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L’histoire bégaye. Dire simplement les choses, elle est un éternel recommencement. Depuis 2006, les trois cycles électoraux en RD Congo présentent, toutes proportions gardées, les mêmes réalités. A la seule différence que les acteurs principaux ne sont pas toujours les mêmes. A l’exception du Président sortant Joseph Kabila qui s’est présenté deux fois consécutives au suffrage universel direct (2006 et 2011).

Un coup de projecteur sur l’histoire récente de l’élection présidentielle en RD Congo, suffit pour constater que celle-ci se caractérise principalement par la contestation des résultats dudit scrutin. Bref, la non -reconnaissance, avec tout ce qui va avec, de la victoire du candidat proclamé vainqueur par les deux organes légalement établis. A savoir la Commission électorale indépendante (CEI) en 2006 avant sa mue en Commission électorale nationale indépendante (CENI) en 2011 et la Cour suprême de justice (CSJ), devenue la Cour constitutionnelle, à la suite de la restructuration de l’appareil judiciaire du pays entamée depuis 2015.
En effet, l’actualité politique en RD Congo reste essentiellement dominée par l’arrêt de la Haute Cour du 19 janvier qui, en dernier ressort, proclame M. Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Président élu de la RD Congo avec 7.051.13 millions de voix, à l’issue du suffrage universel direct organisé le 30 décembre de l’année dernière. Cette décision de la Cour constitutionnelle est, cependant, contestée avec fermeté par Martin Fayulu, candidat au même scrutin qui, selon les résultats du vote publiés le 10 janvier par la CENI, avait obtenu plus de 6 millions de suffrages exprimés.
D’ores et déjà, Martin Fayulu crie à la triche et affirme que les résultats du scrutin publiés par la CENI ne reflètent pas la réalité des urnes. Se basant sur les procès-verbaux de certains bureaux de vote et Centres de compilation des résultats en sa possession, ce dernier confirme avoir été massivement élu par les Congolais. En conséquence, il fait fi de la décision de la Haute Cour et s’autoproclame le nouveau Président élu de la RD Congo.

COMME FEU ETIENNE TSHISEKEDI EN 2011
Rien de nouveau sous le soleil. La situation post-électorale actuelle en RD Congo rappelle, à quelques exceptions près, celle de 2011 avec feu Etienne Tshisekedi devant la victoire définitive de Joseph Kabila, proclamée par la Cour suprême de Justice. L’opinion se rappellera donc qu’à l’issue de ce deuxième cycle électoral, le président national du parti Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), doublé de la casquette de principal opposant en RD Congo, avait rejeté les résultats obtenus par son adversaire. Pour Etienne Tshisekedi, c’était bien lui le vainqueur du scrutin présidentiel du 28 novembre 2011, avec un score de 52,6% des suffrages.
Cependant, contrairement à Martin Fayulu qui a introduit une requête en contestation des résultats auprès de la Haute Cour, l’histoire renseigne que feu Etienne Tshisekedi s’était gardé de saisir la même instance judiciaire pour la même cause. Mais, malgré cela, il s’était autoproclamé "Président élu", au point qu’il organisa une cérémonie de prestation de serment. La manif avait eu lieu le 23 décembre à sa résidence familiale, située sur l’avenue Pétunias, quartier résidentiel de la commune de Limete, en présence d’une foule compacte essentiellement composée de combattants et sympathisants de l’UDPS.
A l’occasion, il y eut même un officier d’ordonnance qui avait rappelé dans son discours, les circonstances dans lesquelles le "Président" Etienne Tshisekedi avait été élu et le fait que la Cour Suprême de Justice n’était suprême que comme témoin du peuple congolais qui est le souverain primaire. En d’autres termes, disait-il, "une cours n’est suprême que quand elle proclame la volonté de la majorité du peuple. Dans la mesure où la Cour suprême de Justice de Kinshasa n’a même pas voulu savoir la vérité des urnes, elle a perdu ipso facto sa légitimité. Par conséquent, toutes ses décisions sont nulles et sans effet ?.
Devant le drapeau du pays, Etienne Tshisekedi avait tenu son discours d’investiture, dans lequel il remerciait d’abord le peuple congolais des 11 provinces composant alors le pays, de la confiance qu’il a placée en lui. Ensuite, il avait rappelé que sa victoire est le couronnement d’une longue lutte de 30 ans pour la démocratie et l’Etat de Droit au Congo. Enfin, il avait promis qu’il ne décevra pas la confiance que le peuple venait de placer en lui.
Sous des applaudissements frénétiques, des chants dont le cantique " Nzambe aponi yo", traduit en " Dieu t’a choisi " et les cris " Tshisekedi Président" venant du public massé dans l’enclos de sa résidence, le Chef de l’Etat autoproclamé avait déclaré close la cérémonie de sa prestation de serment. Pour retourner au "bureau présidentiel", feu Etienne Tshisekedi, mis dans la peau du nouveau Président de la République démocratique du Congo, avait marché sur un tapis rouged’environ un décamètre de longueur, étalé entre la tribune de prestation et son bureau.
Pour rappel, la cérémonie de prestation de serment d’Etienne Tshisekedi avait eu lieu trois jours après celle du Président Joseph Kabila, le 20 décembre 2011 devant les Hauts magistrats à la Cité de l’Union africaine (UA). Partant, nombre d’analystes s’étaient perdus en conjectures, au point de prédire un bicéphalisme au plus haut sommet de l’Etat congolais. C’est-à-dire une situation extraordinaire dans laquelle la RD Congo se retrouverait avec deux Chefs de l’Etat. On connait bien la suite du feuilleton !

