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Adolphe Muzito vient, à nouveau, d’être suspendu du Parti Lumumbiste unifié (PALU), pour une durée indéterminée. Telle est la substance d’une décision rendue publique le dimanche 29 juillet. Selon les éléments d’information parvenus à la rédaction de Forum des As, on reproche à Adolphe Muzito, l’indiscipline, la trahison, le vagabondage politique et le débauchage des militants. Vu des analystes, ça sent l’acharnement à mille lieues sur l’ancien Secrétaire permanent adjoint du Palu.

« lI ressort des faits matériels concordants et récurrents que, au mépris des textes fondamentaux du parti et de sa discipline, le camarade Adolphe Muzito s’est installé dans une série d’actions qui compromettent dangereusement à l’horizon, le but visé par le parti en cette période sensible des enjeux électoraux », peut-on lire dans cette décision « attribuée » au patriarche du Palu.
Cependant, il se trouve qu’au sein même du parti du quartier Des marais de Matete, la décision portant suspension d’Adolphe Muzito fait grand bruit. La question qui se pose est celle de savoir si, dans un parti politique, l’on peut suspendre un militant. Toute la question est donc celle-là, quand on sait que depuis plusieurs mois, Adolphe Muzito ne figure plus dans aucune structure dirigeante du parti. L’histoire renseigne qu’après la première décision du mois de mars dernier qui l’avait relevé de ses fonctions de secrétaire permanent adjoint en charge des questions électorales du parti, ce Premier ministre honoraire n’est plus un simple militant.

OU VA LE PALU ?
Longtemps considéré comme l’une des rares formations politiques stables de la RD Congo, le Palu est, depuis peu, hanté par le démon de la déstabilisation. Bien en illustrent, les différentes décisions suspendant les cadres du parti. La première est la décision qui limogeait Lugi Gizenga et Adolphe Muzito, comme dit précédemment, au mois de mars. Au terme de cette mesure, Wolf Kimasa fut nommé Secrétaire permanent et porte-parole du Palu. Mais, son bail aura été de très courte durée, car suspendu à son tour pour une durée d’une année, selon une décision d’Antoine Gizenga, signée le 1er mai dernier.
Il avait été reproché à Wolf Kimasa d’avoir substitué au programme statutaire le sien propre, usurpant ainsi les attributions du Congrès et du Secrétaire général du parti. Deux mois après, c’est encore Adolphe Muzito qu’Antoine Gizenga « frappe » ! Subsidiairement à la première question, plus d’un analyste s’interroge sur les ressorts de la décision suspendant Adolphe Muzito. En cette période de grands enjeux politiques, que gagnerait le parti d’Antoine Gizenga en suspendant son ancien membre du Comité exécutif ? Où se trouvent les intérêts du parti ? La détermination avérée des dirigeants du Palu, à mettre Adolphe Muzito hors-jeu, va-t-elle dans les intérêts du parti ? Ne s’agirait-il pas ici, de protéger les dividendes de ceux-là même qui ont préempté le parti ? Autant de questions (pertinentes ?) qui restent suspendues sur les lèvres de nombreux analystes suivant de très près, l’évolution de la situation politique au sein de ce parti cinquantenaire.

UNE MENACE A L’OPTION D’UN CANDIDAT PALU A LA PRESIDENTIELLE
De l’avis des observateurs, le malaise au sein du Palu tire ses origines de la décision du parti de présenter son propre candidat Président de la république, au scrutin de décembre prochain. Le chef du parti, Antoine Gizenga, l’a plusieurs fois déclaré, estimant qu’après avoir soutenu la Majorité présidentielle pendant deux législatures, l’heure a donc sonné pour que cette dernière lui renvoie l’ascenseur.
Par rapport à l’option levée par le Palu de présenter son propre candidat à la présidentielle, comment concilier cet idéal avec des décisions qui affectent dangereusement les intérêts du parti ? A tous points de vue, la décision de présenter un ticket Palu au sommet de l’Etat est un engagement qui pose d’abord les questions du profil ; du soutien de la base et des moyens financiers. nécessite beaucoup de moyens. Or, il se trouve vérifié que parmi les prétendants du Palu à l’élection présidentielle, Adolphe Muzito semble être à ce jour, l’un des candidats capable de répondre à ce triple défi.
Tout bien considéré, l’édifice Palu présente des fissures béantes qui, aux yeux de plus d’un analyste, présagent son écroulement imminent. N’en déplaise donc aux flatteurs, le parti de « Mbuta » traverse une zone de turbulence sans précédent de son histoire. Deux courants s’y affrontent. Le premier, aux allures d’un mouvement progressiste, est celui de ceux qui estiment que le Palu doit s’émanciper par rapport à la Majorité présidentielle pour présenter son propre candidat au scrutin présidentiel du 23 décembre prochain. Parmi les ténors de cette pensée, figure Adolphe Muzito. Ceci expliquerait-il cela ? Le second courant, compte des conservateurs du statuquo ante. Ceux qui tiennent mordicus à l’ancrage du Palu dans la Majorité présidentielle.
Or, un Pau affaibli verrait ses "parts de marché", dans la coalition se réduire comme peau de chagrin. Laurel KANKOLE
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