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Interdiction des manifestations publiques, coupures de signaux des radios, télévisions et internet, violations des droits de l’homme, non respect de la Constitution… les Congolais revivent l’époque qui a précédé la fin de la deuxième République.

A un mois et deux semaines de la fin constitutionnelle du deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila à la tête du pays, la République démocratique du Congo (RDC) amorce le virage d’un retour en force à la dictature, exactement comme dans les années du règne de Mobutu.

Toutes les pratiques décriées surtout pendant les dix dernières années du pouvoir Mobutu Sese Seko refont surface : répression brutale des manifestants, non respect des Droits de l’homme, traque des opposants et des journalistes qui pensent de manière contraire au régime au pouvoir, mauvaise gouvernance, inféodation de l’appareil judiciaire, enlèvements et arrestations arbitraires…

On constate également que la Radio télévision nationale congolaise est à la solde du régime, l’opinion contraire n’y a pas accès. Le culte de personnalité est pratiqué, encourageant ainsi la dictature, alors que ce média est censé être au milieu du village.

Quant à l’appareil judiciaire, cette machine nécessite un sérieux entretien, au risque de connaître un arrêt définitif. Une justice à double vitesse, à en croire plusieurs opposants qui décrient la partialité de ses animateurs.
Les derniers à tirer la sonnette d’alarme, ce sont Franck Diongo et Joseph Olenghankoy.

Les deux farouches opposants au régime ont adressé, il y a de cela quelques semaines, des correspondances au Procureur général de la République (PGR), par rapport au danger de mort qui les guette, selon eux. Dans leurs lettres, ils disent être plusieurs fois l’objet de filatures par des hommes armés non autrement identifiés.

De graves et flagrantes révélations sur des détournements de fonds de l’Etat sont faites par voie de presse, sans que les autorités compétentes ne se saisissent de ce dossier, ne fût-ce que pour ouvrir des enquêtes. La Cour constitutionnelle prend des décisions engageant toute une nation, sans aucun respect des textes. Par exemple, la CENI a sollicité auprès de cette cour et obtenu le report des élections, sans que le nombre requis des juges ne soit atteint.

Sur le plan économique, la monnaie nationale perd, au jour le jour, de la valeur, alors que le gouvernement dit travailler sérieusement pour la stabilité du cadre macro économique. Les prix ne font que prendre de l’ascenseur, le Franc Congolais dégringole, des banques tombent en faillite, la flambée des prix des produits de première nécessité constatée, le budget de l’Etat réduit sensiblement alors que des défis énormes attendent les Congolais…

Et comme dans les dernières heures de Mobutu, les manifestations politiques de l’Opposition sont violemment réprimées, avant d’être désormais interdites à Kinshasa et dans d’autres provinces de la République.

Plusieurs prisonniers politiques remplissent des prisons, dont Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Bruno Tshibala et bien d’autres combattants et militants des partis politiques à l’instar de l’UDPS, de la DC, du MLC, du MLP… Des sièges des partis de l’Opposition ont été incendiés et leurs membres brûlés vifs.

A l’Est, le gouvernement est incapable de rétablir l’autorité de l’Etat. Les égorgeurs viennent tuer à leur gré et incendier des cases. Les villageois sont obligés de déserter leurs territoires pour être à l’abri des exactions. La paix n’est qu’un slogan de ce côté de la capitale.

Visiblement, les Congolais sont gouvernés par défi. La valeur se transforme en anti valeur. Ceux qui exigent le respect de la Constitution sont considérés comme des ennemis de la paix par le pouvoir en place. Ils sont intimidés, inquiétés, voire arrêtés, jetés en prison ou contraints à l’exil.

Le dialogue tenu à Kinshasa du 1er septembre au 18 octobre n’a pas pu résoudre la crise pour laquelle il a été convoqué. Ni Kabila, ni Tshisekedi n’y a participé. Pourtant, ce sont les deux principaux protagonistes capables de trouver des solutions dont ont besoin des Congolais.

La population qui ne jure que par l’alternance, a peur d’exprimer son opinion. Même s’il faut marcher pacifiquement, la police est présente pour l’en empêcher. Des interpellations s’en suivent, le tout se termine par la prison.

Des mouvements citoyens tels que la Lucha ou Filimbi ne font que multiplier des communiqués de presse dénonçant les arrestations de leurs membres à Kinshasa et à l’Est de la République démocratique du Congo.

Par Stone
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