JUSQU’OU IRAIT MARTIN FAYULU ?
Que Martin Fayulu conteste les résultats provisoires de la présidentielle publiés le 10 janvier par la CENI, c’est son droit. Et personne ne peut pas ne pas le lui reconnaitre. Qu’il se déclare déçu du verdict inattaquable de la Cour constitutionnelle, après examen de son recours, Martin Fayulu a, une fois de plus, ses raisons. Et c’est aussi son droit naturel d’exprimer librement son opinion.
Sans en rajouter à la très vive polémique sur le fond qui s’empare des spécialistes du droit du camp Fatshi et celui de Martin Fayulu, des analystes eux, anticipent l’issue de la démarche du candidat mécontent. D’où la question : " Jusqu’où irait Martin Fayulu " ? La question vaut son pesant d’or, surtout quand on sait qu’après que la Haute Cour s’est prononcé sur un contentieux, il n’y a plus aucune possibilité d’un nouveau recours. Quelle chance de réussite donne-t-il à son appel à la désobéissance civique, lancé à la population congolaise ? Quelle portée aura son auto-proclamation ?
Pour Etienne Tshisekedi, on sait que son autoproclamation s’est terminée comme son "mandat" du Premier ministre post-limogeage par le Maréchal Mobutu. Du virtuel. Rie que du virtuel. Grevisse KABREL

Elections en RDC : repenser le cadre normatif !

C’est ce jeudi que Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo dit « Fatshi », le nouveau Président de la République prête serment pour un mandat de 5 ans. De l’autre côté de la ville, Martin Fayulu Madidi, le candidat de LAMUKA débouté par la Cour constitutionnelle s’est autoproclamé seul Président élu et légitime de la RDC et demande au peuple congolais de ne pas reconnaitre le pouvoir de Félix Tshisekedi. C’est exactement comme en 2011 avec l’opposant historique Etienne Tshisekedi Wa Mulumba dit « Sphinx de Limeté ».

Au troisième cycle électoral, On peut légitimement se poser la question fondamentale qui est de savoir si les Congolais doivent continuer à aller aux élections tous les 5 ans pour arriver au même scénario connu d’avance.

On se rappellera qu’en 2006, le second tour a opposé Joseph Kabila, le Président de la transition 1+4 et son Vice-Président Jean-Pierre Bemba Gombo, chairman du MLC. Celui-ci a contesté la victoire de Joseph Kabila et a saisi en contentieux électoral la Cour suprême de justice (CSJ) siégeant dans sa section constitutionnelle.
Kabila est confirmé avec 52% contre 48% pour le chef du MLC. Jean-Pierre Bemba rejette l’Arrêt de la Cour suprême de justice. Cette contestation débouche sur la première guerre de Kinshasa entre les troupes de Jean-Pierre Bemba Gombo et l’Armée régulière avec beaucoup de morts à la clé.
En 2011, c’est le tour unique qui oppose entre autres, les opposants n’ayant pas pu désigner un candidat unique, Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, Vital Kamerhe et Léon Kengo Wa Dondo. C’est Joseph Kabila qui est proclamé vainqueur aux résultats provisoires publiés par la CENI. Tshisekedi conteste les résultats mais refuse d’aller en contentieux électoral à la Cour suprême de justice.
C’est Kamerhe qui saisit à cet effet la haute Cour dont l’Arrêt confirmera les résultats de la CENI déclarant la victoire de Joseph Kabila. Etienne Tshisekedi conteste cet Arrêt de la CSJ et s’autoproclame dans sa résidence le seul "Président légitimement élu" et enjoint le peuple congolais à ne pas obéir à Joseph Kabila qu’il ne considère pas comme Président de la République élu. Réédition aux élections de 2018 où Martin Fayulu s’autoproclame seul "Président élu légitime". On peut dire à qui le prochain tour. C’est que quelque part quelque chose ne va pas dans la machinerie électorale. En 2024, lors de la fin de la première mandature de Félix Tshisekedi, on risque de revivre les mêmes scénarii. C’est ce qu’il faut éviter. La solution résiderait dans une sorte d’organisation des états généraux des élections pour essayer de dégager les raisons de cet état des choses. Ce qui pourrait passer par l’étape de repenser tout le cadre normatif y afférent. KANDOLO M.
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