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Face à l’attitude des prévenus consistant à nier en bloc les préventions à leur charge, le tribunal militaire de garnison Kinshasa/Gombe n’a de choix que de peaufiner des stratégies lui permettant de mener à bien son instruction. C’est ainsi qu’il va user, au cours de l’audience d’hier jeudi 15 février, de la stratégie de confrontation des prévenus, comme moyen efficace de faire éclater la vérité dans cette affaire des présumés miliciens du mouvement terroriste Kamwina Nsapu. Au delà des procès verbaux d’audition et de constat, ainsi que d’autres pièces revêtues de la force probante contenues dans les dossiers, le tribunal militaire table désormais sur les accusations des uns contre les autres, enregistrées lors de l’instruction prejuridictionnelle, mais aussi sur des confrontations des prévenus devant le perchoir. Ce, dans l’unique but de saisir la vérité des faits. Invité à la barre, le prévenu Ntumba Mbuyi Romain a été confronté aux prévenus Kabangu Pascal et Mazanga Mazanga Mazarin, considéré, à la lumière des déclarations d’autres prévenus contenues dans les PV, comme l’un des hommes-orchestres des attaques dudit mouvement insurrectionnel qui a endeuillé la mégapole congolaise entre mai et juillet 2017. Il a, comme ses prédécesseurs, rejeté tous les faits pour lesquels il est déféré en justice. L’OMP BRANDIT LES AVEUX CONTENUS DANS LES PV Ntumba Mbuyi a, cependant, reconnu sa signature apposée sur les PV de l’OPJ de la PNC et de l’Officier du ministère public. Il estime avoir été arrêté pour s’être rendu compatir avec son cousin Kabangu Pascal qui venait de perdre successivement ses trois frères. Des propos qui vont à rebours des aveux contenus les PV, rappelle l’officier ministère public. « Il n’a nullement été question d’un deuil. Il s’est agi d’une réunion au cours de laquelle les adeptes de ce mouvement terroriste se sont adonnés aux pratiques fétichistes en perspective de l’attaque de la prison de Makala », précise-t-il. A en croire l’organe de la loi, le prévenu Ntumba a, lors des auditions sur PV, avoué avoir trouvé Principe Kalebe, une autre figure de proue de ce mouvement, en train de scarifier les autres membres de cette entreprise terroriste la soirée du 16 mai 2017, dans l’enceinte de la parcelle de Kabangu Pascal. « Il a affirmé, à cette même occasion, avoir été recruté dans ce mouvement par ce même Ntumba Pascal et qu’il a été sacrifié le 13 mai 2017, dans la résidence du feu Etienne Tshisekedi, par le prévenu Mputu Nkongolo, convoqué fraîchement de Kananga pour assurer l’initiation mystique des adeptes nouvellement recrutés », a-t-il indiqué. Aux questions de l’OMP, Ntumba Mbuyi a avoué avoir reçu Kabangu Pascal, le 17 mai 2017 chez lui aux environs de 11 heures. Il a tout même refusé d’admettre que ce dernier était venu échanger avec lui sur la réussite de l’attaque de la prison de Makala. Un détail que le colonel magistrat Alpha Limbaya fait acter auprès du greffier. Il promet d’en tirer les conséquences le moment venu. Interrogé, Mazanga Mazarin nie sa participation à la réunion du 16 mai 2017. Des propos qui le placent en contradiction avec le prévenu Kabangu Pascal. S’exprimant en tshiluba, sa langue maternelle, il a affirmé pour la seconde fois devant le tribunal que Mazarin était bel et bien chez lui en cette date. « Lorsque Ntumba Mbuyi est arrivé chez moi, dans la soirée du 16 mai 2017, Mazanga Mazanga était déjà là avec quelques autres camarades de l’UDPS », a-t-il lâché. LA CONFRONTATION, MOYEN PAR EXCELLENCE DE FAIRE ÉCLATER LA VÉRITÉ La partie civile RDC considère la stratégie de confrontation comme l’une des approches qui permettront, à coup sûr, au Tribunal de palper du bout des doigts la vérité des faits. « C’est triste de constater que les prévenus s’obstinent à tout nier en bloc. Même devant les évidences, ils continuent à nier. Qu’à cela ne tienne ! Nous disposons des techniques appropriées pour mettre à néant leur stratégie. Nous faisons recours aux dénonciations d’autres co-prévenus, aux PV et à la confrontation », peste le bâtonnier Mbere Moba Cyprien. Les avocats de la défense sont revenus sur la problématique des preuves. L’essentiel de leur questionnement consistait à exiger du ministère public des images montrant leur client en train de s’actionner lors de ces différentes attaques. En réaction à leurs questions et observations, l’Officier du ministère public a brandi les aveux contenus dans les PV et l’incohérence dont a fait montre le prévenu Ntumba lors de sa comparution. L’audience a été suspendue, faute de temps, juste au début de la comparution du prévenu Mugeni Riguene. La cause est renvoyée, entre temps, à l’audience du mardi 20 février prochain.
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