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Ce lundi 8 aout 2020 en la salle Fatima à Kinshasa s’est officiellement crée autour de neuf personnalités scientifiques, politiques et acteurs de la société civile et du monde économique, une « Dynamique pour la consolidation et le renforcement des acquis démocratiques ».

Il est composé des personnalités ci-après : Les députés nationaux Solange Masumbuko, Modero Nsimba, Papy Kabwe Banza, André Tambwe, du Professeur Auguste Mampuya, de l’administrateur Jean-Jacques Bemba, des avocats Trésor Lungungu, Kitapindu Kanika et Blandine Gini.

Devant un parterre d’invités et des médias locaux et internationaux, ce groupe a présenté son manifeste qui s’articule autour des axes ci-après : rejet d’un dialogue extra institutionnel, proposition d’une réforme holistique de l’Etat plutôt que d’une réforme de la CENI, non au glissement des échéances électorales de 2023, renouvellement accéléré du leadership de la CENI, appel à la coalition pour porter les réformes possibles, etc.

« Nous voudrions que on réforme l’état. Nous ne pensons pas qu’il faut se limiter à une institution ou à un aspect soit suffisant par ce que l’état congolais tout entier est concerné. C’est pour ça que nous avons une série des propositions. On va pas faire dépendre toute la vie des congolais par les élections. Les élections ne sont pas une fin en soit…Les élections doivent servir à ce que les institutions dans un cadre assaini, puissent répondre aux problèmes vitaux et essentiels aux congolais, » a dit le Professeur Auguste Mampuya, coordonnateur de cette structure.

Faisant le constat que depuis son accession à l’indépendance, la RDC a expérimenté plusieurs agencements constitutionnels et institutionnels ponctués par des réformes successives mais que «ni les intempestifs changements et les modifications des textes fondamentaux, ni la succession des types de régimes politiques choisis n’ont pu éviter au pays la rechute».

Cependant, ils constatent que « par bonheur, depuis quinze ans, l’avènement de la Constitution actuelle a eu le mérite non seulement de mettre fin à une longue période d’instabilité institutionnelle caractéristique de la transition précitée, mais aussi d’ouvrir la voie à l’affermissement de cycles électoraux pluralistes réguliers dans un élan démocratique perfectible, avec comme summum la première alternance politique connue dans notre histoire entre un Président entrant, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, et un Président sortant, Joseph KABILA KABANGE »;

Non au dialogue qui risque de se terminer en partage vil du pouvoir#

Alors que certaines voix se lèvent pour réclamer un dialogue pour les élections, les neuf personnalités rappellent que « l’échec des nombreuses assises organisées depuis 1961 en vue de juguler ces crises, sous diverses formes, dialogue, dialogues inclusifs, dialogues politiques, conférence nationale, concertations, colloques, forum ou négociations, se sont toujours terminées par un vil partage de pouvoir non installé sur des bases conceptuelles solides ». Ils affirment qu’organiser ce genre de rencontres « n’a jamais su identifier et extirper la racine du mal institutionnel congolais » et ces « tentatives seront vaines ».

Ils déconseillent fermement donc l’idée d’un nième dialogue extra-institutionnel et proposent la présente initiative à vocation citoyenne en vue de préserver les acquis démocratiques engrangés et les renforcer par des solutions substantielles partagées et bénéfiques à la République dans la durée.

Pour une réforme holistique de l’Etat#

Reconnaissant qu’en dépit des contestations qui ont marqué chaque cycle électoral, « les avancées réalisées sur le chemin de la démocratie et du fonctionnement des institutions de la République sont bien réelles et qu’elles doivent être préservées, consolidées et renforcées », le groupe des neuf propose ainsi qu’il soit envisagé, « dans une vision holistique, des réformes substantielles englobant plusieurs éléments et de manière coordonnée et interdépendante qui doivent être introduites par étapes et de manière graduelle, mais qu’il faut d’ores et déjà concevoir et décider de manière consensuelle au sein de la coalition ».

