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Coup de chapeau aux éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC), aux agents de l’Agence nationale des renseignement (ANR) et à la Direction générale des douanes et accises (Dgda) qui ont saisi 230 kilogrammes d’écailles de pangolin à Zongo dans la province du Sud-Kivu. Ces squames en provenance de la province du Nord-Ubangi, plus précisément dans le secteur de Abomumbazi, territoire de Yakoma, ont été interceptés pendant que le propriétaire s’apprêtait à traverser avec le colis pour l’autre côté de la ville de Bangui, capitale de la République Centrafricaine, à destination de l’Asie.

Le Ministre provinciale de l’Environnement du Nord-Ubangi, Jean-Louis Koyagialo, a condamné ce commerce illicite, qui reste l’une des causes de l’érosion de la biodiversité dans sa province. Il en a profité pour exiger que ces écailles soient remises aux autorités de la province de provenance, rapporte "environews".
"Je félicite le travail abattu par les éléments de la Police Nationale Congolaise et les autres services tout en rappelant les dispositions légales qui régissent le commerce des espèces totalement protégées. A cet effet, je demande la restitution de cette cargaison à l’autorité compétente", déclare le ministre provincial de l’Environnement, cité par la même source.

IGNORANCE DE LA LOI SUR LA CONSERVATION DE LA NATURE
Par ailleurs, les informations de source judiciaire attestent que le commercant aux arrêts, originaire du Nord-Ubangi, dit ignorer l’existence de la réglementation en vigueur sur la détention et le commerce des espèces de faune et de flore en RDC.
La loi sur la conservation de la nature promulguée en février 2014, prévoit des mécanismes de réglementation de ce secteur, malheureusement, elle reste méconnue du grand public. "L’exploitation de tout spécimen d’une espèce de faune ou de flore sauvage intégralement, partiellement protégée ou autre, est subordonnée à l’obtention préalable d’un permis d’exploitation délivré par l’organe de gestion, en application de la Convention sur le Commerce Internationale des Espèces de Faune et de Flore Sauvages menacées d’extinction , tel que prévoit l’article 64 de ladite loi", a souligné le ministre.
Pour Jean-Louis Koyagialo, cette saisie est une énième preuve que le Nord-Ubangi est une province de la méga biodiversité dont la plupart des espèces sont totalement protégées.
"Je décrie l’inexistence des Organisations Non Gouvernementales internationales œuvrant dans le secteur de la Conservation de la Nature dans notre province. Je lance donc un appel pathétique aux partenaires techniques et financiers qui œuvrent dans ce secteur, d’appuyer la Province dans le processus de création d’Aire protégée de l’Ubangi qui s’étend sur les territoires de Yakoma, Mobayi-Mbongo et Businga", a-t-il martelé.

PLAIDOYER POUR L’INSTALLATION D’UN POINT FOCAL DANS LA PROVINCE
Outre les 230 kg d’écailles de pangolin tombés dans les filets des agents de l’Etat en service à cette frontière, des sources renseignent qu’il y a peu, une peau d’Okapi a été saisie des mains des chasseurs dans la même province. Ce trophée a permis de confirmer la présence de cette espèce emblématique dans le Nord-Ubangi, comme l’avait révelé l’inventaire de l’ong WWF en 2015.
"Je demande également la désignation, par la Convention sur le Commerce International des Espèces de Faunes et de Flores menacées d’extinction, CITES, d’un point focal dans la Province du Nord-Ubangi afin de renforcer la protection de la Méga Biodiversité", a plaidé Jean-Louis Koyagialo.
Saisis depuis le 03 août, les 230 kg d’écailles de pangolin seraient encore gardés au bureau de la Police en attendant l’instruction totale du dossier.
Fyfy Solange TANGAMU
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