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*La Ceni invitée à appliquer la loi dans toute sa rigueur.

Depuis quelques jours, le ministre congolais de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Steve Mbikayi, a promis de pourchasser les détenteurs de faux diplômes. Cette croisade, aux allures d’assainissement et de requalification du système de l’ESU laisse donc penser à l’existence de plusieurs centaines de détenteurs des vrais faux titres académiques.

Il nous revient, à ce propos, que parmi les candidats à la présidentielle du 23 décembre prochain, certains se prévaudraient de faux parchemins. Vrai ou faux ? A la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et à la Justice, d’éclairer la lanterne de l’opinion en temps opportun. Ces bruits autour de l’usage de faux documents - un vrai pied de nez à l’Etat de droit qui a poussé cet analyste politique à la plume alerte, à faire une énième tribune sur l’abécédaire d’un Etat de droit.
Hier encore, dans ce même journal, nous mettions en avant l’importance pour un pays de respecter les règles établies. Nous soulignions l’exigence répétée par les uns et les autres d’ancrer notre pays dans l’État de droit.C’est dans ce même cadre que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire a mis en place, récemment, une commission ad hoc chargée d’enquêter sur les faux diplômes de certains professeurs de nos universités. À observer ce qui se passe sur la scène politique ces derniers temps, nous devons constater que beaucoup parmi les plus grands pourfendeurs du pouvoir actuel sont encore incapables d’adhérer aux exigences élémentaires tant de l’éthique que des règles de l’État de droit.
Ça serait compromettre l’État de droit que de fermer les yeux, sur des violations aussi graves de la loi pour des raisons prétendument politiques, de compromis ou d’inclusivité des élections. Les diplômes sont des documents sérieux qui attestent du parcours estudiantin du détenteur. S’ils ne constituent pas la preuve tangible d’un quelconque niveau intellectuel ou de maîtrise de la compétence alléguée, ils attestent néanmoins que le possesseur a suivi un parcours d’apprentissage et qu’il en est sorti avec un niveau jugé satisfaisant par des examinateurs objectifs.
Il est vrai qu’il n’est pas nécessaire d’être un savant pour présider aux destinées d’une République. L’histoire nous l’a démontré à de nombreuses reprises. Et pourtant la gestion d’un État moderne en ce XXIème siècle dominé par la technologie, exige non seulement des connaissances de base certaines et certifiées mais aussi une morale, un attachement à une éthique reconnue. Dès lors, présenter de faux documents ne répond manifestement pas à ces exigences.
Ambitionner de gouverner aujourd’hui en 2018 un pays de plus de 2’000’000 Km2 et habité par plus ou moins 80’000’000 d’habitants, non seulement sans diplôme mais surtout dépourvu de toute expérience professionnelle solide, présente un risque considérable. Qui pis est, fait insulte à ceux que l’on a la prétention d’aller diriger.
Le Congo mérite un peu plus d’égards. Il serait bon que ses enfants le comprennent. Agir autrement nous condamnerait nous-mêmes à tourner en rond.
Loin de nous enfermer dans une fixation obsessionnelle de culte aux diplômes - car même sans diplôme on peut apprendre -, ne serait-ce qu’en autodidacte.Il suffit, pour cela, de se faire modeste et d’accepter les positions conformes à son véritable niveau d’instruction et d’expérience.
La République Démocratique du Congo, notre pays, est en retard sur plusieurs plans. La Présidence ne saurait servir d’école ou de lieu d’apprentissage à qui que ce soit. Dans les conditions d’aujourd’hui, pour atteindre ce niveau, il est impérieux de donner la preuve de ce que l’on est réellement capable de faire. Il ne suffit pas de savoir contester, moins encore de lire un programme politique conçu et préparé par des tiers, pour prétendre diriger une nation. Il importe plutôt de savoir concevoir, organiser, instruire, en suivre l’exécution, contrôler la qualité du résultat et parfois se remettre en cause.Je demeure donc convaincu qu’un métier ne s’improvise pas, il s’apprend,a fortiori celui de diriger un Etat.Je suis même certain que tout cela peut s’apprendre sans diplôme pourvu que l’on se plie, pendant une période, à la discipline assidue de l’apprentissage. Malheureusement, dans le cas qui nous occupe ici, cet apprentissage n’a jamais eu lieu et n’a même jamais été envisagé.
Si au-dessus de la faiblesse de n’avoir pas accompli un cursus scolaire normal, on y ajoute le mal de présenter de faux documents dans une attitude d’arrogance justifiée par aucune expérience avérée, on se condamne soi-même. Le mépris que l’on afficherait ainsi à l’égard de son pays, serait inacceptable.
Par égard et pour l’intérêt du peuple congolais, ses élites se doivent d’être exigeantes face à ceux qui ambitionnent de diriger le pays. C’est là, la condition même de l’émergence que nous appelons, tous,de nos vœux. Il faut donc combattre l’usage de faux papiers en République Démocratique du Congo.A bon entendeur, salut !
K.M./Analyste politique
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