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Plus d’un mois après son investiture, le nouveau président congolais ne parvient pas à former un gouvernement en RDC, en raison de la volonté de la majorité parlementaire contrôlée par l’ancien président Joseph Kabila de garder la mainmise sur le pouvoir.
Dans une déclaration faite en Namibie en marge d’une visite, le président Félix Tshisekedi avait annoncé qu’il nommerait un informateur, c’est-à-dire une personnalité chargée d’identifier le groupe majoritaire à l’Assemblée nationale, en vue de désigner en son sein le Premier ministre chargé de former le gouvernement.

Or les pro-Tshisekedi et les pro-Kabila ne s’accordent pas sur la nécessité de nommer cet “informateur”, une pratique constitutionnelle héritée de la Belgique, ancienne puissance coloniale. Joseph Kabila avait usé de ce procédé lors les élections de 2011.

Le Front commun pour le Congo (FCC), la coalition des pro-Kabila revendique 342 députés nationaux sur 485 au sein de l’Assemblée nationale issue des élections du 30 décembre qui ont donné Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle.



Tshisekedi, qui ne dispose que d’une cinquantaine de députés à l’Assemblée nationale, avait prévenu dans une déclaration qu’il n’accepterait pas d’être “un président qui règne mais qui ne gouverne pas”.

“La majorité est déjà constituée autour de notre autorité morale Joseph Kabila. La Constitution est sans équivoque: lorsque une telle majorité existe, inutile de nommer un informateur, on procède directement à la désignation du formateur qui deviendra Premier ministre”, a déclaré à l’AFP Me Célestin Tunda, secrétaire général adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), de l’ancien président.

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, parti historique d’opposition) de M. Tshisekedi n’est pas de cet avis.


“C’est un faux débat entretenu par nos partenaires du FCC. Ils ont juste une crainte de voir l’informateur se transformer en Premier ministre”, estime Peter Kazadi, l’un des responsables de l’UDPS.

– ‘Rompre avec les antivaleurs’ –
A l’Union pour la nation congolaise (UNC), le parti de Vital Kamerhe, directeur de cabinet de Tshisekedi, Me Jean-Baudouin Mayo estime que “les 342 députés revendiqués par le FCC n’étaient pas partis aux élections sous les couleurs du FCC, mais dans des regroupements politiques qu’il faut identifier”.

“Toutefois, à travers les concertations engagées par la coalition Cap pour le changement (Cach, pro-Tshisekedi) et le FCC, il y a lieu d’attendre encore quelques semaines avant la nomination du Premier ministre”, a-t-il ajouté.

En 2011, alors que la majorité s’était constituée autour du président Kabila après sa réélection contestée, l’ancien chef de l’État avait désigné un informateur qui s’était chargé d’identifier la majorité avant la nomination d’un Premier ministre.

“Il faut respecter la logique constitutionnelle”, estime le constitutionnaliste Jacques Djoli, député du parti d’opposition Mouvement de libération du Congo (MLC) : “Rien n’interdit au président de la République de désigner un informateur”.

En plus de “l’identification de la majorité arithmétique” au sein de l’Assemblée nationale, l’informateur pourrait avoir aussi pour mission de “proposer au président l’ébauche d’un programme commun de gouvernement”, explique le professeur Djoli.

Aujourd’hui, les partisans de M. Kabila, explique Me Tunda, considèrent que “le dialogue engagé” avec M. Tshisekedi est “la seule voie pour raffermir la volonté de mettre en place une coalition gouvernementale, ce qui suppose dès le départ, une identité de vues sur les grandes questions”.

A l’absence d’un gouvernement, M. Tshisekedi, investi le 24 janvier, a présenté samedi un programme d’urgence pour ses 100 premiers jours à la tête du pays. Le nouveau président continue à travailler avec les membres du gouvernement nommé par M. Kabila.

A travers la désignation de l’informateur (par Tshisekedi) ou du formateur (par les pro-Kabila), on saura clairement qui de Tshisekedi ou de Kabila tiendra les rênes du pouvoir, estime le professeur Jacques Djoli.

Lundi, les évêques catholiques ont invité le président Tshisekedi à “rompre radicalement avec les antivaleurs” des régimes précédents en assurant une bonne gouvernance et un État de droit, allusion faite au pouvoir de M. Kabila.

Source: voaafrique
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