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A désormais moins d’un mois des élections prévues le 23 décembre en RD Congo, on en sait un peu plus sur les programmes de gouvernement de la plupart des candidats à la présidentielle. A chaque prétendant, ses dizaines de milliards de dollars américains à mobiliser en cinq ans. 190 milliards USD pour Martin Fayulu. 114 milliards USD pour l’UNC Vital Kamerhe. 100 milliards pour Jean Philibert Mabaya. 90 milliards USD pour Tryphon Kin-Kiey. 86. 7 milliards $US en dix ans, pour l’Udps Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi. 86 milliards USD pour le FCC Emmanuel Ramazani Shadary. 80 à 100 milliards $US pour Samy Badibanga. 74 milliards $US pour Freddy Matungulu. 12 milliards USD pour Seth Kikuni.

Comparés aux budgets antérieurs du pays, chiffrés autour de 4 milliards USD, les programmes de gouvernement de différents candidats président de la République repris ci-dessus, annoncent un début d’embellie en RD Congo. Des chiffres faramineux qui, à la fois, donnent des vertiges et suscitent bien des questions dans l’opinion. La plus importante est celle de savoir par quelle alchimie les auteurs de ces projets mobiliseront ces milliards de dollars américains en cinq ans seulement.
Au regard de nombreuses potentialités économiques du pays, d’aucuns pensent qu’il est possible de doter la RD Congo, d’un budget qui corresponde à ses ambitions "légitimes" de devenir une nation émergente. Cependant, toute la problématique se pose en termes de moyens à mettre en œuvre pour atteindre cet idéal. Comment le futur remplaçant du Président Joseph Kabila entend-il s’y prendre d’un coup pour produire des dizaines de milliards de dollars USD, au titre de programme quinquennal ?
Certes, une chose est d’avancer des chiffres affolants. Une autre et la plus importante, est de se donner des moyens pour les réaliser. Mais, à considérer de plus près des dizaines de milliards de dollars américains brandis par les candidats président de la République ayant dévoilé leurs programmes quinquennaux de gouvernement, personne n’a dit clairement comment il va faire pour produire effectivement ces sommes.

LE PIEGE DE LA DEMAGO
Sans doute que dans un contexte électoral, la quête effrénée de suffrages rime avec la campagne. Chaque candidat a donc la liberté de séduire son électorat cible. Chacun fait miroiter un paradis à ses électeurs potentiels.
Tout en reconnaissant aux différents prétendants au fauteuil présidentiel tant convoité, la latitude de promettre monts et merveilles à leurs votants, des esprits équilibrés estiment que ces derniers devraient éviter de tomber dans le piège de la démagogie. Exactement comme les candidats députés nationaux et provinciaux qui, lors des premières élections de 2006 et 2011, avaient même promis ce qui n’était pas de leurs ressorts. Certains avaient garanti la construction des infrastructures de base. D’autres, l’adduction d’eau potable. D’autres encore, l’amélioration de la desserte en énergie électrique…comme si c’était cela, la mission première d’un député national.
Par ailleurs, les postulants au scrutin présidentiel du 23 décembre prochain, particulièrement ceux qui ont eu l’occasion de présenter leurs programmes de gouvernement étalés en cinq ans ou plus, devraient également éviter de mener la population en bateau. Tout le danger est que cette même population risquerait de croire, naïvement, à ces chiffres qui s’apparentent à une sorte de poudre de perlimpinpin.
Personne ne dit qu’il est impossible de doter la RD Congo, d’un budget costaud, capable d’améliorer le social des populations. De fait, avec les effets attendus du nouveau Code minier, les recettes de l’Etat vont sans nul doute augmenter. Et par conséquent le Budget. Mais de là, à s’engager à quadrupler ou quintupler le budget, il y a une grande barrière que seule la démagogie peut aider à franchir aisément. En plus personne ne dit comment faire pour réaliser ce rêve. Dans un environnement socioéconomique de précarité généralisée et quasi permanente qu’est celui de la RD Congo, on a souvent entendu certains acteurs politiques, comparer le budget de la RD Congo avec ceux des autres pays voisins. En l’occurrence l’Angola dont le budget annuel dépasse très largement celui de la RD Congo.
A titre d’exemple, l’Angola, avec une population de 25.789.024 d’habitants, selon le dernier recensement de 2014, avait voté en décembre 2015, un budget annuel de 48 milliards de dollars américains pour l’exercice 2016. Par contre, la RD Congo, avec une population estimée à 85.026.000 d’habitants, présentait un budget annuel chiffré à 9.121.011 milliards USD pour la même année 2016. En 2017, le budget de l’Etat congolais évalué en recettes et en dépenses, se chiffrait à 7 milliards $US. Pour cette année 2018, alors que le parlement angolais a adopté un budget de 45,69 milliards de dollars, la RD Congo quant elle, se contente d’un budget modique de 5,7 milliards USD !
Evidemment, comparaison n’est pas raison. Au regard des potentialités économiques du pays, les auteurs des critiques de différents budgets de l’Etat congolais, ont mille et une fois raison, lorsqu’ils les comparent avec la situation en Angola. Tout le problème, c’est qu’ils ne se donnent pas la moindre peine de savoir ce que fait l’Angola pour réaliser ces chiffres. C’est aussi le péché qu’auront commis les candidats présidents à la présidentielle qui annoncent des chiffres de rêve, sans tenir compte de l’état réel du pays.
Grevisse KABREL
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