rond-point Victoire, avant d’être acheminé d’abord au bureau de la PNC de la commune de Kalamu, puis à l’IPKIN ou Commissariat provincial de la Police vielle de Kinshasa.

Par ailleurs, le même accusateur de Kalev Mutond avait rapporté que de la Direction des renseignements généraux de la Police, il il fut conduit le 29 janvier 2015 à la Commission des Officiers de police judiciaire (OPJ) de tous les services d’ordre, de Sécurité et de Défense de la RD Congo qui avait siégé ce jour-là à l’ANR sur l’avenue des 3Z. Pas tout. Dans cette même plainte, il déclare avoir été détenu dans l’office du pool des OPJ interservices du 29 janvier au 25 juin 2015, jour de son transfèrement par la PNC au Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe et que c’est ce dernier qui l’avait écroué, via un Mandat d’arrêt provisoire (MAP) à l’ex-Prison centrale de Makala.

Partant de ces différents récits, des observateurs font remarquer que Kalev Mutond n’agissait pas in tuitu personae. Nulle part, il ne dit avoir été gardé dans un cachot privé du tout dernier ancien patron des services de renseignements de l’ère Kabila. Encore faudrait-il que ce dernier en ait eu un où il pouvait garder qui il voulait. Kalev Mutond, soulignent les observateurs, agissait plutôt dans le cadre de ses fonctions. Question : pourquoi alors ne poursuivrait-on pas tous les services de l’Etat nommément cités par l’accusateur ? Devant ce refus manifeste d’ester lesdits services en justice, faut-il dès lors, penser qu’il s’agit d’un procès contre Kalev Mutond ou d’une affaire en justice qui concerne le service de l’Etat, pour ne pas dire l’Etat congolais tout court.

Une autre question aussi, est celle de savoir si le fait, pour Kalev Mutond, de déclarer son appartenance au Parti du peuple pour la reconstruction et le démocratie (PPRD), cher au Président de la République honoraire, Joseph Kabila, serait un acte constitutif d’infraction de droit commun.


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