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* Peut-on empêcher un groupe d’intellectuels congolais de prendre position
par rapport à une question d’intérêt national ?

Samedi 8 septembre, une centaine de professeurs d’université congolais avaient clairement exprimé leur soutien à Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin du Président Joseph Kabila et candidat du Front commun pour le Congo (FCC), au scrutin présidentiel du 23 décembre prochain. Depuis, ce groupe de scientifiques s’est attiré une irritation véhémente de certains de leurs pairs. Ces derniers les accusent d’avoir offensé la "neutralité" qui, selon eux, devrait constituer la marque de fabrique de la communauté savante.

Dans cette foire aux commentaires, un enseignant d’université est même allé loin, au point de qualifier ses collègues, organisateurs de ladite manif, des personnes "intellectuellement constipées", des professeurs " improductifs…. " Soit. Le ton et les mots utilisés renseignent suffisamment sur le reste. Une réaction, à tout le moins semblable, à des querelles politiciennes auxquelles sont habitués les Congolais. La question est celle de savoir si l’on peut empêcher un groupe d’intellectuels congolais de prendre position par rapport à une question de société ou d’intérêt national.
Quel que soit le côté de la barrière où l’on se trouve, le problème ne consiste pas à approuver ou désapprouver la démarche du groupe de profs d’université sus "évoqué, en rapport avec le processus électoral en cours".
"Dans un style direct et sans ambiguïté, Ils ont motivé leur soutien à Emmanuel Ramazani Shadary. Selon ces universitaires, "le candidat FCC est celui qui présente le meilleur profil de tous les postulants à la présidentielle de décembre", commente un observateur.
Peut-être que tout le malheur de ces scientifiques est d’avoir agi à visage découvert ! Le contraire ne relèverait-il pas d’une certaine malhonnêteté "intellectuelle" ?
En rapport avec la volée de flèches empoisonnées en direction du groupe de profs appuyant la candidature d’Emmanuel Ramazani Shadary, il semble que, depuis la nuit des temps, des universitaires ont toujours pris position sur n’importe quel sujet de portée nationale ou internationale.
Le cas le plus emblématique est celui de Jean-Paul Sartre et Raymond Aaron, deux célébrités qui font légende dans la culture française. Le premier a été connu comme défenseur des intérêts de la Gauche, alors que le second s’était clairement affiché en véritable inconditionnel de la Droite.
Partant, lors d’un vote, Sartre pouvait demander à ses concitoyens de voter pour la Gauche. De même que Raymond Aaron invitait les Français à voter pour la Droite.
De ce point de vue, on ne peut donc empêcher un groupe d’intellectuels congolais de prendre position par rapport au processus électoral en cours. A la lumière du cas d’école Sartre-Aaron en France, on peut s’attendre qu’un groupe d’universitaires puisse se prononcer en faveur de tel candidat ou de tel autre. Et, ce serait dans l’ordre normal des choses !
Encore faudrait-il souligner le fait qu’ils auront agi individuellement, et non pas au nom de toute la communauté savante de la RD Congo.






DES POSITIONS PARTISANES SOUS COUVERT DE LA SCIENCE
S’il est reconnu aux scientifiques la liberté de se prononcer sur une question de société, d’où vient alors la polémique inutile qui laisse à penser qu’un intellectuel a seulement pour vocation de critiquer le pouvoir et d’épouser la thèse de l’Opposition ?
C’est vrai qu’avec la crise socioéconomique chronique pendant les années Mobutu, très peu de professeurs d’université sont restés dans leurs centres de recherche ou dans les auditoires.
Depuis le régime de feu le Maréchal, on a donc assisté à des vagues de demandes de mutations des enseignants en provinces, pour les établissements d’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) de Kinshasa. Evidemment, la motivation première ne fut pas celle de vouloir à tout prix enseigner dans la capitale du pays.
Plutôt, ces enseignants avaient presque la certitude que plus ils presteraient à Kinshasa, plus ils auraient la chance d’être nommés à un poste ministériel. Près de quatre décennies plus tard, cette tendance est toujours de saison.
La vérité chez nous, est qu’il y a des professeurs d’université, de scientifiques qui, sous-couvert de la Science, prennent des positions partisanes, à l’aune de leurs équations individuelles ou de leurs appartenances ethniques. Secret de polichinelle.
Ne serait-il plus honnête et même plus responsable, de dire, par exemple, ou de motiver politiquement certaines démarches qui n’ont rien à voir avec la science ? Ne serait-ce que pour éviter d’abuser de la confiance de l’opinion ?
Tout bien considéré, le groupe d’universitaires signataires du pacte républicain avec le candidat Emmanuel RamazaniShadary, auront eu le mérite de ne pas avancer masqués. Car, on sait qu’il y en a qui professent -et c’est leur droit le plus élémentaire -le point de vue de l’Opposition, mais qui se drapent dans le statut de professeur.
Grevisse KABREL
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