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Mis sous mandat d’arrêt provisoire ‘‘pour malversations financières’’ sur le dossier des travaux d’urgence du Chef de l’Etat, Vital Kamerhe s’est enfin exprimé lors de la dernière audience à la prison centrale de Makala.



Cette audience était consécutive à la demande de mise en liberté provisoire introduite par ses avocats. Séance tenante, et d’un revers de la main, le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat a balayé toutes les accusations portées contre lui. Vital Kamerhe affirme que tous les marchés publics concluent entre la RDC et les tiers ont été hérités du Gouvernement Tshibala, et qu’aucun marché public de gré à gré ne porte sa signature. En ce qui concerne l’affaire des médicaments, Kamerhe soutient que, c’est à tort que le parquet le rend responsable dans ce dossier. Car, dit-il, c’est l’actuel ministre de la santé publique, Eteni Longondo, qui avait fait expertiser les médicaments et qui les avait déclarés conformes. Kamerhe ajoute, par ailleurs, qu’il y a eu toute une équipe qui était chargée de la supervision des travaux. Et, dans celle-ci, il y a des ministres en fonction à l’instar de Thomas Luhaka, Willy Ngoopos et le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Déo Gratias Mutombo. ‘’Il n’est pas de la responsabilité du directeur de cabinet du chef de l’Etat de suivre l’affectation des fonds payés directement par la Banque Centrale dans les comptes desdites entreprises’’, a-t-il déclaré.

Alors que la majorité de congolais s’attendait à une liberté provisoire du Directeur de Cabinet du Président de la République, l’opinion a été surprise de constater que le tribunal a plutôt prolongé le mandat d’arrêt provisoire du Président National de l’Union pour la Nation Congolaise. Ce, malgré les explications fournies par Vital Kamerhe et les moyens présentés par ses avocats.



Aux griefs retenus contre lui, le Directeur du cabinet du Président de la République n’a pas manqué de réponse. Il a, d’entrée de jeu, rejeté en bloc toutes les accusations formulées contre sa personne, rapporte l’ordonnance non autrement référencée du Tribunal de paix de Kinshasa/ Matete statuant en chambre de conseil sur la demande de mise en liberté provisoire.

Au-delà, Vital Kamerhe a présenté sa version des faits, rejetant la responsabilité sur d’autres personnalités publiques, en précisant que «les marchés publics qui existent entre la République et les tiers ont été hérités du gouvernement Tshibala et aucun marché public de gré à gré ne porte ma signature».

S’agissant des fonds qui, selon le Ministère public, ont disparu du circuit bancaire, le leader de l’UNC n’est pas allé par le dos de la cuillère : ‘’il n’est pas de la responsabilité du Directeur de cabinet du Chef de l’Etat de suivre l’affectation des fonds payés directement par la banque centrale dans les comptes desdites entreprises, car il y a toute une équipe qui était chargée de la supervision des travaux». Ici, il a nommément cité certains membres de cette équipe. Notamment, Thomas Luhaka et Willy Ngoopos, qui se sont succédé à la tête du portefeuille des Infrastructures et travaux publics dans les deux dernières compositions de l’Exécutif Central. Il a cité aussi Déo Mutombo, Gouverneur de la Banque centrale du Congo, non sans fustiger le fait que ces trois acteurs «ne sont nullement inquiétés».



Dans le dossier des médicaments -livrés périmés, affirme le ministère public-, Kamerhe a été tranchant en déclarant que : «c’est à tort que le Parquet le rend responsable dans ce dossier».

De l’avis du principal allié du Président Fatshi, la responsabilité repose sur les épaules de l’actuel ministre de la Santé, Dr. Eteni Longondo. C’est lui «qui avait fait expertiser les médicaments et qui avait déclaré en conseil des ministres que les produits étaient conformes». C’est toujours Eteni qui «les avait réceptionnés et mis à la disposition de la population».

Cette ligne de défense de Vital Kamerhe a permis à ses avocats de soutenir que les faits lui reprochés se fondent sur des suppositions et ne sont nullement infractionnels tant qu’il y a absence totale d’indices sérieux de culpabilité.

‘’Malgré la légitimité de la demande de mise en liberté provisoire de leur client, en considérant sa disponibilité à collaborer avec la justice jusqu’à la clôture de l’instruction de la présente affaire, le Tribunal de paix de Kinshasa/Matete a ordonné la mise en détention préventive de Vital Kamerhe pour une durée de 15 jours à la prison centrale de Makala’’.

Acharnement politique ?









S’agit-il d’un acharnement politique ? La question mérite d’être posée au moment où l’aspect politique sur ce dossier continu de travailler l’opinion tant nationale qu’internationale. ‘’Le droit ne sera pas dit si les juges et magistrats continuent à travailler dans l’objectif de satisfaire les appétits de la hiérarchie dans les affaire de la justice’’, dit un Avocat qui a requis l’anonymat. A lui de poursuivre que «quand vous voulez en savoir un peu plus sur le dossier, les juges répondent : Maître, la hiérarchie a déjà décidé …»

Du côté du collectif des avocats de Vital Kamerhe, l’on soutient l’hypothèse selon laquelle «il ne faut pas continuer à utiliser la justice pour régler les comptes à un adversaire politique. C’est aussi ça l’Etat de droit».

Kevin Inana
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