Selon eux, s’adressant à ceux qui veulent uniquement une réforme de la CENI, ils rappellent que « les réformes isolées, quelle que soit la qualité des solutions qu’elles proposent, ne peuvent pas résoudre tous les problèmes complexes et délicats des crises, qui ne sont pas que des crises électorales »

Pas de glissement en 2023 et les nouveaux animateurs de la CENI doivent être entérinés rapidement

Concernant la CENI, la dynamique rappelle que « son leadership actuel est en dépassement de mandat depuis plus d’une année et elle est amputée de son Vice-président depuis près de deux ans.

Elle n’a donc plus la légalité ni la légitimité d’engager l’institution électorale nationale ».

« Il faut absolument éviter que le retard du choix et de l’entérinement des animateurs de la CENI ait un impact négatif sur les échéances de 2023, toute idée de glissement serait dès lors mal venue » affirment-ils.

Sur ce dossier épineux, Ils rappellent qu’il est « impérieux que le processus de désignation et d’entérinement entamé se poursuive pour que soit rattrapé le temps perdu et que soit évité un glissement électoral aux conséquences imprévisibles »

Appel à institutionnaliser les réunions interinstitutionnelles

Sur le chapitre des recommandations, ils demandent aux institutions « d’approfondir la compréhension les mécanismes du régime de collaboration qui est actuellement en vigueur et de se l’approprier en faisant de sorte que chaque acteur puisse agir dans les limites des prérogatives qui sont les sienne » et de « tirer profit des mécanismes de dialogue et de collaboration entre diverses institutions de l’Etat, qui sont des piliers du modèle institutionnel mis en place par le constituant, en particulier en institutionnalisant les réunions interinstitutionnelles, en vue de discuter autour des réformes que proposent les acteurs de la classe politique en veillant à ce que le cadre constitutionnel soit respecté »

La coalition FCC-CACH est la matrice incontournable de toute réforme#

La dynamique saluant les deux leaders de la coalition pour leur initiative demande aux dirigeants « d’assumer le fait que les responsables des institutions politiques, le Président de la République, le Parlement et le Gouvernement, sont parties prenantes de la coalition FCC-CACH et que celle-ci gère l’Etat. »

« C’est donc à cette coalition, elle qui est la majorité qui gouverne, de concevoir et de mener les politiques, programmes et réformes qui fassent aboutir cette vision sur laquelle elle a été choisie par les citoyens ; une telle initiative ne peut, sans l’appui de cette coalition majoritaire, être le fait d’individus isolés ou de groupes non ainsi mandatés à la recherche d’une gloriole personnelle et souvent au service des officines étrangères, sans la vision de la majorité privilégiée par le peuple à travers les composantes de la coalition » martèlent-ils.

Les neuf demandent au FCC-CACH d’Intérioriser « le fait qu’en toute logique la coalition est la matrice incontournable des initiatives de réforme et de l’œuvre législative traduisant les politiques publiques conçues, proposées par elle et mises en œuvre par les institutions qu’elle dirige ».

A cet effet, ils recommandent à la coalition d’établir « une meilleure organisation par une structuration organisationnelle et opérationnelle de la coalition, et de mettre en place la conception et l’activation d’un programme des réformes, accompagné d’une procédure de validation des propositions provenant des différents acteurs et structures de la coalition pour les inscrire dans le cadre de la vision définie par cette dernière ».

Le « Groupe de la Dynamique » dit tenir à la disposition des responsables le détail des propositions relatives à la réforme de l’Etat dont il vient de démontrer la pertinence et la nécessité. Il se donne la tâche de rencontrer toutes les autorités nationales, mais aussi les responsables des forces politiques et sociales intéressés par la question ainsi que le corps diplomatique toujours si attaché au bon fonctionnement de notre Etat.

Il demeure ouvert à tout Congolais et à toute Congolaise qui partage son souci et ses idéaux ici exposés.

Thierry Mfundu


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