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C’est au cours d’un point de presse organisé hier, mardi 11 juillet, à son siège, situé dans la commune de Lingwala, que le Mouvement pour le Renouveau via son Secrétaire Général, Lucien Ingole Isekemanga, est monté au créneau concernant le dossier du Député National Clément Kanku Bukasa wa Tshibuabua, accusé de commanditaire dans les massacres au Kasaï et l’assassinat de deux experts de l’Onu. Dans une déclaration politique portée à la connaissance de l’opinion, le Mouvement pour le Renouveau dénonce l’’instrumentalisation de la Justice Congolaise dans la Crise au Kasaï. A l’en croire, il devient inquiétant de constater que la justice risque de ne plus être un gage de paix, de sécurité sociale et de stabilité et du développement dans un Etat voulu de droit . Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration du Mouvement pour le Renouveau.

Mouvement pour le Renouveau

L’instrumentalisation de la Justice Congolaise dans la Crise au Kasaï

L’opinion nationale assiste à une instrumentalisation dangereuse de la justice dans la crise au Kasaï. Une justice sélective, une politique de deux poids deux mesures tant décriée consacre cette instrumentalisation. De quoi jeter un discrédit sur l’indépendance de la justice. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer le comportement du Parquet Général de la République qui a ouvert une enquête contre le Député Clément Kanku Bukasa wa Tshibuabua sur les massacres et l’assassinat de deux experts des Nations Unies au Kasaï sur base d’un article publié par New York Times, un journal américain. En effet, le Procureur Général de la République a déclaré vouloir en savoir un peu plus.

Il est curieux de voir que pour lancer cette enquête, le Procureur Général de la République s’est basé sur la publication par New York Times d’un enregistrement qui aurait été trouvé dans l’ordinateur de l’une des deux experts tués dans le Kasaï, encore faut-il que ce media américain dise à l’opinion qui détient l’ordinateur de la Suédoise tuée alors que l’auditorat militaire de Kananga était déjà en pleine instruction. Qu’à cela ne tienne. Cependant, le même Parquet Général de la République n’a pas manifesté le même intérêt sur d’autres dossiers de blanchiment des capitaux et d’évasion fiscale d’envergure internationale dénoncés par les médias notamment :

-Le scandale des « Panama Paper » ou trois personnalités congolaises avaient été citées. Le Procureur n’a jamais voulu en savoir plus ;

-Les révélations par le quotidien belge « le Soir » sur des transactions douteuses faites par la BGFI Banque RDC ;

-Les révélations sur le scandale des passeports dans le quotidien français le « Monde », une partie des recettes qui s’évapore dans une société offshore. Là également aucune réaction pour le numéro un du Parquet Général de la République ;

-Et que dire des sanctions de l’Union Européenne contre neuf personnalités congolaises ? force est de constater qu’une fois de plus, le Procureur est resté totalement silencieux alors que la pertinence des éléments à charge contre ces différentes personnalités à susciter un intérêt et une lettre de l’opinion à la manifestation de la vérité.

-Quelle est l’attitude de Monsieur le Procureur Général de la République face à cette publication qui ne s’est pas limitée qu’à une simple dénonciation, mais est allée jusqu’à sanctionner les auteurs de ces crimes ?

-Une démonstration éloquente d’une justice sélective dans un pays qui prétend être un Etat de droit.

-Pourquoi tarde-t-il à ouvrir aussi une enquête contre les intéressés comme il a fait avec précipitation pour l’Honorable Kanku ne fut-ce-que dans le but d’éclairer l’opinion sur la vérité autours de ces massacres ?

-En s’acharnant contre le Député National ci-haut cité, le Parquet Général de la République s’évertue à limiter la liberté d’expression de l’élu de Dibaya et à vouloir lui imposer des mesures de restriction de ces mouvements, alors que lors de sa première apparition médiatique, aucune autorisation de procéder à une enquête ne lui était encore accordée par la représentation nationale, qui a eu en son temps à lui rappeler qu’il ne pouvait se placer au-dessus de la loi en respectant la procédure en la matière.

Pour revenir à cet enregistrement publié et mal traduit par le journal New York Times, le Procureur Général de la République a-t-il perdu de vue que celui-ci aurait sillonnée les réseaux sociaux avant sa publication et avait même fait l’objet d’un débat en août 2016 au Conseil de Sécurité Provincial du Kasaï ? Conseil au cours duquel le Procureur Général de la République était représenté et qui avait vu l’Honorable Kanku innocenté cela est d’autant plus vrai qu’en décembre 2016, il a été nommé comme Ministre au sein du gouvernement Badibanga dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord du 18 octobre 2016.

Nous tenons à rappeler au Procureur Général de la République que dans une enquête le Parquet a pour mission traditionnelle d’instruire à charge et/ou à décharge, c’est-à-dire qu’il ne peut pas seulement s’appesantir sur les seules indices de culpabilité pour incriminer un inculpé mais doit aussi veiller sur l’absence d’éléments de culpabilité pour le disculper ce, en vertu du principe sacro-saint universel de la présomption d’innocence.

En espèce, pourquoi ne s’est-il pas fié et préoccupé du rapport du Conseil de Sécurité Provincial dans le dossier de l’Honorable Kanku qui a blanchi ce dernier et, constaté par voie de conséquence son innocence et donc l’inopportunité de poursuites à son endroit plutôt que de mener une enquête déjà vidée de son contenu ?

Paradoxalement, le Procureur Général de la République pèche par son mutisme sans pareil en fermant les yeux sur des rapports bien étoffés des organisations humanitaires ayant about à des sanctions des personnalités congolaises présumées s’être impliquées dans les massacres. Si pour son enquête sur l’Honorable Kanku un seul article de presse a suffi pour se saisir de l’affaire pourquoi n’avoir pas réservé la même suite aux différents articles parus dans certains organes de presse susmentionnés.

Pourquoi cette politique de deux poids deux mesures ? D’où, il est légitime de se demander si la justice congolaise n’est pas indépendante de l’exécutif. Plus encore il devient inquiétant de constater qu’elle prend le risque de ne plus être un gage de paix, de sécurité sociale et de stabilité du développement d’un Etat de droit. Pareille justice saurait-elle convaincre et mettre en confiance le justiciable congolais ? On est en droit de se le demander.

Fait à Kinshasa, le 11 juillet 2017

Me Lucien Ingole Isekemanga

Secrétaire Général
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