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Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a donné lundi son approbation finale à un prêt d’urgence de 368,4 millions de dollars au Congo pour les “besoins urgents” de sa balance des paiements. Les réserves de la Banque centrale du Congo ont en effet diminué de moitié depuis la fin 2018 – soit depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi à la Présidence – et ne représentent désormais plus qu’”une semaine d’importations”, selon le représentant du FMI à Kinshasa, Philippe Egoumé.



Le FMI ne peut pas s’engager dans un programme avec un pays – en l’occurrence le Congo – tant qu’il n’a pas évalué de manière approfondie la situation de celui-ci et sa gouvernance. Cet examen est en cours, sept ans après la rupture entre le Fonds et Joseph Kabila, à la suite du refus de transparence de ce dernier sur des contrats miniers.

Situation économique « très difficile »

Décidé à profiter du changement de Président pour tenter de relancer sa collaboration avec Kinshasa, le FMI s’est montré favorable, à la mi-novembre, à lui octroyer une ligne de crédit d’urgence en échange d’efforts de la part du gouvernement Ilunga (FCC, coalition kabiliste), sur lequel le président Tshisekedi et son prédécesseur Kabila, alliés, se sont accordés en août dernier.

En septembre, le chef de la mission du FMI envoyée à Kinshasa, Mauricio Villafuerte, avait jugé la situation économique “très difficile en raison de la faiblesse du contrôle des dépenses durant la transition et de nouvelles initiatives de dépenses”. En clair : pendant les six mois où le gouvernement sortant était en “affaires courantes”, Félix Tshisekedi a pris l’initiative et trop d’argent a été dépensé.

Sous la moyenne de l’Afrique subsaharienne

En échange de ce prêt, avait alors précisé le FMI, celui-ci attend de Kinshasa des politiques de renforcement de la stabilité macroéconomique et d’amélioration du climat des affaires, la croissance des secteurs non-extractifs, le renforcement de la lutte anti-corruption et la réduction de la pauvreté. Et de rappeler que le rapport entre revenu et PIB est, au Congo, “bien en-dessous de la moyenne de l’Afrique subsaharienne”, tandis que les budgets adoptés par le parlement “ont une tendance à largement dévier” des ressources effectivement recueillies.
C’est plus que jamais le cas avec le projet de budget 2020 adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat dimanche dernier, projet qui double le budget 2019 en dépit du fait que la croissance économique n’atteindra plus, l’an prochain, les 4,5 % de cette année (venant de 5,8 % en 2018), mais 3,2 %, selon les prévisions du FMI, en raison de la diminution annoncée de la production minière.

À ce propos, si le FMI avait souligné en septembre dernier qu’un examen de la gestion de la société minière publique Gécamines était “urgent”, on ignore encore si le feu vert de lundi va obliger celle-ci à ouvrir ses livres, comme le réclament des rapports d’experts et diverses ONG.

Attitude volontariste

Le FMI a clairement une attitude volontariste envers Kinshasa, qui l’a poussé à donner son approbation finale à ce prêt de 368 millions de dollars pour six mois – soit jusqu’en mai 2020 – à l’issue desquels un véritable programme pourrait être mis sur pied. La nouvelle directrice du Fonds, la Bulgare Kristalina Georgieva – qui succède à Christine Lagarde – a en outre approuvé un programme permettant aux fonctionnaires du FMI d’aider Kinshasa à mettre sa politique en œuvre.

Selon le communiqué diffusé lundi par le FMI, il s’agit de “permettre aux autorités d’avoir plus de temps pour identifier, classer par ordre de priorité et mettre en œuvre des réformes destinées à augmenter les revenus, combattre la corruption et améliorer la gouvernance”, et cela sans aide financière du Fonds, précise le texte.
Par Marie-France Cros.
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